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Culture

Documentaire: Punk un jour, punk toujours!

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5886 Le 17/11/2020 | Partager
Un film réalisé par la sociolinguiste spécialiste de la darija, Dominique Caubet
Diffusé sur 2M le 22 novembre
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«Punks not dead», le titre prémonitoire du groupe britannique «The Exploited» sorti en 1981, est-il toujours d’actualité? Qu’est devenue la mini-vague du punk marocain parue dans le sillage de la défunte  «Nayda» des années 2000 avec des groupes comme  «Haoussa».  S’il y a de moins en moins de crêtes, teintées de rouge, à l’iroquoise et de blousons cloutés dans le festival des musiques alternatives L’Boulvard, force est de constater que quelques irréductibles du «do it your self» originel persistent et signent.

C’est l’un de ces personnages, provocateur, rebelle et railleur, mais ô combien sincère et pacifique que nous propose de découvrir la sociolinguiste et spécialiste de la darija, Dominique Caubet, dans son documentaire «Dima punk», qui sera diffusé sur 2M le dimanche 22 novembre 2020 à 21h40 dans le cadre de l’excellente série documentaire «Des histoires et des hommes».

Dans cet opus, Dominique Caubet suit depuis 2010, le parcours de ce jeune punk à l’ironie mordante, en recherche d’identité et signe ainsi son premier long métrage en tant que réalisatrice. Avec beaucoup de tendresse, Caubet décrit son personnage Stof comme suit: «Les années passent, les cheveux poussent. Stof erre dans un Casablanca en perpétuel changement… il sillonne la ville de ses lourdes boots en rêvant de devenir styliste.

Les cliquets de ses broches se heurtent aux clous, conscient qu’il fait grincer des dents les passants. Sans emploi, il refuse pourtant de lâcher l’étendard: Punk un jour, punk toujours! Dans cette errance, Stof trouve des sas de respirations lors des rares concerts ou festivals alternatifs, où il peut enfin être lui-même.

Mais les espaces de liberté rétrécissent et autour de lui l’étau se resserre. Il traverse les obstacles: chômage, prison, solitude, rejets, sa voix s’éraille et derrière ses fanfaronnades, les doutes s’installent sans jamais le briser». La réalisatrice signe là une œuvre intimiste qui raconte avec beaucoup de délicatesse et sans voyeurisme malsain, le quotidien et la solitude d’un jeune qui refuse de cesser de rêver et qui cherche la lumière même dans les trous noirs.

Un parcours qui fait écho à une partie de cette génération revendicative qui ne trouve pas sa place dans le système et que la réalisatrice connaît très bien. Sociolinguiste passionnée, Caubet a occupé pendant 20 ans la chaire d’arabe maghrébin à l’INALCO, l’Institut national des langues orientales à Paris.

En 2005, elle a été l’un des premiers chercheurs à s’intéresser à la nouvelle scène musicale marocaine, elle a initié et écrit le premier documentaire portant sur le sujet, «Casanayda», réalisé en 2007 par Farida Benlyazid  et publié plusieurs ouvrages dont «Jil Lklam, poétes urbains» avec Amine Hamma.

Un livre qui retrace l’évolution remarquable de la scène musicale marocaine à travers ses textes. Dima Punk, son premier film en tant que réalisatrice, a remporté le grand prix au Mediterraneo Video Festival en Italie 2020 et été sélectionné dans de nombreux festivals en 2020, comme le Festival International du Film de Nancy, le Festival Itinérances d’Alès, le Festival international du film panafricain de Cannes, Festival du film d’éducation d’Evreux, la Mostra de cinema Àrab i mediterrani de Catalunya ou le Unerhört music film festival d’Hambourg.

                                                                                

«Parmi tous ceux qui étaient punks en 2008, 2009
 et jusqu’à 2010… Il y en a qui sont en prison… Ceux qui ne sont pas en prison se sont mariés…Ceux qui ne se sont pas mariés, ont rasé leur crête, sont devenus barbus…
Celui qui n’est pas devenu barbu, est devenu voleur…
 Plus personne n’est là pour relever le flambeau…
Et moi, le flambeau, il est trop lourd pour moi, je n’ai pas la force de le brandir tout seul»

Stof dans «Dima Punk» réalisé par Dominique Caubet, 2019.

                                                                                

Amine BOUSHABA

 

 

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