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    Enquête

    Fès: Pressions démographique et sociale aussi

    Par L'Economiste | Edition N°:4437 Le 09/01/2015 | Partager
    1.286 édifices répertoriés comme dangereux au 1er degré
    La médina doit se transformer en un endroit d’épanouissement économique

    La réhabilitation de la médina de Fès est au centre d'intérêt des pouvoirs publics

    D'un coût global de 330 millions de DH, les projets de réhabilitation des maisons menaçant ruine portent sur la démolition de 143 bâtisses et le traitement de 1.286 édifices répertoriés comme dangereux (1er degré), outre quelque 300 habitations qui nécessitent une intervention directe

    depuis son inscription comme patrimoine universel de l’Unesco en 1981. Aujourd’hui, l’on reconnaît qu’il est difficile de réhabiliter les 12 siècles d'histoire que compte la médina, sachant que le programme de lutte contre l'habitat menaçant ruine à Fès concerne quelque 3.666 bâtisses. Pour restaurer ce patrimoine et reloger la population, il faut un travail de longue haleine et une grande expérience.
    Créée en 1990 à cette fin, l’Ader a commencé réellement ses activités en janvier 1991 et elle a évolué durant 25 ans avec ses difficultés, ses contraintes, mais aussi ses acquis et sa contribution importante dans la sauvegarde de la médina de Fès. Et plus important, la lutte contre la perte de vies humaines dans les effondrements d’habitations. Fonctionnant sous forme de SA, l'agence a pour principales missions de réhabiliter, souvegarder et rénover, voire acheter des terrains et les construire en vue  de reloger les habitants de la médina. Mais dès le début, cette structure s’est retrouvée avec des problèmes à caractère social et face à plusieurs difficultés financières, puisqu’elle ne disposait pas de fonds suffisants. «Ceci étant, malgré les différentes contraintes d’ordre technique, juridique, socioéconomique et financier qui ont pesé sur la préservation de la médina de Fès, l’Ader est arrivée à piloter plusieurs projets grâce à la persévérance de ses ingénieurs, architectes et techniciens et à l’appui de son conseil d’administration et de la société civile qui ont permis de la maintenir en vie», exprime son directeur, Fouad Serrhini. Et de poursuivre, «nous avons,  aujourd’hui, un manuel de procédures en plus d’une importante expertise développée en matière d’intervention sur le tissu ancien et méthodologie de travail».
    De son côté, le programme relatif au traitement des maisons menaçant ruine (2013-2017) concerne le traitement de 3.666 bâtisses dans la médina. L’opération est dotée d’un investissement de 330 millions de DH,

    L'Ader a programmé une série de projets pour sauvegarder le tissu ancien de la médina de Fès, classée en 1981 patrimoine mondial de l'Unesco. Ces projets concernent le traitement de 700 habitations du bâti menaçant ruine dans le tissu ancien, particulièrement à Fès Médina et Méchouar Fès Jdid en 2015 et 344 en 2016

    à parts égales entre l’Intérieur, l’Habitat et les Finances. Elle porte sur la démolition de 143 bâtisses et le traitement de 1.286 édifices répertoriés comme dangereux (1er degré). En outre, l’intervention sur le parc de deuxième degré et troisième degré concerne près de 1.937 bâtisses. Elle consiste en la mise en place d’une veille et de mesures préventives (contrôle et suivi des dégradations, études, intervention d’urgence, accompagnement social et juridique). Ceci, afin d’assurer l’accompagnement des ménages cibles.
    A la date du 4 décembre 2014, l’Ader a comptabilisé 250 interventions sur les maisons menaçant ruine. Pour 2015, son programme prévoit 700 autres interventions avec des subventions de 80.000 DH pour chaque opération. Ceci, sans compter la réhabilitation des voies, hammams, mosquées… qui représentent un danger pour la population. Les 344 demeures restantes seront traitées en 2016. En revanche, malgré ces actions, un tissu ancien et vivant comme la médina nécessite des interventions au niveau des mécanismes. Outre le manque de moyens financiers, il y a beaucoup de problèmes d’ordre juridique, technique et social, qu’il faut surmonter. À cela s’ajoutent la vulnérabilité des populations cibles ainsi que la pression démographique très forte. Celle-ci complique les différentes stratégies et retarde les projets visant à réhabiliter et à sauvegarder la médina. N’empêche, le programme devrait atténuer le danger et sortir avec de nouvelles approches d’intervention. Mais il ne mettra jamais fin au vieillissement des demeures, dont l’entretien constitue une condition sine qua non de survie. En outre, il faut lutter contre la pauvreté de ses occupants et transformer la médina en un lieu d’épanouissement économique. Ce qui renforcerait son attractivité. Pour commencer, il faut aménager des parkings, construire un théâtre, des salles de sports et d’autres endroits pour encadrer les jeunes et attirer une clientèle potentielle.  Ses commerçants doivent bénéficier d’un statut particulier (fiscalité préférentielle, détaxation…). En attendant, les pouvoirs publics continueraient de réhabiliter le tissu ancien mais n’arriveraient jamais à restaurer le patrimoine. La finalité de leurs différentes actions est de contribuer au renforcement des circuits touristiques au niveau de l’ancienne médina, embellir le cadre bâti et participer au développement socioéconomique de la ville et à la préservation de son cachet authentique. En tout cas, le phénomène des bâtisses menaçant ruine dans l'ancienne médina reflète la complexité du traitement du tissu ancien, celui-ci étant une réalité socioéconomique qui nécessite une nouvelle approche.

    Transfert d’expérience

    Pour Fouad Serrhini, l’Ader Fès qui a développé une ingénierie sociale doit rendre utiles ses 25 ans pour permettre aux autres villes historiques du Maroc de capitaliser sur son expérience, notamment au niveau technique, des interventions, des alternatives techniques et des matériaux utilisés, ainsi qu’au niveau social. Pour l’heure, les élus appellent à la transformation de l’Ader en une agence nationale.

    Y.S.A

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