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Economie

Projet de loi de Finances
«L’Etat doit réduire son train de vie»

Par L'Economiste | Edition N°:4164 Le 04/12/2013 | Partager
La Fisa fustige la prolifération des nouvelles taxes
Un artifice pour maintenir un taux facial d’IS à 30%

Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA): «Comprenez l’incompréhension des éleveurs: au même moment où on annonce aux professionnels du secteur que la résorption du butoir n’est pas pour cette année, on leur dit que la TVA sur les intrants et le produit fini va être augmentée!»

Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA/CGEM), fustige le projet de loi de Finances et propose d’augmenter l’IS et de créer une nouvelle tranche de l’IR plutôt que d’instituer de nouvelles taxes chaque année.

- L’Economiste: Comment appréhendez-vous les mesures fiscales prévues par le projet de loi de Finances 2014 ?
- Youssef Alaoui: Bien entendu, comme tous les opérateurs, je suis conscient que la situation des finances publiques n’est pas des meilleures. Mais comprenez bien que lorsqu’un entrepreneur s’engage dans l’investissement, il ne peut chaque année attendre, la peur au ventre, de savoir de quoi sera faite la prochaine loi de Finances, si celle-ci ne va pas remettre en cause tout son business plan… Alors moi, je dis: faisons simple, faisons en sorte que notre fiscalité soit la plus «lisible» pour nous tous, opérateurs économiques, simples citoyens et l’Etat en premier lieu. Arrêtons de créer de nouvelles taxes à chaque loi de Finances et ce, juste pour maintenir un taux facial d’IS de 30%. Affichons un taux d’IS de 32% au lieu de 30% (et qu’il soit le même pour tous les secteurs, banques et assurances incluses). Créons une tranche d’IR supplémentaire, relevons, s’il le faut, la cotisation minimale, mais de grâce, arrêtons cette prolifération de taxes sectorielles qui, chaque année, donnent le sentiment à des secteurs d’être mis au ban parce qu’ils gagnent de l’argent ou qu’ils sont plus «visibles» et font pousser un «ouf» de soulagement aux secteurs qui auront échappé à une nouvelle taxe.
Mais de l’autre côté, il faut que l’Etat s’engage réellement dans la voie de la rationalisation de ses dépenses. Il faut que l’Etat réduise de manière drastique son train de vie et sa masse salariale, pas ses budgets d’investissement! Je demande que s’installe un réel contrat d’objectifs et de confiance entre le gouvernement et les opérateurs économiques. Il ne faut plus que la loi de Finances soit appréhendée comme un rapport de force où forcément il y a toujours un perdant!

- Où en sont les discussions sur le règlement du butoir?
- Ecoutez, sur ce sujet, je vais être on ne peut plus clair. A maintes reprises, et officiellement en ouverture des 2es Assises de la fiscalité, tenues cette année, le chef de gouvernement a annoncé qu’il en faisait son problème et qu’il était anormal que ce soient les entreprises, par le truchement de la TVA due par le Trésor aux opérateurs, qui financent la trésorerie de l’Etat.
Des secteurs entiers sont mis en danger. Trouvez-vous normal, par exemple, que le secteur avicole, constitué de PME, avance à l’Etat près d’un milliard de DH? Imaginez la situation de difficulté de trésorerie que vit notre secteur. Alors oui, je ne peux qu’être déçu que la loi de Finances 2014, dans sa mouture actuelle et contrairement à l’engagement du chef du gouvernement, ne contienne aucune disposition relative au butoir. Aussi, j’ose espérer que durant son examen à la Chambre des conseillers, le tir sera rectifié.

- Avez-vous du nouveau sur la réforme de la loi relative aux délais de paiement?
- Les discussions sont trop longues à mon goût. Elles ont lieu dans le cadre de la plateforme de travail instituée entre le gouvernement et la CGEM.
Au bout d’une année, la seule avancée est la déductibilité des intérêts de retard. Mais si rien n’est fait dans le cadre de la présente loi de Finances, nous serons passés à côté de l’essence même de cette loi: réduire les délais de paiement de l’administration qui, lors de la promulgation de la loi, s’est trouvée exclue du champ d’application! La loi est de facto vidée de son contenu.

- Rien non plus n’a été fait sur la suppression des ATD
- Là non plus, je ne vais pas rentrer dans le débat sur le bien-fondé ou non de ce mécanisme. Je vais juste rappeler que le chef de gouvernement a annoncé lors des 2es Assises de la fiscalité la suppression des ATD. C’est sa décision, c’est son engagement. Maintenant, nous découvrons que ce n’est plus d’actualité. C’est pour cela que je voudrais recentrer notre travail avec le gouvernement sur un pacte de confiance, pas d’annonces sans suite. Et croyez-moi, je crois que c’est possible. Même plus, c’est nécessaire. Nous avons tous à cœur de participer à un Maroc qui, concrètement, va de l’avant.

 

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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