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Analyse

Ville nouvelle de Zenata: Le foncier totalement acquis

Par L'Economiste | Edition N°:4174 Le 18/12/2013 | Partager
La propriété de l’assiette foncière transférée à l’aménageur
25 milliards de dirhams pour l’aménagement et l’infrastructure

Réalisé en trois tranches pour un investissement total de 3,3 milliards de DH,  le projet de la nouvelle ville de Zenata porte sur la construction  de 10.000 logements, dont 7.000 à caractère social

L’occupation du domaine public. Voici un phénomène qui n’épargne aucune région. Le projet de ville nouvelle à Zenata a été déclaré d’utilité publique en 2006. Sur les 1.660 ha constituant l’assiette foncière destinée au projet, 1.124 ha ont déjà été expropriés sans heurts. Aujourd’hui, 55 ha sont toujours occupés par les bidonvilles. Quant aux 640 cabanons, ils ont été érigés sur 50 ha d’un terrain domanial.

- 7.000 ménages à reloger
La Société d’aménagement de Zenata (SAZ) compte reloger 6.000 ménages bidonvillois. Pour ce faire, Dyar Al Mansour, filiale de la CDG, a déjà construit 2.400 appartements, dont 730 sont déjà réceptionnés. Le programme de relogement touchera également un millier de ménages zenatis, des résidents qui travaillaient dans les fermes historiquement implantées sur le territoire et qui n’ont pas de propriété foncière ni immobilière. A ces 7.000 ménages, il est proposé des appartements d’une soixantaine de m2, d’une valeur de 250.000 dirhams l’unité. Les bénéficiaires apportent 100.000 dirhams, le reste est complété par le Fonds social de l’habitat (FSH) et la SAZ. Pour financer ses 100.000 dirhams, les bénéficiaires ont la possibilité de contracter un crédit dans le cadre du programme Fogarim, moyennant un apport personnel de 20.000 dirhams. Le montant de la traite ne dépasse pas les 300 dirhams par mois. Pour l’heure, malgré ces incitations, le dispositif n’a pas encore attiré grand monde. Ainsi, sur les 2.400 appartements construis, 730 ont été réceptionnés. Seules 290 unités ont été ou sont en cours d’attribution. Le gouvernement a déjà vécu l’expérience dans d’autres régions, certains bidonvillois, même s’ils en ont les moyens, refusent de verser leur quote-part pour bénéficier d’une subvention gratuite. Le programme de relogement porte également sur la construction de 4.500 logements supplémentaires répartis sur deux phases dont une est en cours d’autorisation selon le management. Ce dernier explique que la densité urbaine des 2.500 logements déjà réalisés est de 145 logements par hectare contre une moyenne nationale de 200 unités/ha. De plus, les équipements nécessaires ont déjà été construits : école, terrain de sport, mosquée… Quant au dispensaire, il est en construction.

- Les cabanons: un cas «à part»
En principe, les cabanons ont été implantés sur la base d’une autorisation temporaire. Selon la réglementation, les bénéficiaires sont autorisés à occuper ces logements au cours de la période estivale, entre juin et septembre. Ce qui suppose que les cabanons  doivent être construits avec des structures légères pour faciliter leur démantèlement à l’image des cafés et des parcs de jeux provisoires. Or, les 640 cabanons en expropriation du bâti depuis avril 2013 ont tous été bâtis en dur sur le domaine privé de l’Etat, dont la propriété a été transférée à la SAZ.  La question maintenant est de savoir pourquoi les pouvoirs publics ont-ils toléré l’édification de cabanons en dur sur ce site. D’habitude, au courant des moindres faits et gestes des citoyens, comment est-il possible que les mokadems, chioukhs, police, gendarmerie et gouverneurs n’aient pas sévi contre l’occupation du domaine public et la construction de bâtiments illégaux? Les cabanoniers viennent de recevoir la notification relative à l’expropriation des murs de ces constructions. «Sur les 640 cabanoniers, une minorité occupe leur cabanon toute l’année. S’ils prouvent que leurs enfants sont scolarisés à Zenata et si leur indemnité est trop basse, ils seront assimilés aux bidonvillois et bénéficieront d’un appartement dans les mêmes conditions», explique Mohammed Amine El Hajhouj, DG de la SAZ. Aujourd’hui, les cabanoniers contestent le montant des indemnités et refusent d’évacuer les lieux. Le dossier suit le cours normal de la justice conformément à la procédure en vigueur en matière d’expropriation (loi 7-81).

- Une nouvelle zone industrielle
Le site de Zenata abrite environ 240 unités industrielles, dont à peine trois structurées. La SAZ est en train d’achever une nouvelle zone industrielle (ZI) qui permettra de relocaliser ces unités. La ZI devrait être livrée en juillet prochain. Les propriétaires bénéficieront d’une subvention pour l’acquisition des parcelles. Quant aux locataires, la nouvelle ZI leur permettrait de maintenir leurs activités dans les mêmes conditions de départ. Au total, la construction de la ZI permettra le maintien de 4.000 emplois.

- Nerf de la guerre
La mobilisation du foncier et son aménagement nécessiteront 25 milliards de dirhams. Un montant qui sera déboursé tout au long du cycle de vie du projet. La CDG a déjà déboursé 8 milliards de dirhams pour le foncier.
L’accord signé en avril dernier avec l’Agence française de développement (AFD) porte sur un prêt de 150 millions d’euros (environ 1,7 milliard de DH). Une convention pour un prêt d’un même montant devrait être bientôt signée avec la Banque européenne d’investissement (BEI).

- L’un des plus grands pôles commerciaux d’Afrique
La ville nouvelle de Zenata sera dotée du deuxième plus grand parc commercial d’Afrique. L’objectif étant de construire un pôle commercial qui attirera dès le départ les habitants de la région et qui conférera à la ville les caractéristiques d’un lieu de vie. Les appels à manifestation d’intérêt pour la construction d’une composante commerciale de 25 ha ont été lancés le 31 octobre 2011, pendant le pic de la crise économique internationale. En tout, 14 candidats ont soumissionné et 6 groupements ont fait une offre technico-financière. Les travaux de construction devraient démarrer en 2014 pour un montant d’investissement de près de 1,5 milliard de dirhams. A terme, le pôle commercial devrait générer 9.000 emplois (voir aussi De Bonnes Sources).

- Convention pour la construction d’un pôle éducatif
La SAZ a signé une convention de partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur le 8 avril 2013. Un accord portant sur la création d’un pôle éducatif s’articulant autour des disciplines liées au développement durable, conformément au principe de l’écocité. Des investisseurs sont appelés à construire des établissements d’enseignement de spécialités, telles que l’économie, l’ingénierie, l’urbanisme, la mobilité. L’étude pour la conceptualisation du pôle éducatif sera bientôt lancée par la SAZ.

- Un pôle santé à l’étude
La filiale de la CDG s’apprête à signer avec le ministère de la Santé une convention de partenariat pour le développement d’un pôle dédié à la Santé. L’étude pour la conceptualisation du modèle économique est en cours de finalisation. L’appel à manifestation d’intérêt pour la sélection d’un investisseur sera lancé en janvier prochain.
Hassan EL ARIF

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