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Evénement

Délais de paiement 2013, annus horribilis pour le BTP

Par L'Economiste | Edition N°:4174 Le 18/12/2013 | Partager
Les impayés ont emporté plusieurs entreprises dans le secteur
Pour des cas extrêmes, le paiement intervient après 40 mois !

Le BTP s’apprête à achever un exercice qui aura été à tous points de vue une annus horribilis.

En France, la loi de modernisation de l’économie a été un facteur d’assainissement de pratiques de paiement interentreprises. Malgré une conjoncture difficile, les délais clients médians dans le BTP ont stagné entre 2009 et 2011, alors que leurs délais fournisseurs médians se contractaient de trois jours. Au Maroc, la loi existe mais elle s’est avérée difficile à appliquer. Les opérateurs réclament des amendements.

Plus que le rétrécissement des carnets de commandes, c’est surtout les impayés qui mettent aujourd’hui beaucoup d’entreprises en difficulté. Résultat, c’est le secteur où les défaillances ont été les plus nombreuses cette année, révèle Coface dans une récente étude. Sur 7.000 firmes qui ont déposé ou sont en situation de dépôt de bilan en 2013, la majorité émane du BTP.
Plus inquiétant, ce ne sont pas que les filières « tracteurs » qui sont touchées. La métastase des impayés s’étend à tout l’écosystème: du bureau d’études à l’entreprise de construction en passant par les fournisseurs d’intrants (peinture, sanitaires, etc.).
Le secrétaire général de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (FMCI), Fouad Assouab, confirme: «Les entreprises d’ingénierie éprouvent de grosses difficultés de trésorerie depuis 2010 sous le poids des dettes fournisseurs et des créances clients». «Ces créances, dont l’écrasante majorité sont des organismes de l’Etat et des collectivités locales, dépassent en moyenne onze mois», regrette Assouab. La situation s’est détériorée en 2013, poursuit-il. La majorité des bureaux souffrent du blocage des paiements combiné à des retenues des cautions (définitives) et des retenues de garantie, en raison des retards accumulés dans la liquidation des marchés. De toutes les entreprises interrogées par L’Economiste, rares sont celles qui sont réglées dans les 90 jours, délai considéré jadis comme le standard dans les pratiques professionnelles. Mais le pire des cas, et probablement le record, est celui où les paiements sont intervenus avec quarante mois de retard! Pour les firmes qui travaillent sur les marchés publics, la situation devient franchement intenable. Non seulement il faut compter jusqu’à un an pour être payé, dans le meilleur des cas, tempête le président de la Fédération des BTP, Bouchaib Benhamida (voir encadré ci-contre), mais il faut aussi composer avec l’arrêt des paiements des marchés publics qui intervient le dernier mois de l’année. Les décaissements ne reprendront que vers le mois de mars 2014.
Plus « chanceux », le bureau d’études Oger Maroc observe entre 30 et 60 jours de délai de paiement «grâce à une politique de suivi de recouvrement et une anticipation d’incidents ». Mais il s’agit d’une situation exceptionnelle. Le gros des clients est souvent hors délais contractuels. A la direction de cette PME, on attend impatiemment que la réglementation sur les délais de paiement soit enfin effective et que soient appliquées des pénalités pour tout retard.
Le directeur général de Facop (peinture), Ahmed Hjiej, signale un délai moyen de paiement allant de 90 à 250 jours. L’industriel ajoute: « la majorité des matières premières utilisées dans la formulation de la peinture sont  importées et nécessitent un paiement fournisseur de 90 jours. Comme pour tous ses pairs, l’équation à résoudre est de financer ce déséquilibre entre les délais clients et fournisseurs alors que les banques sont devenues inflexibles sur le dépassement des lignes de découvert. 
Considéré comme l’un des plus gros employeurs, le BTP enregistre de plus en plus de postes détruits. Ce sont 54.000 emplois en moins recensés au troisième trimestre 2013. Conséquence logique d’une baisse des commandes accentuée par ces retards de paiement. Aujourd’hui, les professionnels du secteur sont aux abois. Ils sont pris en tenaille entre, d’un côté, le resserrement du crédit bancaire et, de l’autre, le retard de paiement de leurs clients. Les fins de mois deviennent très tendues pour régler les salaires et les cotisations sociales. Le comble, c’est qu’ils doivent aussi régler les acomptes d’IS sur un chiffre d’affaires «théorique» en recourant aux avances bancaires.

Redressement judiciaire

Les retards de paiement ont largement dépassé l’année.

Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération des BTP

Des entreprises à Agadir et à Meknès sont même en procédure de redressement judiciaire. La faute aux projets lancés à la hâte par les ministères sans aucune étude financière faite au préalable. Dernier projet en date, la construction des écoles initiée par l’ancien ministre de l’Education nationale, Mohamed Louafa. Une fois les travaux engagés, on se rend compte que le ministère ne dispose pas d’assez de liquidités pour payer les entreprises. Pis encore, l’administration procède pratiquement chaque année à une opération  dite de «report de crédit». Cette opération consiste à stopper les paiements à partir du mois de décembre pour les reprendre 5 mois plus tard, ce qui paralyse davantage les entreprises.

A. Lo.

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