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Affaires

«Essaouira se positionne dans le secteur touristique«
Entretien avec Abdeslam Bikrate, gouverneur d’Essaouira

Par L'Economiste | Edition N°:2170 Le 13/12/2005 | Partager

Préserver l’identité culturelle d’Essaouira est un enjeu majeur. Si la ville s’accroche à son authenticité, elle s’ouvre aussi à la modernité et au progrès. De fait, des projets touristiques d’envergure se développent tant dans la ville que dans l’arrière-pays. L’effort porte aussi sur l’amélioration des conditions de vie des populations rurales et des infrastructures de base. . L’Economiste: Essaouira confirme sa vocation touristique. Des grands chantiers sont lancés...- Abdeslam Bikrate: La réputation d’Essaouira dépasse aujourd’hui les frontières nationales. La ville et la région sont en chantier et ce dans divers domaines. Le plus important projet est évidemment la station internationale Mogador Essaouira. Projet qui va changer la physionomie économique de la province, tout en gardant à l’esprit la sauvegarde de l’équilibre de l’écosystème et des valeurs socioculturelles des habitants. . Comment cela? - Il s’agit de préserver notre identité culturelle et patrimoniale. D’ailleurs, pour la station Mogador tout est étudié afin de ne pas dénaturer les habitudes sociales et culturelles des Souiris. Ce souci a été l’une des causes du retard du projet de la station. Nous voulions un concept qui s’intègre de manière très harmonieuse aux prédispositions particulières de la ville d’Essaouira. . La ville se développe certes, mais qu’en est-il de l’arrière-pays? - La région connaît un déficit énorme en matière d’infrastructures. Mais des efforts sont menés pour rattraper le retard. Ainsi, le programme de l’électrification rurale avance à un rythme honorable. Et dans les deux années à venir, le taux d’approvisionnement en eau potable passera de 30 à 60%. De nombreux projets structurants se mettent en place avec des délais de réalisations situés entre 12 et 18 mois. . Et pour les routes dans le rural? - Des programmes pour l’aménagement des routes sont en cours. Une convention avec le ministère de l’Equipement avait porté sur la réalisation de 150 km. Ce qui représente une augmentation de 25% du réseau. Actuellement, nous avons atteint pratiquement 80% des objectifs pour relier toutes les communes et les zones enclavées. Un certain nombre d’agglomérations rurales étaient complètement à l’écart des zones urbanisées. Les études sont en cours pour l’aménagement et la construction de 504 km supplémentaires. Les premiers tronçons démarreront en juin 2006. La tâche est d’envergure car la province, avec ses 52 communes rurales, s’étend sur un territoire large avec des reliefs très accidentés. Les dessertes permettent d’accéder à la santé, à la scolarisation et facilitent le déplacement des enseignants et des élèves. La route est donc capitale dans l’amélioration des conditions de vie des populations et notamment des filles rurales. . Justement, parlons de scolarisation. Qu’est-ce qui est fait dans ce sens pour améliorer l’accès à l’école des populations rurales? - Des programmes sont en cours de réalisation pour la construction de collèges et de lycées. Il a été instauré l’idée de construire un internat et une Dar Taliba à côté de chaque établissement scolaire. Des lieux d’hébergement décents sont les conditions essentielles pour la scolarisation de la fille rurale issue des populations déshéritées. . Et dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage? - La province est à dominante rurale avec des conditions climatiques très aléatoires. La pluviométrie est très faible. Des projets importants et adaptés se mettent en place avec le ministère de l’Agriculture pour améliorer les conditions de vie des populations. Se développent aussi de l’arboriculture, l’élevage des bovins, des ovins et des caprins. . Qu’en est-il du programme de l’INDH?- La première enveloppe accordée à la province d’Essaouira a été de 2,5 millions de DH. Le budget alloué vise spécialement la fille et la femme rurales. Il a été dépensé dans sa totalité pour l’enseignement de la fille rurale, dans l’équipement des Dar Taliba. Grâce au programme, quelque 200 filles en ont été bénéficiaires. Le budget a permis également la création d’activités génératrices de revenus. Nous avons financé en totalité l’acquisition de 100 taurillons au profit de 100 femmes en milieu rural. Elles se sont regroupées en deux associations. L’objectif est de leur permettre après la vente des taureaux de générer des revenus et de se constituer un capital de fonctionnement. C’est une dynamique qui, à mon avis, va être pérenne. . La province est aussi connue pour ses arbres fruitiers…- Nous sommes en train d’instituer des coopératives notamment pour la production de caroubiers (ndlr: la caroube est connue pour ses vertus antidiarrhéiques). Nous avons aussi soutenu les producteurs d’olives en leur permettant d’acquérir du matériel moderne performant que ce soit pour la presse de l’huile d’olive, pour l’entretien ou pour la récolte. Mais aussi par l’introduction de plants sélectionnés qui leur permettraient d’améliorer la production, et d’avoir des variétés très prisées sur le marché. . Quelle place alors pour l’industrie? - De par sa vocation, Essaouira se positionne dans un secteur capital qui est le tourisme. Aussi, de l’industrie lourde compromettrait la vocation artistique et touristique de la ville. Mais quelques industries, non polluantes, ou des ateliers, usines de confection, d’agroalimentaire sont les bienvenus.


Du sport aussi

Parallèlement au tourisme d’évasion, culturel ou artistique, le tourisme sportif est en pleine expansion. «Il s’agit d’activités liées aux sports nautiques et qui drainent un nombre important de visiteurs, notamment dans les communes rurales Sidi Kaouki et Moulay Bouzarktoun», souligne le gouverneur. L’artisanat n’est pas en reste. Les articles en bois de thuya ou en raphia sont très prisés par les touristes. Beaucoup d’artistes-peintres ont aussi choisi Essaouira comme source d’inspiration. «De fait, la ville est une galerie d’art à ciel ouvert où tout est artistique», ajoute Bikrate.


Tourisme rural

Avec son littoral enchanteur, le tourisme rural se développe. Un projet est en cours avec un partenaire américain, le Cap Sim, dans le territoire de la commune de Sidi Kaouki. Il est prévu la construction d’un hôtel de 4 étoiles sur une superficie de 80 hectares. D’autres projets, dont notamment deux campings en cours d’étude ainsi qu’un village de vacances sont initiés par l’Erac de Marrakech. Les visiteurs découvrent des maisons d’hôtes le long du littoral de la province, au sud en allant vers Agadir ou au nord vers Safi. «De nombreux opérateurs s’intéressent à l’hôtellerie dans le tourisme rural», indique Abdeslam Bikrate. C’est un créneau très porteur et très demandé par des clients étrangers mais aussi par des Marocains à la recherche de l’air pur et du dépaysement total. Pour se ressourcer, ce sont des endroits très relaxants. Propos recueillis par Mohamed Ramdani

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