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Economie

Lettre de cadrage du PLF 2021: La relance économique programmée

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5826 Le 19/08/2020 | Partager
Il table sur un taux de croissance de 5,4%
L’administration au régime

Le chef du gouvernement vient d’adresser à ses ministres la lettre de cadrage pour la préparation du projet de loi de finances 2021(PLF 21). Ce document, d’une dizaine de pages, comporte les indications à suivre par les ministres, les hauts commissaires et le délégué général. L’objectif est de les inciter à faire des propositions au titre du projet de budget de l’année prochaine, suivant des schémas tracés.

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La préparation du PLF 21 intervient dans un contexte national et international marqué par la propagation du Covid-19 et ses impacts sanitaires, économiques et sociaux négatifs sur le monde entier. Après le lancement du plan de relance et les différentes mesures prises dans le cadre du Comité de veille économique, le ministère des Finances table sur un taux de croissance de 5,4%  en 2021 contre -5% au cours de cette année (Ph. L'Economiste)

■ Calendrier des réunions avec la Direction du budget: Sur la base des orientations de la lettre de cadrage, les dotations financières pour les secteurs ministériels ont été fixées. Elles portent sur les dépenses de matériels et d’investissement, détaillées de chaque département dans un document joint à la lettre de cadrage. Les ministres sont invités à adresser leurs propositions à la Direction du budget du ministère des Finances avant le 31 août au plus tard. Ce document comporte un calendrier des réunions avec le ministère des Finances pour arrêter la répartition définitive des enveloppes financières qui seront intégrées dans le PLF 2021. Le chef du gouvernement les a également invités à mettre à la disposition du département de Mohamed Benchaâboun, dans les plus brefs délais, les documents et les données nécessaires pour la préparation des rapports qui accompagneront le PLF.

■ Les prévisions économiques de 2021: Après le lancement du plan de relance et les différentes mesures prises dans le cadre du Comité de veille économique, le ministère des Finances table sur un taux de croissance de 5,4%  en 2021 contre -5% au cours de cette année. Il mise également sur un prix du gaz butane à 350 dollars la tonne, une campagne céréalière moyenne de l’ordre de 70 millions de quintaux.

■ L’économie nationale en récession: La préparation du PLF 21 intervient dans un contexte national et international marqué par la propagation du Covid-19 et ses impacts sanitaires, économiques et sociaux négatifs sur le monde entier. La récession mondiale est plus aiguë que la crise financière de 2008, particulièrement dans les économies des principaux pays de l’Union européenne, partenaires du Maroc. Elles enregistrent des records de chômage, accompagnés d’un grand recul du commerce international. Le Maroc n’a pas été épargné par les effets négatifs de cette crise, en plus de l’impact d’une année de sécheresse. Dans ces conditions, l’économie nationale enregistre, pour la première fois depuis la fin des années 90, une récession. Plusieurs secteurs ont été affectés, particulièrement ceux qui sont tournés vers l’exportation. Les équilibres macroéconomiques sont donc affectés, avec la hausse  du déficit budgétaire et du compte courant de la balance des paiements, selon la lettre de cadrage.

■ Rationalisation des dépenses: La lettre de cadrage insiste sur le respect des engagements du budget de l’Etat, pris dans le cadre du dialogue social, la mise en œuvre de la régionalisation et la poursuite de la subvention des produits de base. Il faudra accélérer la réalisation des projets dans différents secteurs, principalement la santé, l’enseignement, la formation professionnelle, l’INDH, la justice et la stratégie hydraulique. Vu le recul prévisible des ressources du budget général, les ministres doivent veiller à préparer leurs propositions au titre du PLF 21, conformément aux priorités fixées, avec l’engagement de rationaliser les dépenses. Il est à préciser que les orientations de la lettre de cadrage s’appliquent également aux propositions des SEGMA (Services gérés de manière autonome), des comptes spéciaux du Trésor et des établissements publics qui bénéficient de ressources ou des aides de l’Etat.

■ Les dépenses de fonctionnement surveillées: Il est impératif de limiter les demandes des besoins au strict minimum, de façon à garantir l’amélioration de la qualité des services aux citoyens. L’idée est également d’exploiter les possibilités relatives au redéploiement des postes budgétaires pour couvrir le déficit réel sur les plans spatial et sectoriel. Les dépenses de fonctionnement ne sont pas en reste. Il faut veiller à une rationalisation optimale, à travers notamment l’encouragement à utiliser les énergies renouvelables et les technologies en matière d’efficacité énergétique. Idem pour la réduction des dépenses de transport, des déplacements au Maroc et à l’étranger, les frais d’accueil, d’hôtellerie, des congrès, des conférences. En outre, il est question de limiter la subvention de fonctionnement aux établissements publics en vue de couvrir les dépenses du personnel et lier cette opération au niveau des ressources de leurs budgets.
Par ailleurs, le chef du gouvernement recommande à ses ministres de s’abstenir de programmer des dépenses pour l’achat et la location de véhicules, l’aménagement et l’équipement des locaux administratifs. Le régime sera appliqué aux études qui doivent baisser de 50%. La lettre de cadrage préconise le recours aux cadres et à l’expertise dont dispose l’administration.

■ Les dépenses d’investissement pour les projets en cours d’exécution: Sur ce chapitre, il s’agit de donner la priorité à la consolidation des engagements concernant les projets en cours de réalisation, particulièrement ceux ayant fait l’objet de conventions nationales ou internationales, signées devant SM le Roi ou conclues avec des organismes internationaux ou des pays donateurs.

■ Recours aux financements innovants: La lettre de cadrage conseille le recours aux financements innovants à travers l’activation du nouveau dispositif du PPP. Dans ce cadre, la fixation des dépenses d’investissement dépendra de l’engagement du secteur ou de l’entité à opérationnaliser ce nouveau mécanisme de financement.

■ Assiette foncière apurée: Le document est catégorique: il est hors de question de programmer un nouveau projet si son assiette foncière n’est pas préalablement apurée. Et cela, dans le respect des dispositions juridiques et réglementaires concernant l’expropriation des terrains pour l’intérêt public.

                                                                               

■ Plus de 22,4 milliards de DH en aides financières aux familles

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En raison de la perspicacité du Souverain, le Maroc a pris des décisions rapides et proactives ayant permis de maîtriser la situation sanitaire et de renforcer la résilience de l’entreprise. Les hôpitaux civils et militaires ont été équipés en matériels et dispositifs médicaux nécessaires. Des aides financières ont été apportées à près de 70% des familles opérant dans les secteurs organisés et dans l’informel, avec une enveloppe de 22,4 milliards de DH. A cela s’ajoute l’allègement des charges des TPE et des PME. Il a été question de leur faciliter l’accès au financement à travers la garantie de près de 17,5 milliards de DH de prêts, accordés à plus de 48.000 entreprises. Ce qui a permis de minimiser l’impact de la crise sur la situation sociale des millions de familles marocaines et de réduire la gravité de la récession de l’économie nationale.

                                                                               

■ Un modèle social plus intégré

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Si cette crise a confirmé la solidité des liens sociaux et le sentiment de solidarité entre les Marocains, elle a révélé un ensemble de faiblesses, particulièrement dans le domaine social. Elle a montré le poids du secteur informel, la faiblesse du système de protection sociale, particulièrement pour les catégories les plus vulnérables. Idem pour la dépendance de nombreux secteurs des changements extérieurs. «C’est pour cette raison qu’il s’agit de transformer cette étape en opportunités pour remettre de l’ordre dans les priorités et construire les fondamentaux d’une économie forte et compétitive, avec un modèle social plus intégré. Dans ce cadre, le gouvernement et les différents opérateurs sont invités à se concentrer sur les défis et les priorités qu’impose l’étape actuelle», avait souligné le Souverain dans son dernier discours.

Mohamed CHAOUI

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