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Dossier Spécial

Rentrée universitaire 2020/2021: «A tout moment, le modèle pédagogique peut basculer»

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5841 Le 11/09/2020 | Partager
Le démarrage prévu le 15 octobre entre présentiel et distanciel
Si la situation sanitaire se dégrade, retour à l’enseignement à distance
Un décret en cours pour réglementer et institutionnaliser les évaluations à distance
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Le modèle pédagogique approuvé peut être réadapté au niveau de chaque université ou établissement d’enseignement supérieur séparément, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique au niveau de chaque région, tient à rappeler Saaïd Amzazi, ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Ph. L’Economiste)

A l’instar de la rentrée scolaire, celle de l’enseignement supérieur va également se dérouler dans un contexte particulier marqué par la crise sanitaire dont l’évolution reste difficile à prédire. Comment s’adapter notamment sur les plans organisationnel et pédagogique en vue de sauver l’année universitaire 2020-2021? Dans cet entretien Saaïd Amzazi, ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, passe en revue les principales mesures prévues pour assurer une rentrée dans des conditions de sécurité optimales tout en garantissant la poursuite des cours que ce soit en présentiel ou à distance. Le ministre annonce aussi des nouveautés, à savoir les dates clés de l’agenda de cette rentrée et le sort du chantier des réformes à commencer par celui du système de Bachelor et l’institutionnalisation de l’enseignement à distance.   

- L’Economiste: En raison de la crise sanitaire due au Covid-19, la rentrée universitaire 2020/2021 s’annonce exceptionnelle. Quelles mesures sont-elles prévues sur le plan organisationnel et pédagogique en vue de s’adapter à l’évolution épidémiologique?
- Saaïd Amzazi:
En cette année si particulière, fortement impactée par la crise du Covid-19, la rentrée universitaire, qui a lieu généralement au cours de la première semaine de septembre, a été décalée au 15 octobre. L’objectif est de permettre aux universités d’organiser durant cette période, les évaluations de printemps de l’année universitaire écoulée, qui avaient été reportées, et d’achever ainsi cette année académique.
Ces évaluations se dérouleront en présentiel pour les filières à accès ouvert, et à distance pour les filières à accès régulé dont les effectifs sont moins chargés. Chaque université a organisé son propre calendrier en fonction de ses exigences et de ses spécificités et l’a fait valider par ses instances décisionnelles, conseil d’établissement et conseil d’université. En outre, les cités universitaires étant fermées pendant la période des examens pour des raisons sanitaires, les universités se sont engagées à augmenter le nombre de centres d’examens de façon à limiter les déplacements des étudiants.
Les préinscriptions des nouveaux étudiants ont été initiées à distance via les plateformes électroniques des universités et les inscriptions bénéficieront d’une simplification des procédures en vigueur afin d’éviter autant que possible les déplacements et les rassemblements d’étudiants. Ces derniers n’auront donc pas à déposer de dossier physique, y compris l’original du diplôme de baccalauréat, dont le dépôt est reporté à une date ultérieure.
 
- A quelle date les cours débuteront-ils exactement?
- A partir du 15 octobre, les enseignements débuteront et les étudiants pourront choisir entre le mode présentiel en groupes réduits, notamment pour les travaux pratiques et les travaux dirigés, et l’enseignement à distance pour les cours magistraux dont les effectifs sont plus importants. Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’à tout moment de la saison universitaire 2020-2021, le modèle pédagogique approuvé peut être réadapté au niveau de chaque université ou établissement d’enseignement supérieur séparément, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique au niveau de chaque région.
 
- Concernant le chantier des réformes, où en est l’institutionnalisation des examens et des diplômes pour l’enseignement à distance?
-Aujourd’hui, compte tenu de l’expérience que nous avons vécue au cours du 2e semestre de l’année universitaire écoulée, tout le monde s’accorde à reconnaître le poids et l’importance de l’enseignement à distance d’où la nécessité, effectivement, de l’institutionnaliser.
Le gouvernement se penche actuellement sur l’adoption d’un décret en ce sens, tel que l’exige d’ailleurs la mise en œuvre des dispositions législatives de la loi cadre 51-17, relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique. Ce décret permettra également de réglementer et d’institutionnaliser les évaluations à distance, ainsi que des filières de formations se déroulant à 100% sous forme d’enseignement à distance.
 
- L’enseignement à distance durant le confinement a permis de relever des limites comme le manque d’outils et supports nécessaires (PC, Smartphones, connexion internet…). Comment remédier à cette situation qui pénalise les étudiants issus de familles modestes?
- L’accès des étudiants issus de familles modestes aux équipements de type ordinateurs ou tablettes ainsi qu’à la connexion demeurent en effet problématique. Outre les campagnes de donations effectuées par la société civile ou encore dans le cadre de la coopération internationale, des programmes nationaux destinés à faciliter l’acquisition de matériel informatique aussi bien par les enseignants, comme Nafida, que par les étudiants, comme Injaz, ont fait leurs preuves. Mais ces programmes constituent un poids financier qu’il serait aujourd’hui difficile de faire supporter au budget de l’Etat marocain, lequel subit déjà de plein fouet l’impact de la crise sanitaire actuelle.
Pour ce qui est de la connexion internet, il faut savoir que tous les supports pédagogiques numériques produits par les universitaires sont réunis via un proxy dans un data center dont l’accès est gratuit.
 
 

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Des efforts louables ont été déployés par les universités pour créer chacune son centre de production numérique destiné à accompagner les enseignants dans leur production pédagogique numérique et qui assure également leur formation en la matière (Ph. L’Economiste)

- Quid du renforcement de la formation des enseignants en e-learning?
- Le fait est que le e-learning est déjà bien ancré au sein des pratiques pédagogiques au sein des universités et la majorité des enseignants ont régulièrement recours aux supports numériques pour leur enseignement. En outre, des efforts louables ont été déployés par les universités pour créer chacune son centre de production numérique destiné à accompagner les enseignants dans leur production pédagogique numérique et qui assure également leur formation en la matière. Enfin, la formation aux NTIC sera dispensée également pour tout professeur assistant nouvellement recruté.
 
- Qu’en est-il des concours de sélection pour les cycles Master et Doctorat?
- Ces concours, dont les dates seront annoncées suffisamment en avance, pourront se dérouler en présentiel et/ou à distance, à l’écrit ou à l’oral, selon les exigences des filières de formation et selon l’évolution épidémiologique de la région où se trouve chaque université.
 
- Les cités universitaires seront-elles de nouveau opérationnelles?
- Les cités universitaires sont restées fermées en raison de l’impossibilité d’y assurer la protection des étudiants et de garantir leur sécurité dans les conditions sanitaires qui ont prévalu ces derniers mois, car chaque chambre accueille 4 personnes en moyenne. C’est une décision qui relève d’ailleurs du ressort des autorités locales et sanitaires.
L’Office National des Œuvres Universitaire Sociales et Culturelles travaille actuellement, en coordination avec le ministère et les autorités publiques compétentes, afin de définir les conditions et les formules appropriées pour une éventuelle ouverture des quartiers universitaires afin d’accompagner cette rentrée à partir du 15 octobre prochain. Et ce, en tenant compte bien évidemment de l’évolution de la situation épidémiologique dans chaque partie, et dans le respect des mesures sanitaires visant à préserver la santé et la sécurité des étudiants résidents et du personnel qui y travaille.

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

                                                                                   

Le Bachelor reporté à l’année prochaine

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(Ph. Tribune.com)

Dans l’agenda des réformes, il était prévu la mise en application du système du Bachelor à partir de cette rentrée universitaire. Mais à cause de la crise sanitaire, le projet sera reporté à la rentrée 2021-2022, indique Amzazi. Pour ce dernier, il s’agit «effectivement d’un chantier d’envergure auquel le ministère s’était dûment préparé. Malheureusement, la survenue de la pandémie et le confinement qu’elle a imposé ont rendu impossibles les réunions et la mise en œuvre d’un tel projet». En plus, les rencontres de sensibilisation sur les nouvelles modalités d’orientation post bac, qui devaient se dérouler au sein des lycées pour les élèves de terminale, ont également dû être annulées suite à l’instauration de l’état d’urgence sanitaire et du confinement, ajoute-t-il. Toutefois, dès le lancement de cette rentrée universitaire, les travaux relatifs à la mise en œuvre de cette réforme se poursuivront afin de programmer son instauration pour la rentrée prochaine, si bien sûr, l’évolution de la pandémie le permet, conclut le ministre.

                                                                                   

Port du masque obligatoire

Sur le plan sanitaire, il va de soi que toutes les mesures de précaution sanitaire relatives à la pandémie de Covid-19 seront mises en place au sein des campus, en coordination avec les autorités publiques compétentes. Le port du masque sera obligatoire pour tout le monde, à l’intérieur des espaces universitaires, de même que la distanciation sociale entre les étudiants sera de mise, notamment en réduisant les effectifs au sein des salles de cours et amphithéâtres. Les responsables sont tenus de mettre en place tous les dispositifs à même de faciliter le nettoyage et la désinfection des mains. La stérilisation régulière et systématique des espaces de formation et d’enseignement est également obligatoire.

 

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