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Culture

Art & Culture Week-End: Agadir, le logo de la discorde

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5851 Le 25/09/2020 | Partager
Un grand artiste «honteusement» accusé de plagiat
Un logo qui reprend certains codes de la culture amazigh

Il a fallu que la ville d’Agadir dévoile sa nouvelle charte graphique et son nouveau logo pour que se déchaînent les passions sur les réseaux sociaux! D’une forme triangulaire, évoquant la fibule, symbole amazigh par excellence, enfermant le nom de la ville en calligraphie koufi, l’œuvre est signée Mohamed Melehi, artiste iconique que l’on ne présente plus, figure de proue de l’art moderne au Maroc.

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D’une forme triangulaire, évoquant la fibule, symbole amazigh par excellence, enfermant le nom de la ville en calligraphie koufi, l’œuvre est signée Mohamed Melehi (Ph. DR)

Or, beaucoup d’internautes y ont vu une troublante similitude avec le logo de la ville du Caire «Capitale de la Photo Arabe» en 2016, créé par l’artiste syrien Jalal Shekho. Les accusations de plagiat ont très vite fusé de partout, y compris de la part de certains artistes marocains. Une accusation que certains commentateurs jugent trop hâtive et signe d’une méconnaissance flagrante de notre propre histoire de l’art.

Le critique d’art et philosophe Moulime El Aroussi, familier du travail de Melehi se dit «outré et en colère, qu’on puisse accuser un artiste aussi respectable, avec près de 70 ans de carrière, de plagiat!», El-Aroussi rappelle aux détracteurs de l’artiste que ce dernier, ainsi que ses compères fondateurs de l’école de Casablanca, a travaillé sur les signes amazighs, et particulièrement sur la fibule, depuis les années 60.

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La ressemblance entre les deux logos peut être frappante. Cependant Melehi a travaillé sur le triangle et la calligraphie koufi depuis plus de 50 ans. «Il est de notre droit de penser que si plagiat il y a, il pourrait être celui de l’artiste syrien et non l’inverse», précise Moulime Laaroussi (Ph. DR)

«Il n’y a qu’à voir ses nombreuses illustrations dans la revue Souffle pour s’en convaincre. D’autant plus que j’ai mis en évidence dans mon livre «Zoom sur les années 60» une couverture d’un essai de Abdallah Laroui, illustrée par Melehi, et qui reprend les mêmes codes que ceux du logo et ce… en 1970. Donc il est de notre droit de penser que si plagiat il y a, il pourrait être celui de l’artiste syrien et non l’inverse», assène-t-il.

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Carnets de croquis et autre collection personnelle de fibules démontrant l’intérêt de l’artiste pour les arts populaires et amazighs depuis les années 1960. Exposition «New waves; Mohamed Melehi et les archives de l’Ecole de Casa» Mosaïk Room Londres, juin 2019 (Ph Mosaik Room)

Un flot de critiques qui ont obligé l’artiste, d’habitude peu prolixe, à sortir de sa réserve et à expliquer son cheminement créatif: «Pensée comme une représentation de la diversité culturelle et géographique d’Agadir, la nouvelle identité visuelle de la ville a été conçue en respectant au mieux certaines exigences, qui ont constitué à la fois des règles et des référentiels…C’est cet impératif de représentation de différents affluents et de différents apports culturels, tous constitutifs de l’identité de la ville d’Agadir et faisant sa richesse, qui a guidé la conception de l’identité visuelle.

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La couverture d’un essai de Abdallah Laroui, illustrée par Melehi, et qui reprend les mêmes codes que ceux du logo et ce… en 1970 (Ph DR)

Ils s’expriment comme suit: le choix du triangle équilatéral comme cadre du motif met en honneur les arts amazighs. Cette forme géométrique renvoie à la fibule en argent, tandis que le cercle situé dans la partie supérieure évoque l’anneau de la fibule.

Motif amplement utilisé dans les arts amazighs avec les zigzags, les chevrons et les losanges, eux aussi présents dans l’identité visuelle de la ville, le triangle représente également la montagne, les antiques Igoudar dont le nom d’Agadir est dérivé, ainsi que certaines stylisations de l’arganier. Il rend hommage aux arts et à l’architecture vernaculaires de la ville et de son arrière-pays», déclare-t-il dans un communiqué qui prend des allures d’une belle leçon de graphisme.

Le travail rendrait hommage également, toujours selon Melehi, «aux architectes qui ont reconstruit Agadir». Il rappelle les édifices des années 60, les pôles universitaires, l’usine de dessalement d’eau de mer, la maîtrise de l’eau pour l’agriculture, etc.». Le résultat, à notre avis, dénote d’un travail professionnel, porteur de sens, illustrant un territoire solidement ancré dans ses terres et en harmonie avec ses affluents maritimes.

Amine BOUSHABA

 

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