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Economie

Chômage des jeunes: Le pire taux en plus de 20 ans!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5889 Le 23/11/2020 | Partager
32,3% au 3e trimestre 2020, contre 23,2 en 1999
46,7% pour les citadins, soit +34 points par rapport à la moyenne nationale
Encore plus d’inactifs et de «nini»?

2020 promet de se terminer avec un record en termes de chômage, plus particulièrement celui des jeunes. Les 15-24 ans sont généralement les principales victimes des déboires de l’économie marocaine. Avec la crise pandémique, leur situation se dégrade encore plus. Après une amélioration en 2019, leur taux de chômage plonge!

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Au Maroc, le chômage est d’abord un phénomène urbain. Aujourd’hui, presque la moitié des jeunes citadins est au chômage (46,7%), contre 39,9% un an plus tôt. La crise pandémique a été lourde de conséquences. Après quelques années de baisse, le taux de chômage des jeunes a commencé à s’aggraver à partir de 2012, avec une part de 20,2%, pour atteindre son pic sur plus de 20 ans en 2020 (32,3%)

Au troisième trimestre 2020, il gagne 5,6 points d’un coup, passant à 32,3%, contre 26,7% à la même période 2019. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais atteint en plus de 20 ans. Par rapport à 1999, le taux gagne plus de 9 points (voir illustration). C’est dire la gravité de la situation.

Jusque-là, le pic de chômage des jeunes avait été enregistré au troisième trimestre 2017, avec une part de 29,3%. Une année qui, pourtant, n’était pas si mauvaise sur le plan économique, avec un taux de croissance de 4,6% (contre 1,2% en 2016) et une création de 86.000 postes (contre une perte de 37.000 un an plus tôt). Cette situation est typique d’une économie qui peine à créer des opportunités d’emploi, puisque son modèle est surtout orienté vers la consommation interne (friande d’importations) et le cumul de capital.

Cette année est donc la pire depuis 20 ans pour les jeunes. Et puisque le chômage est d’abord un phénomène urbain au Maroc, ce sont les jeunes citadins qui en souffriront le plus. Au niveau de cette catégorie, le taux est vertigineux. Il culmine à 46,7%, contre 39,9% au troisième trimestre 2019. La moyenne nationale au troisième trimestre de cette année est de 12,7%. Nous avons donc là un écart de 34 points.

Même au niveau de la moyenne nationale, nous réalisons un record jamais enregistré depuis de longues années. Cette moyenne n’a jamais atteint la barre des 11% depuis 2003, date à laquelle le taux se situait à 11,8%. Depuis, il oscille entre 9 et 10,9%. L’on s’achemine donc vers les niveaux de la fin des années 90 début 2000. En 1999 par exemple, le taux de chômage national au troisième trimestre était de 15,1%.  A la même période 2001, il est passé à 13%.

Mise à terre par la crise du coronavirus, l’économie nationale ne récupérera certainement pas sa santé de si tôt. Pareil pour ses partenaires internationaux. Selon les prévisions de la Banque mondiale, le PIB marocain devrait se rétracter de 6,3% en 2020 (-7% selon le FMI), sous l’effet de la pandémie, mais également d’une mauvaise pluviométrie. La situation risque donc de se compliquer très sérieusement, et les jeunes en paieront le prix les premiers.

Cette difficulté à décrocher des opportunités sur le marché de l’emploi risque-t-elle de pousser de plus en plus de jeunes vers l’inactivité? Difficile de se prononcer avec un recul d’une année. Néanmoins, entre les troisièmes trimestres 2019 et 2020, le taux d’activité des 15-24 a déjà perdu 2,4 points, passant de 24,7% à seulement 22,3%. Au niveau national aussi le taux d’activité a reculé de 1,4 point pour se situer à 43,5 seulement. Cette tendance baissière est structurelle. Cela dit, la conjoncture morose engendrée par la pandémie pourrait bien l’accélérer. Les conditions d’activité sur le marché du travail n’aident pas.

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Les profils les plus diplômés sont ceux qui trouvent le plus de difficultés à s’insérer en emploi. Leur taux de chômage s’est s’amélioré depuis le début des années 2000, pour descendre à 18,1% en 2013, avant de reprendre encore à la hausse à partir de 2014. Au troisième trimestre 2020, il enregistre son niveau le plus haut sur 15 ans, avec une part de 24,2%

A titre d’exemple, seul un quart des actifs occupant un emploi bénéficie d’une couverture médicale liée à son poste. Les plus diplômés s’en sortent mieux toutefois, avec un taux de couverture de 74,2%. Par ailleurs, plus de la moitié des salariés ne bénéficient pas d’un contrat de travail, soit 55,1%. A peine le quart dispose d’un CDI, 11,8% d’un CDD et 6,2% d’un contrat verbal.

Du côté des jeunes de 15 à 29 ans, la part des travailleurs exerçant sans contrat monte à 63,4%, soit presque les deux tiers. La majorité des jeunes œuvre dans l’agriculture (plus de la moitié) et les services (près du quart), selon la Banque mondiale, des secteurs connus pour une prédominance des activités artisanales, traditionnelles ou saisonnières, souvent précaires.

C’est généralement en raison de leur manque de qualifications et des difficultés rencontrées en emploi que les jeunes décident de se retirer de toute activité, ou de faire des allers-retours ponctuels sur le marché du travail. Beaucoup se transforment en NEET, ou «nini», ces jeunes qui ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation. Selon les derniers chiffres dévoilés par le Haut commissariat au plan, 29,3% des 15-24 ans au Maroc sont des NEET. Parmi les jeunes hommes, ils sont 13%. Chez les filles, les nini représentent pas moins de 46%, soit 3,5 fois plus que chez leurs homologues masculins. D’ailleurs, les femmes figurent, aussi, parmi les principaux perdants du marché du travail.

                                                                              

Plus de 82% des femmes en dehors du marché de l’emploi

La tendance à la baisse de l’activité des femmes se poursuit. La part des actives au troisième trimestre 2020 s’est située à seulement 17,8%, contre 20,5% à la même période 2019, soit une perte de 2,7 points en une année. Plus de 82% sont donc actuellement inactives. Effet Covid? Peut-être… La question pourrait être tranchée dans les prochains mois. La crise pandémique a, en tout cas, porté un sacré coup à l’emploi. Entre le troisième trimestre 2019 et la même période 2020, l’économie nationale a perdu 581.000 postes, alors qu’un an auparavant, elle en avait créé 143.000. Le taux de chômage a donc enregistré un record de 12,7%. Du côté des femmes, il est passé de 13,9% à 17,6%. Auprès des filles de 15 à 24 ans, la part des chômeuses est généralement encore plus importante. Selon les dernières données disponibles (troisième trimestre 2017), elle frise les 40% (39,4%). La crise et le manque d’opportunités d’insertion professionnelle pourraient pousser encore plus de femmes à quitter le marché du travail. L’écart entre les taux d’activité masculin et féminin est aujourd’hui de plus de 52 points. Les femmes s’orientent ainsi vers une exclusion pure et simple du marché.

Ahlam NAZIH

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