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Dossier Spécial

Réussir la rentrée e-learning: Les recommandations des patrons d’écoles

Par Ahlam NAZIH - Tilila EL GHOUARI - - | Edition N°:5841 Le 11/09/2020
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La première expérience e-larning imposée par la pandémie entre mars et juillet derniers n’a pas été concluante pour tous. Si quelques écoles d’ingénieurs et de commerce, bénéficiant d’une gestion à taille humaine, ont pu tirer leur épingle du jeu, cela n’a pas été le cas de tous les établissements. Les étudiants, pour leur part, non familiarisés avec le modèle distanciel, ont eu du mal à suivre leurs cours et à s’organiser.

La crise a, cependant, eu le mérite d’accélérer le processus de digitalisation de l’enseignement supérieur, à la traîne depuis de nombreuses années. Pour ne pas répéter les erreurs du dernier semestre 2019-2020, les patrons de l’enseignement supérieur partagent leurs recommandations.

                                                                       

■ «Nous travaillons à réduire la fracture numérique»

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Aawatif Hayar, présidente de l’Université Hassan II de Casablanca (Ph. AH)

«Il faudrait miser sur un trio indissociable: adaptabilité, interactivité et connectivité. Ce sont des préalables pour tout enseignement à distance réussi. Les enseignants sont encouragés à introduire plus d’innovation pédagogique pour répondre aux attentes de la génération Z, en privilégiant plus les contenus inter-actifs, garantissant une fluidification du processus d’apprentissage et une meilleure assimilation des connaissances», recommande Aawatif Hayar, présidente de l’Université Hassan II Casablanca. Pour elle, l’aboutissement de tous ces efforts dépend fortement de l’accès des étudiants à un matériel technologique adéquat et à une bonne connexion internet. «Certes, nous avons pu atteindre la majorité des étudiants via l’enseignement à distance, mais il reste encore une proportion, limitée, notamment ceux résidant dans des zones rurales», regrette-t-elle. L’université travaille actuellement sur ce chantier. «Nous œuvrons à réduire cette fracture numérique et sociale afin d’assurer plus d’équité, notamment à travers l’implémentation de la plateforme i-UH2C qui offre une palette de services à accès gratuit (cours à distance, visioconférence, des forums et FAQ…), ainsi qu’un programme de soutien social proposé par les établissements aux étudiants nécessiteux», précise la présidente.

                                                                       

■ Créer des groupes de partage des best practices

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Hassan Sayarh, DG du groupe HEM (Ph. HS)

«Il faut bien comprendre que les techniques pédagogiques adaptées à l’enseignement à distance sont très différentes de la pédagogie classique», estime Hassan Sayarh, DG du groupe HEM. Pour lui, le e-learning ne peut réussir que s’il est considéré, aussi bien par les enseignants, les gestionnaires et les apprenants, comme une approche complètement différente, avec des avantages propres, apportant des solutions à des problématiques concrètes. «Il ne s’agit nullement d’une solution de remplacement», insiste-t-il. Le DG du groupe HEM recommande la création de groupes de réflexion et de partage des «best practices» en vue d’améliorer l’acte pédagogique à distance. «Mais je crois que la meilleure aide qu’on pourrait apporter aux écoles et aux étudiants  est d’ordre technologique. En sensibilisant les opérateurs télécoms à la nécessité d’améliorer sensiblement l’accès à internet, et en mettant en place des mesures incitatives pour démocratiser l’accès au matériel informatique», pense Sayarh.

                                                                       

■ Une politique nationale du développement numérique

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Ahmed Mouchatchi, directeur de l’Ensam Casablanca (Ph. AM)

L’enseignement à distance a été l’unique solution pour garantir la continuité pédagogique, mais il ne remplacera jamais le présentiel, selon Ahmed Mouchtachi, directeur de l’Ensam Casablanca. «Aujourd’hui, le plus important est de garder cet élan pour améliorer notre performance éducative, grâce à la digitalisation», souligne-t-il. Pour y arriver, des préalables sont nécessaires. Le directeur de l’Ensam Casablanca recommande l’adoption d’une stratégie universitaire unifiée afin de faire face aux éventuelles crises. Les établissements universitaires devront, également, se doter de moyens matériels et logistiques adéquats pour mieux  accompagner les étudiants, surtout en matière de travaux pratiques à distance. «Le renforcement de la formation du corps professoral et des étudiants est primordiale pour une utilisation efficiente du numérique», insiste Ahmed Mouchtachi. A long terme, le directeur de l’école d’ingénieurs suggère une politique nationale du développement numérique, plaçant le digital au cœur de la grande transformation universitaire. Ceci serait en faveur de la qualité de la formation, de l’innovation, de la bonne gouvernance et de la transparence. «Ladite politique devrait être consignée dans un cadre législatif approprié», précise-t-il.

                                                                       

■ Les écoles doivent être prêtes à tous les scenarii

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Mourad El Mahjoubi, directeur de l’Emlyon Business School Africa (Ph. Emlyon)

«Ce virage forcé vers le numérique se révèle être un véritable booster de la digitalisation de l’enseignement. Emlyon business school, qui a démarré sa transformation digitale il y a de cela plusieurs années, y était déjà préparée. Ceci a permis d’opérer la transition du présentiel au 100% digital dès le premier jour du confinement. De cette période inédite, nous pouvons tirer plusieurs enseignements. Pour les établissements, la complexité se trouve dans la gestion de la volatilité de la situation. S’il est difficile d’anticiper, il est indispensable d’être prêt aux différents scenarii, tout en maintenant la qualité attendue par nos étudiants. Il ne s’agit pas uniquement de trouver des solutions à court terme, mais bien d’inventer des modèles qui tiendront sur la durée. Les étudiants, quant à eux, doivent s’adapter à ces nouveaux modes d’apprentissage. C’est d’autant plus difficile pour les jeunes bacheliers. Nous devrons être attentifs à cette population qui va démarrer son année 100% à distance. Il y a quelques basics à respecter. Il faudrait aménager un espace dédié dans un cadre au calme pour pouvoir se concentrer, avec une posture adéquate au travail prolongé devant un écran. Il est aussi conseillé d’organiser son planning en amont, en profitant du gain de temps important lié aux déplacements, d’adopter des routines, d’être assidu dans le suivi des cours en ligne, de maintenir le contact avec ses camarades et de favoriser les interactions et la collaboration.
Ce contexte permettra aux étudiants de développer des compétences indispensables dans le monde du travail: l’autonomie, la capacité d’adaptation, le relationnel…»

                                                                       

■ «Nous continuerons à nous équiper et à former nos profs»

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Mohamed Derrabi, directeur de TBS Campus Casablanca (Ph. TBS)

 «Le recours au e-learning était surprenant et inattendu. En tant que Business School, notre expérience a été très positive. Nous étions déjà prêts à adopter ce dispositif. Ce modèle a permis à nos étudiants de découvrir la formation en ligne. TBS Campus Casablanca a déployé toutes les ressources humaines, technologiques et financières pour assurer la continuité des cours selon le calendrier scolaire de l’année, avec le même volume horaire. Nos professeurs ont fait preuve de beaucoup de volonté, en mettant tous les efforts possibles pour que les séances soient attractives, créatives et permettent la participation des étudiants et leur implication. Nous avons mis en place une plateforme en ligne, en plus d’une multitude de ressources électroniques.
Notre recommandation aux étudiants est de se doter absolument d’un ordinateur portable et d’une connexion internet, d’être ponctuel, assidu, d’avoir le sens de la responsabilité et de considérer que l’apprentissage peut aussi être effectué en ligne, sans complications. Concernant les évaluations, TBS s’est dotée d’un logiciel reconnaissant l’origine des textes et contenus. Nous continuons à nous équiper de matériel et d’outils, et de former notre corps enseignant à ces nouvelles méthodes d’apprentissage».

                                                                       

■ Enorme opportunité d’apprentissage pour les étudiants
 

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Mohamed Zaoudi, DG de l’IGA  (Ph. MZ)

«Le e-learning présente une bonne opportunité pour notre pays. Malgré les critiques, ce mode d’apprentissage reste l’une des meilleures voies pour résoudre pas mal de problèmes au niveau de l’enseignement supérieur au Maroc: massification, manque de places pédagogiques, logistique... Le e-learning est appelé à se développer, et comme tout autre modèle, il requiert une certaine organisation et rigueur qui permettront à l’étudiant d’atteindre ses objectifs. Afin de réussir sa formation à distance, l’étudiant doit suivre une méthodologie précise: organiser son travail avec un planning, respecter une cadence régulière, être discipliné, penser à préparer des fiches, se concentrer. Une révision régulière est également importante. Il ne faut pas, par ailleurs, oublier de noter et de poser toutes ses questions.
Le modèle n’est pas très coûteux en termes de prérequis. Il présente, cependant, d’énormes avantages pour l’étudiant: Flexibilité, autonomie, possibilité d’autoévaluation et facilité de révision des cours. Tout ceci nécessite une seule condition: une connexion internet fiable.
Cette pandémie a quand même offert aux écoles l’opportunité de découvrir l’importance des solutions e-learning et de s’y engager. En plus de leurs expériences pédagogiques, les écoles doivent penser à investir dans d’autres volets, tels que des logiciels avec une plateforme e-learning de référence, et du matériel informatique sophistiqué. Autre point extrêmement important, la formation du corps enseignant» .

                                                                       

■  Une interactivité permanente entre enseignants et étudiants

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Farid El Bacha, doyen de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Rabat-Agdal (Ph. F.B.)

«Cette pandémie a provoqué une entrée forcée dans l’enseignement à distance. Il était nécessaire pour assurer la continuité pédagogique. Il y a eu des acquis certains et une prise de conscience des possibilités offertes par le numérique, non seulement pour gérer le phénomène de massification dans les facultés, mais surtout en tant que mode de renouvellement de nos méthodes d’enseignement», explique Farid El Bacha, doyen de la faculté de droit Rabat-Agdal. «Toutefois, de nombreuses contraintes doivent encore être dépassées, et une évaluation rigoureuse et objective est à réaliser pour une entrée réfléchie et sereine dans le monde numérique», ajoute-t-il. Pour lui, l’enseignement à distance a ses exigences et ses méthodes. Il ne se résume pas à une mise à disposition «statique» de supports. Il exige une interactivité permanente entre enseignants et étudiants.

A.Na & T.E.G.

 

 

 

 

 

 

 

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