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Economie

Crise sanitaire et marchés publics: Tirs croisés sur Aït Taleb

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5847 Le 21/09/2020 | Partager
Le ministre de la Santé interpellé par les députés sur la transparence de la passation
1,8 milliard de DH de crédits dépensés dans le cadre de marchés négociés
400 millions de DH en primes exceptionnelles pour les professionnels de la Santé

Pendant plus de 6 heures, le ministre de la Santé a subi les assauts critiques de plusieurs députés de la réunion de la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants jeudi dernier. Et ce concernant la transparence des marchés passés dans le cadre de la Covid-19.

Avant de passer au crible les critiques, l’une après l’autre, Khalid Aït Taleb a proposé de procéder, lui et son staff, à des déclarations de patrimoine après la pandémie, sachant que l’Inspection générale des finances était actuellement dans ses murs pour mener les audits nécessaires. Si des dysfonctionnements existent, elle ne manquera pas de les relever, dira-t-il.

Concernant la réglementation encadrant la passation des marchés publics pendant la pandémie, indique le ministre, le gouvernement avait adopté en mars dernier deux décrets qui contournent la procédure classique jugée trop longue. L’équipement des hôpitaux en infrastructures durant la pandémie ne pouvait pas attendre un délai de plusieurs mois pour lancer et boucler les marchés, soutient-il. Ainsi, ces deux décrets l’habilitent à passer des marchés négociés. Les crédits concernés par cette procédure dictée par l’état d’urgence sanitaire ont totalisé 1,8 milliard de DH dont plus de 1 milliard de DH ont servi pour doter les hôpitaux en médicaments et dispositifs médicaux, soit 55% de l’enveloppe. Quant aux équipements médicaux et techniques, ils ont canalisé 844,2 millions de DH. Le ministre a saisi cette occasion pour préciser que «les marchés négociés permettent un avantage de taille: nous payons ce que nous consommons et récupérons les fonds restants».

D’autant qu’il a invité les députés à prendre en compte le contexte des marchés passés. En effet, en avril dernier, les frontières étaient fermées et les pays en concurrence pour acheter les produits. A cette époque, l’appui de la Chine et de la Corée du Sud pour se procurer les tests PCR a été décisif. «Le Maroc a réglé ce problème et la question qui se pose est de savoir si nous avions pris la décision opportune», a-t-il lâché.

Ces opérations, poursuit-il, ont permis à 30 nouvelles entreprises de profiter pour la première fois des opportunités de travailler avec le ministère. Dans le détail, le Département a organisé 247 marchés contractés avec plus de 98 entreprises, pour un coût financier global de 1,9 milliard de DH, tirés du Fonds spécial de la gestion de la pandémie. Le but est d’acheter des équipements médicaux et techniques à hauteur de 25% du montant global. Les lits et les dispositifs hospitaliers représentent 12%. A cela s’ajoutent les dispositifs des laboratoires (19,1%) et les médicaments et autres dispositifs (17%). Ainsi que les acquisitions de l’étranger.

                                                                                   

Incitations pour le personnel de santé

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Le ministère prépare une prime exceptionnelle pour compenser les efforts accomplis par tous les professionnels de la santé. Les montants diffèrent en fonction de critères objectifs. Cette opération sera menée en partenariat avec les partenaires sociaux. D’ailleurs, le ministre a obtenu l’accord du ministère de l’Economie et des Finances pour une dotation de 400 millions de DH. Ce montant sera décaissé selon un échéancier.

                                                                                   

Course à la vaccination

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Face à la pandémie, le seul brin d’espoir réside dans le vaccin, note Khalid Aït Taleb. Le Maroc a signé une convention de partenariat pour le transfert technologique et les essais cliniques. C’est la première fois que le pays prend une telle initiative et dans la 3e phase des expérimentations. Ainsi, Rabat adhère aux recherches et à une position stratégique qui lui permettra demain de disposer du vaccin.

                                                                                   

■ La valse des responsables a été grossie, selon le ministre
Les changements dans les postes de responsabilité ont concerné 59 personnes dont 14 ont demandé d’être déchargées. 5 autres ont fait l’objet de redéploiement du personnel et 8 ont intégré l’Ecole nationale de santé publique. Ce qui fait que seules 29 personnes ont été changées sur la base des rapports de l’Inspection générale du ministère. Le ministère a demandé de lancer les appels à candidature, mais face à la pandémie, ces opérations ont été stoppées.

■ Les cas graves

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D’une capacité de réanimation de 645 lits, le Maroc est passé à 1.833 unités. Ce qui fait dire au ministre que les 264 cas graves ne représentent que 14% du total.  Casablanca dispose de 453 lits de réanimation et compte 111 malades.

                                                                                   

Foyers de contamination

Ces dernières semaines, la situation épidémiologique a connu une tendance haussière au niveau du nombre des contaminations. Ce qui a poussé les autorités à prendre des mesures strictes. La plupart des cas proviennent des foyers professionnels et familiaux. Au 16 septembre dernier, le ministère a dénombré 1.121 foyers actifs. Pour le ministre, la situation est critique «mais nous ne sommes pas encore débordés, ni au stade de la pression sur la capacité de notre système de santé». Selon lui, la plupart des cas enregistrés demeurent bénins et asymptomatiques. Ce qui confirme une augmentation importante du nombre des cas guéris qui correspondent aux niveaux des contaminations. Les cas critiques au 16 septembre étaient de 216 dont 49 sont en réanimation artificielle. «La stabilité de la situation se mesure au nombre des cas graves et non aux statistiques des contaminations», martèle Khalid Aït Taleb qui rappelle que le Maroc a conservé un taux de létalité de 1,8% par rapport au niveau international.

Crise sanitaire: Quelques chiffres-clés

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247 marchés négociés contractés entre la Santé avec plus de 98 entreprises
Coût global: 1,8 milliard de DH tirés du Fonds spécial de la gestion de la pandémie pour:
     • les équipements médicaux et techniques (25%)
     • les lits et les dispositifs hospitaliers (12%)
     • les dispositifs des laboratoires (19,1%)
    les médicaments et autres dispositifs (17%). S’ajoutent les acquisitions de l’étranger
■ 400 millions de DH en primes exceptionnelles pour les professionnels de la Santé
Capacité de réanimation: le Maroc est passé de 645 à 1.833 lits.

Mohamed CHAOUI
(Photos L’Economiste)

 

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