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Economie

«Un reconfinement serait dramatique pour l’économie»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5840 Le 10/09/2020 | Partager
Il faudra apprendre à vivre avec le virus
Les prescriptions de la CGEM pour un rebond rapide de l’activité
«Les décisions de fermeture sans préavis portent préjudice aux industriels»

Alors que les contaminations au Coronavirus repartent à la hausse, un reconfinement serait catastrophique pour l’économie. C’est le message de la CGEM au gouvernement. «Ce serait inconcevable et dramatique pour notre économie», souligne  Chakib Alj, président de la CGEM qui insiste sur la prévention: «les mesures barrières restent le moyen le plus efficace pour limiter la propagation du virus et pour nous éviter un reconfinement ».

Le patronat, qui a tenu une conférence de presse mercredi 9 septembre sur la rentrée économique, a dressé un tableau peu reluisant. En tout cas, la relance n’est pas encore au rendez-vous. Les premiers mois de la crise ont été  marqués par la rapidité et la pertinence des décisions donnant ainsi confiance aux Marocains. Malheureusement, «cette perception s’est effritée lorsque nous avons perdu en cohérence des actions et en rapidité d’exécution à partir de juin», souligne Mehdi Tazi, vice président de la CGEM.

Et d’ajouter: «nous avons vécu avec deux espoirs: que le confinement éradique le virus  et que le virus soit saisonnier. Aujourd’hui que ces hypothèses s’avèrent fausses, nos décisions doivent s’adapter pour une reprise en U et non en V et la prise en compte de la perte d’emplois qui est inévitable».

Le besoin n’est autre que de trouver une solution aux entreprises pour qu’elles puissent survivre  et aux personnes perdant leur emploi pour qu’elles puissent tenir. Quand elles ne sont pas à l’arrêt, plusieurs entreprises font face à une baisse de la demande. Certaines se retrouvent dans des situations délicates en raison des problèmes de trésorerie et de financement. Ce qui peut mener à des pertes d’emplois.

La confédération appelle à «libérer» l’économie pour qu’elle reparte au mieux tout en assurant un revenu minimum à ceux ayant perdu leur emploi. Elle propose notamment l’accélération des mesures sectorielles et d’appui pour tous les secteurs en souffrance. La demande, principal moteur de la croissance, devrait également reprendre.

Mehdi Tazi, parle de «choc de la  demande nationale à travers la commande publique et la réduction de la TVA. C’est à considérer sérieusement devant une déflation qui semble se confirmer». La CGEM suggère aussi la mise en place d’une indemnité perte d’emploi pendant 6 mois pour les chômeurs issus de la crise.

Autre recommandation, la clarification et la communication des normes sanitaires à respecter ainsi que l’audit fréquent et normé par les pouvoirs publics. Le patronat signale d’ailleurs que «des foyers dans les industries et entreprises existent et continueront d’exister mais, les décisions de fermeture sans préavis portent préjudice aux industriels, notamment aux exportateurs».

A titre d’exemple, dans le textile et l’automobile, où devant le manque de visibilité, les donneurs d’ordre réorientent leurs commandes vers nos concurrents: Turquie, Roumanie, Egypte, Tunisie, etc.

                                                                          

■ Rompons avec l’orthodoxie budgétaire!
«Nous devons instaurer les bases d’une économie plus résiliente et compétitive et redonner confiance aux chefs d’entreprises»,  souligne Chakib Alj. En attendant, les détails des propositions de la CGEM pour la loi de finances 2021, le patronat insiste sur la préservation du tissu productif tout en maintenant l’emploi. «Il faut que l’Etat rompe avec l’orthodoxie budgétaire classique puisque l’année est exceptionnelle. Donnons les indemnités qu’il faut pour préserver les entreprises», souligne Abdelmajid Faiz, vice-président de la Commission fiscalité et douane.
Les propositions fiscales de la CGEM portent notamment sur des exonérations au profit des salariés à hauteur d’un plafond à négocier. Contrairement aux projections effectuées au début de la crise, celle-ci perdure et le problème de trésorerie restera un souci majeur pour l’entreprise. «Il faudra accélérer le remboursement TVA et régler le problème du butoir qui se pose pour un ensemble de secteur», poursuit Faiz. Des mécanismes fiscaux et douaniers devraient être mis en place pour lever les obstacles à la compétitivité de l’entreprise notamment par rapport aux importations. «La production nationale est pénalisée par rapport à l’import en particulier avec les pays avec lesquels des accords de libre-échange sont signés. Nous demandons  de revoir la taxation à l’impôt de certains intrants en vue de favoriser la production nationale».

■ Crise sanitaire: Mobilisons les cliniques privées
Toutes les capacités disponibles pour réduire la vitesse de propagation du virus et traiter rapidement les cas symptomatiques doivent être utilisées. Pour la CGEM,  le port du masque doit être obligatoire en public y compris dans les entreprises, les contrôles efficaces et les contraventions effectives lorsque ce n’est pas respecté. Elle est également favorable à l’isolement en résidence pour les cas asymptomatiques et la sanction en cas de non-respect. Une adaptation de la politique de test est également conseillée ainsi que l’augmentation de la capacité de traitement des malades. Et ce, via la mobilisation des cliniques et personnels privés sous la supervision de l’hôpital public. La mise à disposition des traitements dans les officines privées et leur distribution élargie sur base de présentation des résultats de tests est également recommandée.

■ Contrôles fiscaux: «Il faut protéger les entreprises des abus»
«Nous voulons protéger les entreprises des abus des contrôles fiscaux. Il faut un amendement de la loi». L’idée est d’instaurer un climat de confiance à travers l’amélioration du cadre juridique. Il faut dire que les entreprises se sont toujours plaintes des notifications qu’elles reçoivent pour des montants importants avant qu’ils ne soient revus à la baisse au terme des négociations.

■ Financement des TPE et PME
«Nous avons eu des retours d’entreprises qui n’ont pas pu décrocher de crédit. Nous avons analysé les dossiers». Pour prétendre au crédit relance, deux éléments doivent être respectés. Le premier se rapporte à la capacité de remboursement de l’entreprise sinon c’est la faillite ou le défaut de paiement certain. Dans ce cas, la dette n’est pas le mécanisme approprié. D’où la proposition d’aller vers les fonds sectoriels pour des financements à travers l’injection de fonds propres. La deuxième exigence se rapporte à la non-distribution de dividendes.

■ Préférence nationale: Adaptation et innovation
«Les entreprises marocaines doivent également adapter leurs produits et innover surtout dans un contexte de relocalisation». Le patronat attend de nouvelles mesures sur les importations pour permettre aux entreprises de commercialiser leurs produits sur le marché local et d’être beaucoup plus compétitives. Ces mesures devraient s’accompagner de changements au niveau de la TVA car la croissance passera par la relance de la consommation des ménages.

Khadija MASMOUDI

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