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Economie

Covid-19: Les villes contaminées intriguent les autorités

Par Jihad RIZK | Edition N°:5821 Le 11/08/2020 | Partager
A Fès, Tanger, Marrakech, Casablanca… le virus court toujours
L’Intérieur et la Santé appelés à agir pour éviter une situation dramatique
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Que valent les décisions si elles ne sont pas mises en œuvre sur le terrain? Le respect du port obligatoire du masque, la distanciation sociale et le lavage régulier des mains, sont notre seule arme contre le virus contagieux. Pourtant les gens ne les respectent pas…comme ici un pickup qui transporte des ouvriers sur la route nationale n°6 reliant Fès et Meknès (Ph. JR)

Les visioconférences chapeautées par Abdelouafi Laftit se multiplient en vue de prendre des décisions à effet immédiat ayant pour but de «cerner le Covid-19». La dernière en date a été initiée hier matin. Le ministre de l’Intérieur, comme le Chef du gouvernement, sait bien que «la situation épidémiologique connaît, ces derniers jours, des évolutions inquiétantes en termes de propagation de l’épidémie, de nombre de décès et de personnes dans les services de soins intensifs et de réanimation».

Le nombre des cas compliqués a atteint dimanche 119 personnes, contre seulement 19 auparavant. A noter qu’une vingtaine de patients sont intubés et ventilés dans les différents centres de traitement du Royaume. Au CHU Hassan II de Fès, à titre d’exemple, quatre services de réanimation accueillent désormais des malades souffrants. L

e professeur Nabil Kanjaa chef du service Réa au CHU de Fès pourrait en dire long sur «une situation éprouvante… qui n’est pas sans séquelles et sans souffrance pour les malades et le personnel médical». Celui-ci paie les frais du relâchement et du laxisme de la population qui croyait que le virus était «fini», alors que le Maroc vit actuellement sa vraie première vague du Sars-Cov-2. Dans des quartiers populaires, comme à Sahb El Ouard à Fès, un médecin généraliste affirme que «75% des patients qu’il reçoit en consultation présentent des symptômes du Covid-19».

Ailleurs, dans une clinique située sur la route d’Imouzzer, quartier huppé de la ville de Fès, les cas symptomatiques sont de plus en plus nombreux. Le traitement prescrit est celui du Covid-19. A l’hôpital Ibn Al Baytar, le personnel est submergé par les demandes du test au point qu’il ne peut plus y répondre, et même après plusieurs jours d’attente.

«Nous avons des cas symptomatiques parmi nos ouvriers, à qui on a clairement précisé que l’hôpital ne fait plus de test», déplore un textilien. Même son de cloche auprès d’un médecin du CHU qui regrette «la contamination de son foyer familial (le couple, 2 enfants de 3 et 7 ans, les parents et le frère)».

«J’ai demandé des tests de dépistage depuis 4 jours… mais en vain. Mon mari fait une fièvre depuis 11 jours, mais je ne trouve pas d’interlocuteur», martèle ce médecin, gorge sèche et larmes aux yeux. «Pour éviter de contaminer de pauvres gens, je refuse de lui faire un scanner dans une clinique privée», renchérit-elle décrivant «une situation dramatique».

En outre, un appel est lancé aux médecins du privé, les laboratoires aussi, pour faire «officiellement» face à la lutte contre la propagation du Covid-19. «Il faut s’équiper, préparer les circuits Covid, dépister, traiter les patients et appuyer l’Etat dans ses efforts contre ce virus», estime un médecin. D’ailleurs, certains laboratoires attendent leur sésame pour démarrer les tests à Fès.

A Marrakech, Tanger et Casablanca, les contaminations repartent également à la hausse. Dans la ville du détroit, on se prépare, avec beaucoup de vigilance, à la reprise des activités manufacturières prévue le 12 août 2020. Toutefois, les tests se poursuivent normalement selon le nouveau protocole retenu par le département de Khalid Aït Taleb.

Pour sa part, le CHU de Marrakech est entièrement dédié au Covid. Il faut dire que le nombre des nouveaux cas a bondi ces derniers jours. Même tempo à Casablanca, cœur battant de l’économie nationale. Une augmentation qui fait craindre une vague beaucoup plus virulente durant l’automne.

«Car, si la situation n’est pas maîtrisée dans les plus brefs délais, nous compterions des contaminations quotidiennes par milliers durant la vraie saison grippale», alerte un fin connaisseur de notre système de santé pour qui «un pilotage avec un vrai leadership et des actions correctives s’imposent dans l’immédiat». «Autrement, nous aurions perdu cette bataille malgré les moyens que l’Etat lui a réservé et nous continuerons de déplorer nos morts», conclut-il.

Port du masque

Il est des provinces où l’instauration des mesures sanitaires est respectée à la lettre. «C’est le cas d’Ifrane où le non respect du port obligatoire du masque est verbalisé», constate L’Economiste. Aussi, l’accès à la ville se fait forcément avec une autorisation. «On ne badine pas avec la vie des gens», témoigne un haut responsable de la province. Pour lui, il faut soutenir les efforts déployés pour contrer la propagation de la pandémie. «La responsabilité est à la fois individuelle et collective et chacun de nous doit contribuer positivement à la lutte contre cette pandémie, en adhérant aux mesures préventives et en adoptant un comportement responsable», conclut-il.

Jihad RIZK

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