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Dossier Spécial

Jeunesse - Innovation: Un gisement de potentiel

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5826 Le 19/08/2020 | Partager
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Pour Khalid Sbia, l’innovation et la R&D doit être l’élément central de la souveraineté économico-financière de notre pays. C’est l’une des réponses que doit apporter la Commission sur le nouveau modèle de développement» (Ph. A.K)

La crise sanitaire a agi comme un véritable révélateur sur les jeunes au Maroc. Ils l’ont démontré en dévoilant un potentiel d’innovation scientifique et technologique qui a surpris le plus grand nombre. Masques et respirateurs intelligents, kits de vaccins, outils et solutions informatiques de suivi de la pandémie, applications dédiées,… Toute cette créativité émane de jeunes universitaires et même parfois d’élèves du primaire. Le potentiel est bel et bien là, mais ne demande qu’à être déployé à travers de nouvelles mesures d’accompagnement. Pour Khalid Sbia, économiste, ex-membre de la Commission des finances au Parlement, tous les mécanismes de soutien de la stratégie «Maroc innovation», lancée il y a 11 ans, doivent être revus pour générer de la richesse.

- L’Economiste: Quel bilan dressez-vous en matière de promotion de l’innovation et comment expliquez-vous ce regain d’intérêt durant cette période de pandémie?
- Khalid Sbia:
Le regain d’intérêt pour les innovations observées ces derniers mois s’explique par plusieurs raisons. Il faut d’abord reconnaître que le bilan de notre pays en matière de soutien à l’innovation reste mitigé et ce, depuis le lancement en 2009 de la stratégie «Maroc innovation» qui s’articulait autour de quatre piliers: le cadre légal adapté, l’infrastructure technologique de valorisation, le financement et la mobilisation des talents. Il était également question d’adosser aux universités des cités de l’innovation réparties sur les différentes régions pour réussir ce challenge. À ce jour, des réalisations ont certes eu lieu, mais force est de constater qu’elles restent en deçà des objectifs affichés au départ. Classé 74e au niveau de l’indice mondial de l’innovation avec 0,8% du PIB dédié à la recherche et développement, le Maroc est bel et bien en retard en matière d’innovation. Il en est de même en matière d’opérationnalisation et de pérennisation des cités de l’innovation sans parler de l’objectif de leur généralisation.

- La crise offre l’opportunité de recadrer la stratégie de l’innovation. Qu’en pensez-vous?   
- La crise sanitaire actuelle s’est révélée une opportunité, d’une part pour relancer le débat sur l’importance du chantier de l’innovation et de la recherche en matière de croissance et d’emploi, mais aussi pour démontrer et confirmer le potentiel d’innovation scientifique et technique disponible au Maroc comme en témoignent les merveilleuses innovations dont tout le monde a pris connaissance récemment malgré les multiples contraintes. Il est également opportun de réitérer l’importance de l’innovation et de la R&D comme choix stratégique devant faire de tout modèle de croissance un élément central de la souveraineté économico-financière de notre pays. C’est l’une des réponses que doit apporter la Commission sur le nouveau modèle de développement.

- Que préconisez-vous pour soutenir efficacement l’innovation?
- Tout d’abord, une prise de conscience collective: l’innovation peut concerner toutes les activités et tous les niveaux de formations universitaire ou professionnelle. Le potentiel est partout. Reste à le valoriser. Il est aussi opportun de mettre en place un cadre réglementaire stable et adapté à l’innovation, loin des lourdeurs administratives et des procédures complexes, notamment d’accès au financement; quand ils existent. Ce cadre réglementaire devrait réunir toutes les conditions garantissant la réussite et l’aboutissement des projets et intégrer la notion de risques, d’échecs et d’aléas propres à toutes «les aventures» de recherches et d’innovation. Comme il est primordial, de structurer les politiques d’innovation et de disposer d’une seule structure de gestion de ce chantier pour éviter aux porteurs de projets innovants de faire face à une panoplie d’interlocuteurs et de devoir effectuer d’interminables démarches pour, par exemple, espérer obtenir un financement de leurs projets. Cette structure doit être dotée de moyens humains et financiers pour répondre efficacement aux demandes de porteurs de projets. Cela suppose, évidemment, d’augmenter substantiellement l’effort national consacré à la recherche et développement, pour le porter progressivement à horizon raisonnable (2025/2030) avec au moins 2% du PIB.

- Comment capitaliser sur les avancées réalisées et permettre aux jeunes inventeurs de faire aboutir leurs projets et de les opérationnaliser?
- D’une part, consolider le partenariat avec l’université, les Ecoles d’ingénieurs, et les centres de formation en rapprochant les centres de transfert, de valorisation et les incubateurs des porteurs de projets: la programmation des cités de l’innovation est une belle piste à développer mais aussi et surtout à opérationnaliser et à pérenniser. Par ailleurs, l’apprentissage des langues étrangères, les stages à l’étranger, dans des structures de recherche, et les jumelages avec les centres de recherche internationaux, sont autant de pistes à ne pas perdre de vue pour capitaliser sur les avancées réalisées dans d’autres pays et irriguer en innovations le tissu industriel national. D’autre part, faire le même rapprochement avec les secteurs économiques, bancaires et écosystèmes industriels en vue de répondre à leurs besoins, mais aussi développer un business autour de ces projets s’ils s’avèrent pertinents et développables.

Propos recueillis par Ali KHARROUBI

                                                                    

Dimension territoriale

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«Le triptyque recherche-développement-innovation doit être au cœur d’une politique d’aménagement du territoire ambitieuse et efficace», estime Khalid Sbia. La proximité des centres de recherches avec les unités de production constitue un atout important. Et cela, aussi bien en matière de thèmes de recherche orientés vers le tissu économique local (industrie et agriculture) qu’en matière de réduction du temps séparant les résultats de la recherche/innovation pure et leur traduction en production industrielle, etc. «Les territoires recèlent un fort potentiel qu’il conviendrait de développer par un meilleur accès à l’encadrement, à l’accompagnement et par la mise en place de financements adaptés à la spécificité des activités de R&D et innovation», poursuit l’expert. Il s’agit là d’un troisième niveau de partenariat avec les régions et dont la mission fondamentale est la contribution au soutien de l’entrepreneuriat et de la recherche scientifique appliquée.

 

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