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“Au Maroc, l'activité sismique est inquiétante”Bouazza Fellahi, ingénieur au Centre scientifique et technique des constructions du LPEE

Par L'Economiste | Edition N°:1427 Le 31/12/2002 | Partager

. Les dernières secousses telluriques ont relancé le débat sur le risque de séisme au Maroc. En matière de constructions, une réglementation parasismique existe mais l'application ne suit pas . L'Economiste: Le Maroc a connu entre le 10 et le 17 du mois de décembre trois secousses sismiques. Quelle est votre interprétation du phénomène?- Bouazza Fellahi: Ce sont des secousses très faibles qui ne représentent aucun danger tant que leur magnitude est inférieure à 4°. Il est difficile, au Maroc, de donner l'intensité du séisme avec précision dans la mesure où les stations d'enregistrement sont à grandes distances l'une de l'autre. Et donc la magnitude ne peut être qu'aléatoire.. Peut-on s'attendre à d'autres secousses d'une plus grande intensité ou de voir le scénario d'Agadir de 1960 se reproduire?- A un séisme, il y a toujours une réplique. Autrement dit, lorsqu'un premier séisme frappe, il est immanquablement suivi d'un deuxième séisme. On le sait, les tremblements de terre sont provoqués par un choc ou un effondrement souterrain ou encore par une rupture. Toutes ces causes entraînent des failles qui doivent être, tôt ou tard, remplies. D'où la réplique dont j'ai parlée. Cela dit, on ne peut pas prédire un séisme, quelle qu'en soit l'ampleur. Le phénomène n'est pas du tout maîtrisé même dans les pays les plus avancés et a fortiori au Maroc.. On a souvent tendance à analyser les séismes a posteriori. C'est tout de même un peu tard, non?- Effectivement, pour l'état actuel de la science. Comme je l'ai dit, même les pays les plus équipés et les plus avancés en sismologie ne peuvent le faire. Il est donc hors de portée de prévoir une secousse. Au Maroc, outre le handicap technologique, les choses sont doublement compliquées. D'abord, sur le plan documentaire, nous n'avons pas suffisamment de données sur toutes les secousses passées. Ce n'est que récemment qu'on vient d'avoir une carte sismotectonique, par laquelle on établit l'activité sismique de la région étudiée. Mais nous manquons d'une carte plus précise et plus détaillée. Nous avons aussi besoin d'études en matière de vulnérabilité sismique des villes marocaines (l'état de l'existant, la capacité des bâtiments à résister, etc.). Ensuite, sur le plan organisationnel, il faudrait qu'il y ait beaucoup plus de transparence et de représentativité dans l'Association marocaine de génie parasismique. Les bureaux d'études en bâtiments sont les plus concernés mais malheureusement les moins représentés. . Quel est l'état des lieux au Maroc?- L'activité sismique est inquiétante et pas du tout négligeable. Nador, Hoceïma, Rabat, Rachidia, Arfoud, Rissani, pour ne citer que ces villes, sont des plus vulnérables. Je pense que la mise en place, et c'est une nouveauté, d'un règlement de construction parasismique doit nous assurer une meilleure visibilité.. Justement, qu'en est-il de la réglementation juridique à ce niveau/.- Le dernier-né en la matière est le RPS 2000 (réglementation parasismique) applicable aux bâtiments. Son entrée en vigueur commencera six mois après sa publication au BO. Et c'est l'Association marocaine de génie sismique qui en est l'auteur. C'est bien d'avoir pareil code malgré les anomalies de représentativité qui ont sévi au sein de l'association. Toutefois, son application n'est pas obligatoire. Comment l'être alors que même le béton armé ne l'est pas. Il y a toujours des constructions ici et là faites sans plan de béton armé, mais uniquement sur la base d'un plan d'architecte. Alors, l'application de la RPS n'est pas pour demain. Propos recueillis par Ali JAFRY

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