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Economie

Plan de relance: Le timing est primordial

Par Franck FAGNON | Edition N°:5850 Le 24/09/2020 | Partager
L’opérationnalisation des fonds de soutien en fonds propres urge
Seulement 2 milliards de DH de crédits Damane Relance décaissés!
Les nouvelles restrictions et les frontières toujours fermées pour les voyageurs pèsent sur la reprise

Un exemple et puis patatras... Le Maroc était donné en exemple pour sa gestion de la crise. Depuis juin et la sortie du confinement, il fait plutôt face à des critiques. «La situation a été abordée de façon rationnelle. Les choix ne sont pas aussi simples qu’on l’imagine. Les équilibres sont toujours très difficiles lorsque vous êtes dans une dynamique de crise inédite comme celle-ci. Cela peut engendrer des hésitations. Mais la situation n’est pas facile», défend le wali de Bank Al-Maghrib lors de la conférence de presse suivant le Conseil de politique monétaire.

La reprise continuera de dépendre des développements de la situation sanitaire. Les choses se sont plutôt dégradées ces derniers mois avec la hausse des contaminations. Ce qui a entraîné la reconduction des restrictions de déplacement dans certaines localités et le maintien de la fermeture des frontières pour les voyageurs. Ce scénario mène vers une récession plus sévère et compromet la vigueur du rebond. Le PIB se contracterait de 6,3% cette année selon Bank Al-Maghrib, soit une dégradation de 1,1 point par rapport à la prévision de juin. Elle s’aligne sur les prévisions du Centre marocain de conjoncture qui, lui, prévoit une baisse de 6,2% du PIB. L’activité devrait rebondir de 4,7% en 2021, un rythme moins consistant qu’anticipé quelques mois plus tôt.

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Le nouveau scénario de Bank Al-Maghrib prévoit une récession plus forte qu’anticipé en juin avec une baisse de 6,3% du PIB. Cette situation compromettrait la vigueur du rebond en 2021

Sur le plan de la politique monétaire, Bank Al-Maghrib a encore plusieurs munitions à sa disposition. Mais elle dégainera au moment opportun. Le conseil a décidé de maintenir le taux directeur à 1,5% après les baisses de mars et juin. Largement financée par la dette, la reprise de l’économie tarde à se dessiner. Au-delà de la situation sanitaire, les crédits relance connaissent quelques accrocs. Les accords dépassent 22 milliards de DH. Par contre, les tirages se limitent à 2 milliards de DH, selon Bank Al-Maghrib.

La lenteur des décaissements avait été dénoncée par la CGEM et ce point faisait partie de l’ordre du jour de la réunion avec le GPBM et la CCG le 7 août dernier. Les entreprises tarderaient à fournir les justificatifs pour le déblocage des fonds, soutiennent en partie les banques. Les délais d’instruction peuvent être très longs selon les établissements. Ceci figurait déjà parmi les principaux reproches adressés aux banques dans le cadre de Damane Oxygène. Certaines entreprises ont dû patienter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour lever des fonds à cause de la lourdeur des process et du nombre de documents exigés. Par ailleurs, la faiblesse des montants décaissés s’expliquerait par le manque de visibilité des entreprises. En tout cas, la direction de la supervision bancaire a été chargée de faire la lumière sur la mise en œuvre des crédits Damane Relance.

En dehors des crédits garantis par l’Etat, le projet de loi de finances 2021 devrait apporter plus d’éclairages sur l’autre partie du plan de relance. Celle-ci consiste notamment en la création d’un fonds destiné à prendre des participations minoritaires dans les entreprises afin de soutenir leur haut de bilan. Plusieurs entreprises ne sont pas éligibles aux dispositifs actuels et ce nouveau mécanisme leur apporterait du cash mais aussi leur permettrait d’améliorer leurs ratios financiers, et s’ouvrir d’autres sources de financement.

«La dette ne peut pas être l’instrument approprié pour aider ces entreprises. D’où la proposition des fonds sectoriels pour soutenir ces entreprises en fonds propres», a estimé Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM lors de la rentrée économique de l’organisation patronale. Le montage du fonds devrait prendre quelque temps indique la Banque centrale. Le calendrier est très important, compte tenu du contexte et des difficultés des entreprises. Tout miser sur la loi de finances  reviendrait à repousser l’opérationnalisation des fonds à 2021. Ce qui pourrait être fatal pour certaines entreprises.

«Au-delà des facteurs conjoncturels, il y a des choses structurelles qui méritent d’être pensées en profondeur parce qu’elles doivent apporter des solutions à des problèmes sur le long terme et permettre de bâtir cette résilience et cette reprise sur des bases beaucoup plus solides. J’espère que la commission sur le modèle de développement sera en mesure de mettre l’accent sur ces points-là», espère le wali de Bank Al-Maghrib.

                                                                       

Impayés bancaires: Le bilan en novembre

Bank Al-Maghrib et le GPBM tiendront une réunion importante en novembre prochain pour faire le point sur le soutien aux entreprises notamment la prise en compte des deux baisses du taux directeur dans leur tarification. Les deux parties aborderont aussi l’impact de la crise sur les bilans des banques. A fin juillet, les créances en souffrance affichent une hausse de 7 milliards de DH par rapport à fin 2019.
«Nous suivons de très près la situation dans le secteur. Le taux d’impayé se situe autour de 8%. Je ne pense pas que la hausse de la sinistralité soit spécifique au Maroc», indique le wali. Les crédits Damane Oxygène et Relance qui représentent l’essentiel de la production ces derniers mois sont garantis par l’Etat, ce qui limite l’exposition des banques. En revanche, la détérioration de l’activité économique pourrait lourdement impacter les indicateurs de l’activité bancaire. «Nous aurons une meilleure appréciation de la situation après la réunion avec les banques en novembre», estime le gouverneur de la Banque centrale. Ce dernier se montre plutôt rassurant sur le comportement des impayés au niveau des banques. Par contre, la situation serait plus critique chez les sociétés de crédit à la consommation où le taux de défaut a sensiblement augmenté.

■ Compte courant: Le déficit moins lourd que prévu
Merci aux transferts des MRE qui résistent jusque-là malgré la violence de la crise en Europe. Ils devraient clôturer l’année à 61,5 milliards de DH en baisse de 5%. Cette bonne tenue participe largement à l’atténuation des prévisions de déficit du compte courant. Il s’établirait à 6% du PIB contre 10,3% anticipé en janvier. La résilience des transferts des Marocains de la diaspora permet d’atténuer le choc sur les recettes de voyage: - 55 milliards de DH. Le crise sanitaire devrait faire passer les recettes de 79 milliards de DH en 2019 à 24 milliards de DH cette année. Ces dernières rebondiraient à seulement 49 milliards de DH en 2021. Les échanges de marchandises sont eux aussi fortement affectés. Mais les effets s’annulent presque.

■ Mobile banking: «Nous avons perdu trop de temps»
La forte hausse de la circulation fiduciaire ces derniers mois a mis en évidence la nécessité d’accélérer le développement du mobile banking. C’est un outil puissant d’inclusion financière mais aussi une arme pour réduire la circulation du cash. Sur les plans technique et institutionnel, le marché est quasiment prêt, relève la Banque centrale.
 En revanche, l’absence d’incitations ralentirait le développement de l’écosystème. Bank Al-Maghrib requiert notamment une incitation très forte sur le plan fiscal. «J’insisterai pour que le Parlement soit partie prenante des mesures de soutien à l’essor du mobile banking parce que nous avons perdu trop de temps», avance le wali. «Je veillerai à ce que l’écosystème se mette en place dans les meilleurs délais. S’il le faut, je vais taper à toutes les portes», poursuit-il. Aujourd’hui, plus de 1,5 million de wallet sont actifs.

F.Fa.

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