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    Enquête

    La route du vin, un voyage séculaire à travers les grandes caves du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:4471 Le 26/02/2015 | Partager
    Plus de 75% de la production concentrée à Meknès et à El Hajeb
    Le groupe Zniber et les Brasseries du Maroc, les grands opérateurs du secteur
    L’Oriental et le Sud se contentent de petites caves

    Le Maroc a toujours été une terre de vin, depuis l’Antiquité.

    La culture de la vigne et l’usage du vin ont été introduits pendant l’Antiquité avec l’occupation romaine de l’Afrique du Nord. Au Maroc, la route du vin a dû démarrer depuis Meknès où les traces archéologiques attestent de cette activité, notamment près du site de Volubilis ainsi que l’indique le professeur d’histoire sociale Mohamed Houbaida
     

    La vigne y avait été introduite par les Carthaginois, il y a plus de 2.500 ans. Mais ce n’est que durant le protectorat que la vigne de cuve a été replantée au Maroc après sa destruction au 19e siècle par le phylloxéra, un insecte ravageur. Actuellement, il y a une douzaine de grandes caves à travers le pays qu’on va essayer de découvrir.

    La région de Meknès, grenier du pays
    Notre parcours prend départ à partir de la région

    Dans la région de Meknès, le groupe Zniber exploite des champs de vigne d’une superficie dépassant les 2.000 ha. Ci-contre une partie de la cave située en sous-sol du Château Roslane d’une capacité de 70.000 hl

    de Meknès et précisément El Hajeb dans laquelle se concentre le plus grand nombre de caves qui assurent plus de 60% de la production nationale de vin. La performance de cette région trouve son explication dans l’histoire du vin au Maroc du fait qu’elle a abrité les premiers champs de vigne implantés par les Romains lors de leur occupation de l’Afrique du Nord. Aujourd’hui, grâce à un sol approprié et des atouts climatiques, la région a drainé de grands opérateurs du secteur pour y développer leur activité. A leur tête, le groupe Zniber qui a fondé les Celliers de Meknès en 1967, ce qui a permis de développer les premiers vins d’appellation d’origine Guerrouane et Beni M’Tir, terroirs parmi les plus réputés du Maroc. En 1991, le groupe introduit des cépages nobles comme Cabernet Sauvignon, Syrah et Chardonnay. «Nous exploitons près de 2.000 ha de vignes répartis sur les plus prestigieuses AOG (appellation d’origine garantie) du Maroc dont celles de Guerrouane et Beni M’Tir ainsi que l’unique AOC (appellation d’origine contrôlée) du pays, à savoir les Coteaux de l’Atlas», indique Oussama Aissaoui, DG des Celliers de Meknès. Au cœur du domaine de Zniber, qui s’étend au pied de l’Atlas, émerge le Château Roslane, premier «château» vitivinicole au Maroc. Cet édifice comprend, entre autres, une cave d’une capacité de 70.000 hectolitres (hl) dont 11.000 en cuverie inox thermo-régulée, trois tables de tri pour la réception des raisins et un échangeur coaxial pour le refroidissement de la vendange entière. Sans oublier des pressoirs pneumatiques, des chais d’élevage enterrés avec contrôle permanent de la température et de l’hygrométrie avec une capacité de 3.000 fûts de chêne et de 3 millions de bouteilles couchées. Le Château Roslane, c’est aussi plus de 700 hectares de vignoble, des jardins, des riads, des fontaines, des salons marocains de réception. A une dizaine de kilomètres du Château Roslane, cap sur le domaine de la Zouina. En 2001, Gribelin et Gervoson, viticulteurs dans le bordelais tombent amoureux de ce site, berceau des vins Volubilia. Les premières implantations de la vigne ont eu lieu en 2002. Et il a fallu attendre quatre ans pour que la gamme Volubilia voit le jour et que ne soit entamée

    La région de Benslimane arrive en deuxième position dans la production du vin grâce au domaine des Ouled Taleb de la société Thalvin

    la commercialisation des premières bouteilles au Maroc. Un second produit vient enrichir la gamme du domaine en 2010. Il s’agit d’Epicuria, un vin monocépage. «De nouvelles parcelles seront ouvertes à la production l’année prochaine, mais notre production n’ira pas au-delà de 80 hectares (ha), taille optimale pour la maîtrise de notre vignoble», indique un responsable du domaine. «Pour réussir un bon vin, le producteur doit tenir compte du terroir (sol et climat), du savoir-faire disponible et de la technique», explique Christophe Gribelin, DG du domaine Zouina. Il rappelle que «la conduite de la vigne doit tenir compte des variations de températures avec les gelées d’hiver et les grosses chaleurs de l’été qui ont atteint près de 40°C cette année». Selon les données de l’Aspram (Association des producteurs de raisins au Maroc), la production du domaine Zouina a atteint près de 3.200 hl de vin durant la campagne 2014-2015 dont plus de 50% de vin rouge. La région de Meknès abrite un autre grand producteur. Il s’agit des Brasseries du Maroc via sa filiale SVCM (Société de Vinification et Commercialisation du Maroc). Cette dernière dispose dans cette région de trois sites: la cave Cépages à Sebaa Ayoune d’une capacité de 100.000 hl,  la cave Sahari à Al Hajeb (15.000 hl) et une unité de production à Sebaa Ayoune d’une capacité de 6.000 bouteilles par heure. La superficie de la vigne exploitée par la filiale des Brasseries du Maroc dans cette région s’élève à 1.160 ha et une production de vin de près 68.000 hl de la cave Cépages lors de la dernière campagne.

    • A Rabat, les vignobles renaissent
    Après Meknès, on se dirige vers la région de Rabat et précisément le domaine de la Ferme

    Après une expérience de près de 40 ans dans la culture de la vigne en France dans la région bordelaise, Driss est revenu au Maroc pour travailler avec le domaine de Zouina en tant que chef de culture

    Rouge à Had Brachoua, situé en plein cœur de Zaër. Dans ce territoire (site Merchouch), non loin de la capitale à espace près d’une soixantaine de kilomètres, cohabitent deux types de sols: Le tirs de couleur noire et le hamri (rouge). Une terre fertile sur laquelle la Ferme Rouge a élu domicile à quelque 450 mètres d’altitude, bénéficiant ainsi d’un climat tempéré et d’une forte influence océanique. «Tous ces atouts nous ont permis de produire un vin de qualité et coller au marché avec une gamme assez étendue», avance un responsable du domaine. Ce dernier rappelle que depuis la première vinification en 2009, le domaine enregistre une forte production soutenue. La production du domaine a dépassé 11.000 hl lors de la campagne 2014-2015. Le management prévoit d’accroître la capacité de la cave ainsi que la superficie dédiée à la culture de la vigne pour accompagner l’accroissement de la production. Pour ce site, il convient de rappeler que sa première configuration remonte à l’année 1908.
    La cave a été construite en 1933, date de production du premier millésime. En 1970, la Ferme Rouge retrouve, au fil des ans, sa vocation de producteur de raisins. Il faudra attendre 2001 pour que l’ensemble du domaine retrouve son entité originelle. Huit ans plus tard, c’est le renouveau vinicole pour ce domaine qui retrouve sa vigueur. Un renouveau qui s’opère dans le pur respect de l’architecture de naissance de la Ferme Rouge avec la restauration de la cave de vinification, des chais de production, de stockage et d’élevage pour vinifier de nouveau. Pour les principaux cépages en rouge plantés dans le domaine, on retient notamment ceux de Cabernet-Sauvignon, Cinsault, Carignan et Syrah,

    • Benslimane, deuxième producteur de vin au Maroc
    Notre périple se poursuit en descendant vers les plaines de la région de Casablanca et précisément à Benslimane qui constitue le deuxième producteur du vin au Maroc à travers la société Talvin rachetée par le groupe Zniber.

    Selon les données de l’Aspram, les régions de Meknès et El Hajeb arrivent en tête avec une part de 68% de la production nationale. Elles sont suivies par les sites de Benslimane et Had Brachoua (16%), le Gharb (10%), Boulaouane (5%), sans oublier les régions de Essaouira et Berkane. La production enregistrée lors de la campagne 2014-2015 dépasse 400.000 hl, soit un accroissement de 5% par rapport à la campagne précédente. Le grand lot revient au vin rouge avec une part de près 78% suivi du rosé/gris et le blanc (6,5%)

    Cette société gère le domaine des Ouled Thaleb. Les vendanges dans ce domaine remontent aux années 20 du siècle précédent avec l’arrivée du protectorat. La production de cette cave a dépassé 51.000 hl lors de la campagne 2014-2015 dont plus de 30.000 hl pour le rouge.

    • Les caves du Sud
    La route continue de serpenter en direction du Sud avec la première escale à Sidi Bennour, près d’El Jadida pour découvrir la cave de Boulaouane appartenant à la SVCM. D’une capacité de 20.000 hl, cette cave a réalisé lors de la campagne précédente une production de près de 16.000 hl, en majorité rosé et gris. La matière première vient des champs de vigne du domaine de Boulaouane dont la superficie avoisine 300 ha. Notre périple vers le Sud prendra fin à Ounagha, située à 23 km d’Essaouira, ancienne Mogador. Cette commune abrite la cave d’Ounagha appartenant au domaine de Val d’Argan. «C’est ici que Charles Melia, vigneron à Château Neuf-du-Pape, a planté en 1995 cinq hectares de vignes (augmenter à 45 hectares a fin 2012) pour y produire l’unique vin marocain en agriculture biologique», rappelle un responsable du domaine.
    La gamme de ce dernier est composée de 4 produits : la Gazelle de Mogadr, El Mogador, le Val d’Argan et l’Orian du Val d’Argan. Selon la direction du domaine, le volume de production annuelle est d’environ 180.000 bouteilles soit 1.200 hl, dont environ 2% sont destinés à l’export.
    • L’Oriental perd du terrain
    Pour terminer ce riche parcours, cap vers l’Oriental en destination de la cave du Coteaux de Saïdia dont la production avoisine 1.000 hl par an. Il faut noter que plusieurs caves ont fermé ces dernières années.
    Noureddine EL AISSI

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