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Ouarzazate: Un plan de sauvetage pour le patrimoine

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5960 Le 04/03/2021 | Partager
Le ministère du tourisme et la Smit veulent développer le produit et créer de l’animation
Objectif: Etoffer l’offre et rallonger la durée moyenne de séjour
La grande priorité aux yeux des professionnels, l’accessibilité terrestre et aérienne

Enfin, une stratégie pour booster l’investissement touristique à Ouarzazate. Chef lieu de la région Drâa Tafilalet et porte du désert du Sahara, la ville connaît une régression de ses performances touristiques et ce, bien avant l’arrivée du Covid. «La crise causée par la pandémie n’est malheureusement que la continuité d’une tendance baissière qui a commencé il y a bien longtemps», indique Mohammed Takhchi, président du CRT de Draa-Tafilalet.

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 «Concrètement, et à très court terme, il s’agit de créer de l’animation autour de la thématique du cinéma dans la ville de Ouarzazate», explique Imad Barrakad, président du directoire de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique. La Smit va injecter une enveloppe de 40 millions de DH pour valoriser les actifs patrimoniaux matériels et immatériels comme la Kasbah de Taourirt (Ph. L’Economiste)

«Pourtant, notre région n’est pas handicapée par un problème d’offre. Preuve en est, les chiffres des nuitées qu’on arrivait à atteindre. Notre problème est donc celui de la demande, tout naturellement. Une demande nationale que l’on n’arrive pas à attirer, et une demande internationale que l’on ne cesse de perdre. Pour l’une et pour l’autre, la première cause à notre sens est celle de l’accessibilité, terrestre d’abord, puis aérienne», insiste Takchchi.

En effet et à titre d’exemple, la ville de Ouarzazate est passée de 600.000 nuitées en 2000 à moins de 300.000 en 2019, lorsque la destination est devenue une ville de transit et non de séjour. Aujourd’hui, les professionnels touristiques de la région demandent un véritable plan de sauvetage. «Autrement, la descente vers l’inconnu continuera et la vitesse de cette croisière augmentera après cette crise sans précédent que l’on va vivre», insistent-ils.

Pour les opérateurs locaux, la priorité des priorités est le désenclavement. «Le projet de route entre Marrakech et Ouarzazate, lui, connaît encore du retard au-delà de 2022 et l’aérien, qui demeure notre seul moyen d’offrir un accès confortable à notre région, reste en deçà des attentes», alerte le président du CRT. On le sait, la compagnie nationale et les compagnies low-cost obéissent à des critères de rentabilité.

«Et moins ils en réaliseront dans une région, moins ils auront de raison de la desservir», soulignent les opérateurs. L’occasion était la rencontre organisée à Ouarzazate le 2 mars dernier par le ministère du tourisme. Afin d’anticiper la relance du secteur touristique au niveau de l’ensemble de la région et lui impulser une nouvelle dynamique, un programme pour le développement du produit touristique a été élaboré de concert avec les acteurs et partenaires locaux.

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La plupart des établissements d’hébergement de Ouarzazate ont besoin  d’accompagnement pour rénover les infrastructures et les mettre aux normes des standards internationaux. La ville compte actuellement 115 établissements classés d’une capacité globale de 2 843 chambres et 5949 lits

Ce programme s’articule autour de la valorisation des actifs patrimoniaux matériels et immatériels de Draa Tafilalet et porte sur le développement de l’animation et le loisir touristiques, l’aménagement et la réhabilitation des sites et infrastructures touristiques, et le soutien de la promotion des investissements touristiques, explique le ministère du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale. Objectif: étoffer davantage l’offre d’animation et rallonger la durée moyenne de séjour dans cette destination.

Par ailleurs, l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement devrait aider aussi des hôtels de la région à restructurer leurs dettes et renouveler leur offre pour s’aligner aux standards internationaux et être prêts pour une reprise post-covid, espère Barrakad. Reste le désenclavement tant demandé par les opérateurs et inscrit en priorité à leurs yeux. L’ONMT a promis il y a plus de trois mois de mettre en œuvre un programme de promotion pour relancer la destination et désenclaver la région par des vols directs au départ des principaux marchés.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

 

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