Courrier des Lecteurs

Immobilier: Le secteur navigue à vue

Par L'Economiste | Edition N°:4461 Le 12/02/2015 | Partager

■ A quand un véritable argus?
Le dernier argus (référentiel) des prix de l’immobilier de la DGI apporte certes plus de visibilité à un secteur opaque, coupe l’herbe sous les pieds de promoteurs de mauvaise foi et autres spéculateurs de tous bords… En même temps, il présente un certain nombre de limites, notamment le fait qu’il n’a pas force de loi. En clair, personne n’est tenu de respecter les fourchettes de prix telles qu’annoncées dans cette nouvelle grille. De plus, les niveaux de prix de cette grille sont souvent loin de la réalité, parfois surdimensionnés par rapport à la valeur réelle du quartier, parfois c’est le contraire. Finalement, la montagne a accouché d’une souris et les nouveaux acquéreurs restent frustrés tant qu’ils n’ont pas un véritable argus tel que celui pratiqué en France. Une référence à l’échelle mondiale. B.C.
■ La bulle devra éclater
Les ventes de l’immobilier se font de plus en plus rares, les acquéreurs repoussent sine die l’achat, les promoteurs trinquent, les banques ferment les robinets… Mais curieusement, les prix ne baissent pas. Le marché marocain de l’immobilier est en train de torpiller toutes les logiques économiques. La demande n’est pas là et l’offre reste inaccessible. Logiquement, les prix doivent chuter et la bulle éclater un jour au bénéfice du consommateur. Mais rien de cela ne se fait, tant que l’Etat ne contrôle pas ce secteur où il y a du blanchiment d’argent, des conflits d’intérêts, du délit d’initié, du noir, de la spéculation. Une activité gangrenée par des pratiques de… voyous. L.S.
■ Vivement un recadrage de l’immobilier
2014 est indéniablement une année à oublier pour le secteur de l’immobilier. Addoha, la locomotive du secteur, a même dû recentrer son activité sur la vente des logements existants avant de démarrer de nouveaux chantiers. Cette mauvaise passe devrait être l’occasion pour l’Etat de réformer les mauvaises pratiques du secteur, instituer un guide de best practices à suivre, mettre en place un vrai système de contrôle et surtout prendre en compte les nombreuses remarques des clients. Tant que les autorités se montreront indulgentes vis-à-vis des opérateurs immobiliers, rien ne changera! M.S.
A quoi sert l’argus
Créer un argus de l’immobilier est une bonne idée, dommage que cet outil ne soit limité qu’à la ville de Casablanca. Par ailleurs, rien n’oblige les gens à respecter les prix affichés dans cet argus. A quoi bon créer un argus s’il n’a aucun impact sur le marché de l’immobilier. D’un autre côté, est-ce que les opérateurs immobiliers se plieront aux prix de l’argus pour commercialiser leurs différents projets. La balle est dans le camp des promoteurs… M.Z.
■ Il va falloir changer de recette
Le marché de l’immobilier accuse un sérieux recul. Les ventes sont au compte-gouttes depuis fin 2014. Même le logement social est touché par ce phénomène de mévente. Face à cette situation, les opérateurs naviguent à vue. Certains gèlent la production, le temps d’écouler les stocks… Si cette situation perdure en 2015, plusieurs petits promoteurs seront condamnés à disparaître.  C’est dire qu’il va falloir changer de business model, baisser les prix et trouver une nouvelle génération d’incitations, surtout dans les villes moyennes où le foncier n’est pas très cher. M.M.

                                                                        

Tourisme: Alerte à Marrakech

J’aime Marrakech!
Depuis un bon moment, les opérateurs du tourisme tirent la sonnette d’alarme. Les hôteliers peinent à remplir les chambres, les voyagistes se tournent les pouces, les restaurants sont vides… Le comble, c’est qu’il y a zéro visibilité sur les arrivées et les réservations du printemps, surtout à Marrakech. En même temps, le ministre de tutelle fait dans la politique et ne veut pas admettre que la saison est compromise. A un moment, il va falloir trancher: faire de la politique ou promouvoir un secteur en perte de repères.  A.M.

■ Hôtellerie: La concurrence des ryads et des COS
C’est inadmissible! Depuis quelques années, les appartements secondaires, ryads et maisons livrent une concurrence déloyale aux hôtels à Marrakech, Essaouira, Asilah… L’Etat n’a rien pu faire face à ce phénomène qui gangrène les établissements classés, lesquels s’acquittent de taxes et impôts, emploient du personnel… Pis encore, l’on se rend compte qu’en plus de l’offre chez l’habitant, les COS représentent désormais une concurrence déloyale. Ces unités, destinées initialement à l’estivage des fonctionnaires et salariés de grands groupes, ouvrent curieusement leurs portes aux touristes (nationaux et étrangers) et louent des nuitées. C’est de la concurrence déloyale qui mérite l’intervention de l’Etat. A.D.

■ N’oubliez pas le tourisme national
Depuis des années que l’offre touristique marocaine subit les aléas de la conjoncture mondiale. Bien que cela soit accentué par le fait qu’on ne part jamais jusqu’au bout de ses ambitions dans ce pays, cela est normal. Même les plus grandes destinations du monde sont impactées par les conjonctures politiques et économiques. Cela dit, les opérateurs ratent de sécuriser une bonne partie de leur revenu qui se trouve ici, tout près d’eux. K.C.
Les Marocains, des touristes aussi!
La sonnette d’alarme a bel et bien était tirée dans le secteur du tourisme. Les résultats ne seraient pas au rendez-vous, un nouveau plan marketing s’impose donc. L’enjeu reste le même, comment attirer plus de touristes étrangers?  Pendant que nos «experts» cogitent sur ce problème, personne ne semble s’intéresser au potentiel des touristes nationaux. Ils ne payent pas en devises, mais ils sont bien là, attendant seulement de se voir proposer des offres à leur portée et dans leurs habitudes de consommation. Il serait temps de mettre en place une vraie politique de tourisme intérieur au lieu de séduire vainement les plombiers et concierges européens. N.B.

                                                                     

Education: Une nouvelle réforme mais…

■ Ne condamnez pas le soutien scolaire…
Je viens de lire votre billet sur les cours particuliers au Maroc et je voudrais donner mon point de vue sur les mesures que notre beau ministre de tutelle compte prendre pour mettre à fin à ces pratiques somme toute inacceptables. Sauf que M. le ministre s’efforce d’ignorer que le soutien scolaire est une pratique courante dans les pays réputés avoir un système éducatif très performant (la Corée du Sud, entre autres) et, du coup, espérer reformer un système éducatif comme le nôtre en s’attaquant au soutien scolaire est peine perdue. De plus, quel est le sort de ces centres de soutien dont les fondateurs y ont investi beaucoup d’argent s’il compte interdire aux enseignants de travailler dans cesdits centres. Les maux dont souffre notre système éducatif sont ailleurs Mr le ministre. Les descentes musclées dans les écoles privées et les agences de soutien scolaire n’apporteront aucunement les solutions à notre système éducatif agonisant, voire même déjà mort. N.M.
■ Comment mobiliser les profs?
La plupart des enseignants des écoles, collèges et lycées publics se sont depuis longtemps démobilisés par rapport à leur mission éducative. Mal formés (voire pas du tout), mal rémunérés, démotivés,… une bonne partie d’entre eux a trouvé refuge dans le secteur privé qui, prisé par les parents, est monté en puissance ces dernières années. D’autres dispensent des cours particuliers à outrance afin d’arrondir leur fin de mois, au détriment de leurs classes dans le public. Le ministère de l’Education nationale ne semble pas mesurer toute l’importance du corps enseignant dans le processus de réforme qui piétine depuis des années. Ces derniers jours, la tutelle est montée au créneau pour rappeler l’interdiction des cours particuliers et interdire les vacations dans le privé. L’approche, même si elle paraît légitime, ne va pas dans le sens de la motivation tant souhaitée des professeurs. Mais plus vers une sorte de chasse aux sorcières. Et puis, comment les convaincre d’être les premiers acteurs de la réforme sans leur présenter des alternatives aux cours privés et aux vacations. Pour le moment, le ministère fait usage d’un bâton sans carotte. Encore une fois, il fait fausse route. A.H.  
■ Encore une réforme !
Le ministre de l’Education vient d’annoncer une énième réforme de l’enseignement. Cette nouvelle mouture devrait rendre l’école «plus équitable» et surtout dans l’air du temps. Un discours bien beau sur le papier, mais qui reste à appliquer. Mais le ministre table sur 15 ans pour que la réforme prenne, entre-temps, beaucoup de choses peuvent se passer!   L.D.

Le calvaire de la circulation reprend à Casablanca!

Depuis la rentrée des vacances lundi dernier, les automobilistes de Casablanca renouent avec le calvaire matin, soir et en heures de pointe. En même temps, des feux de signalisation tombent en panne, d’autres font des bugs et restent allumés avec trois couleurs simultanées. Pis encore, certains carrefours et points noirs très fréquentés, où les policiers brillent par leur absence,  sont livrés au pilotage automatique. Il va falloir tirer des leçons de ces périodes de pic et mettre en place un dispositif de renfort d’agents de la circulation, entretenir les équipements et surtout veiller à faire respecter le code de la route.  A.T.

■ Casablanca: Les loupés du plan d’actions prioritaires
Au moment où les grandes villes se restructurent en commençant par leur urbanisation, Casablanca semble confuse dans cette démarche. Des boulevards sont ainsi élargis et mis aux normes pour répondre aux besoins croissants de la circulation et améliorer la fluidité (bravo aux réalisations bd Massira, Gandhi, Anfa...). Par ailleurs, nous constatons, pour le cas du bd Moulay Rachid, un raté assez énorme. Cet axe qui ne subissait pas de bouchons ou très peu est devenu «grâce» à l’aménagement un point noir de la circulation à Casablanca. Dommage pour une si belle avenue... Et par la suite, nos urbanistes ont constaté des loupés (coins où plusieurs automobilistes ont fracassé leur carters) et donc ont procédé à des réaménagements mineurs et laissé l’essentiel anarchique. A titre de rappel, cet axe n’est pas très sollicité par les piétons, ni par les stationnements (face à la clinique Val d’Anfa) et on diminue alors la chaussée de circulation pour ajouter du trottoir et des places de parking. Je pense qu’il y a erreur... Je remercie ainsi nos élus et décideurs dans ce domaine de se donner la peine de passer par ce boulevard si emblématique à Casablanca pour se rendre compte que c’est devenu un point noir. A bon entendeur.
Y.K.

■ France-Maroc: La mystérieuse convention d’entraide judiciaire
Les officiels ont beaucoup jasé sur la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine. Suspendue en février 2014, elle vient d’être réactivée après la rencontre, fin janvier à Paris, du ministre de la Justice et des Libertés avec son homologue français. Des communiqués ont surgi de part et d’autre pour se féliciter de la reprise des relations diplomatiques, de la coopération judiciaire et de son nouveau format. Mais pas un seul mot sur son contenu.
Pourquoi tant de cachoteries? Doit-on s’attendre à ce que la justice française laisse de côté sa compétence universelle? Prérogative qui lui permet de juger sur son sol les présumés tortionnaires et criminels étrangers. Le gouvernement marocain a démenti avoir fait une telle demande. 
Du côté français, le ministère de Christiane Taubira nous livre un communiqué creux et presque similaire à son homologue marocain: «Les deux ministres ont trouvé un accord sur un texte amendant la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine permettant de favoriser durablement  une coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays et de renforcer les échanges d’informations, dans le plein respect de leur législation, de leurs institutions judiciaires et de leurs engagements internationaux. Cet amendement très important, qui vient couronner des discussions entamées depuis plusieurs mois par les gouvernements des deux pays, a été paraphé par les deux ministres le 31 janvier». Fin de citation. Encore une fois aucun détail sur la nature et la portée de cet «important amendement». Moralité: Communiquer n’est pas informer.
K. B., juriste
  

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