×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Un demi-million d'emplois perdus

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5820 Le 10/08/2020 | Partager
Effet combiné de la pandémie et de la sécheresse
BTP, services et industrie, les grandes victimes des fermetures

C’est catastrophique! En un trimestre, le pays a perdu près de 589.000 emplois. La période correspond, bien évidemment, à l’état d’urgence et au plein confinement dictés par la pandémie de la Covid-19. Le phénomène est d’autant plus inquiétant que la création annuelle moyenne s’établissait à 64.000 postes au cours des 3 dernières années. Mais la destruction des emplois a touché beaucoup plus le monde rural que le milieu urbain: 520.000 contre 69.000 postes. C’est dire que l’impact de la sécheresse a été plus néfaste que celui de la pandémie.

emplois-020.jpg

Le nombre moyen d'heures travaillées par semaine et par personne est passé de 45 à 22. Il a nettement reculé dans le BTP, en passant de 47 à 14 heures et dans l’industrie y compris l’artisanat, de 48 à 19 heures. C’est dire l’effet du chômage partiel

Dans le monde rural, les deux derniers mois du 2e trimestre correspondent en effet aux activités liées à la céréaliculture. Or, la filière qui se distingue par son importance socioéconomique a enregistré un effondrement de sa production à 30 millions de quintaux. Et certaines régions n’ont même pas procédé aux moissons.

C’est le premier enseignement à tirer des chiffres du HCP. Ces derniers se basent sur un échantillonnage de 60.000 ménages dont le tiers relève du monde rural. La méthode tient à l’enquête menée par le système de collecte assistée par ordinateur. Le tout, effectué par le personnel régional de l’institution.

Selon le HCP, le secteur primaire (agriculture et pêche) aurait perdu 477.000 emplois au 2e trimestre. Il est suivi par l’industrie y compris l’artisanat (69.000), les services (30.000) et le BTP: 9.000 postes. Ces trois derniers secteurs ayant enregistré des arrêts définitifs ou temporaires. Au total, plus de 900.000 personnes auraient été touchées. Mais le vrai chiffre ne sera connu qu’à la fin du troisième trimestre.

En termes d’heures travaillées par semaine et par personne, le rythme s’est effondré de moitié. (Voir infographie ci-contre). Selon l’estimation du HCP,    265 millions d’heures de travail par semaine ont été perdues par rapport au deuxième trimestre de 2019, ce qui équivaut à 5,5 millions d’emplois à temps plein. Ce plongeon de 53% au niveau national a touché tous les secteurs, le BTP (71%), l’industrie y compris l’artisanat (63%), les services (54%) et le secteur primaire (41%).

La baisse relative de la durée de travail dans le secteur du BTP a concerné près de 730.000 emplois en temps plein. Le nombre d’heures par semaine ayant passé de  49 à 14 millions. L’industrie y compris l’artisanat vient en deuxième position représentant une perte de 40 millions d’heures par semaine ou 833.000 emplois.
Pour les services, les pertes ont cumulé près de 2,7 millions d’emplois alors que celles de l’agriculture se chiffrent à 1,25 million d’emplois à temps plein.

Selon le HCP, près des deux tiers des personnes employées ont moins travaillé que d’habitude durant le 2e trimestre. En moyenne, les actifs occupés ont travaillé  22 heures par semaine contre 46 habituellement. Le volume global concerne 6,6 millions de personnes. La part des actifs occupés ayant travaillé moins d'heures a atteint 82,5% dans le secteur du BTP, 69,3% dans l’industrie y compris l’artisanat, 66,8% dans les services et 48,1% dans le secteur primaire. 

Pour le moment, le taux de chômage a grimpé de plus de 4 points de pourcentage en s’affichant à 12,3% au niveau national. Dans le milieu urbain, il a atteint 15,6% contre 11,7% à la même période de 2019. Alors qu’il a plus que doublé dans le monde rural: 7,2% contre 3%. Et de manière générale, le chômage reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (33,4%), les diplômés (18,2%) et les femmes (15,6%). Avec une hausse de près d’un demi-million de personnes (496.000), le volume de chômage au niveau national a atteint 1,477 million de personnes.

De son côté, le volume du sous-emploi s’est aggravé à près de 1,36 million de personnes, avec à la clé un taux de progression de 13% par rapport au 2e trimestre 2019. Bien évidemment, la proportion est plus forte en milieu urbain: 14,1%.

Sur un autre chapitre, la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 957.000 personnes, avec un taux de 9,1%. Celle en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 402.000 personnes (3,8%).

                                                                                

Cinq régions concentrent les 2/3 de l’emploi… et du chômage

emplois-2-020.jpg

Cinq régions abritent 72,6% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. Casablanca-Settat vient en première position avec 22,3% d’actifs. Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,7%), de Marrakech-Safi (13,6%), de Fès-Meknès (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (11,4%).Trois parmi ces régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (44,8%). Il s’agit de  Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avec 48,3%, Casablanca-Settat (47,5%) et Marrakech-Safi (47,2%).

A l’exception de l’Oriental, les mêmes régions se placent en pole position en ce qui concerne le chômage. Casablanca-Settat occupant le premier rang avec 22,9% de chômeurs. Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,1%), de l’Oriental (13,1%), de Fès-Meknès (12,1%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (8,1%).

Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (25,2%) et de l’Oriental (24,6%). Avec moins d’acuité, quatre autres régions dépassent la moyenne nationale (12,3%) à savoir Souss-Massa (12,9%), Fès-Meknès (12,9%), Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et Casablanca-Settat (12,7%).

A.G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc