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Economie

Tourisme: Les oubliés du contrat-programme

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5820 Le 10/08/2020 | Partager
Les restaurateurs classés, les promoteurs de l’animation et les loueurs de voitures
Les professionnels espèrent un avenant de rattrapage
La mise en œuvre de ce programme, au cœur des préoccupations
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La feuille de route du tourisme a laissé des filières à l’écart comme les sociétés d’animation qui composent l’écosystème touristique (Ph. Ciel d’Afrique)

Victoire en demi-teinte. Certes, le contrat-programme du tourisme conclu entre les professionnels du secteur et l’Etat soulage les comptes d’exploitation des professionnels avec le soutien aux salariés, il y manque en revanche quelques mesures sollicitées par les professionnels pour la relance du secteur.

Elles devraient être en principe négociées en septembre prochain. Parmi ces mesures manquantes selon les professionnels, celles qui concernent la préservation des fonds propres, ainsi que des signaux pour les crédits d’investissements pour 2020 et 2021, estime un opérateur touristique.

Par ailleurs, la feuille de route a laissé des filières à l’écart. En effet, le contrat-programme a limité l’indemnité de 2.000 DH uniquement aux établissements d’hébergement classés, aux voyagistes, aux transporteurs touristiques et aux guides alors que le tourisme est un écosystème plus large.

«Pourquoi exclure des activités  comme l’animation touristique, les restaurants classés, les bazars, les loueurs de voitures qui contribuent aux recettes du secteur et aux emplois et au drainage des investissements», s’interroge un expert. Pourtant, la vision 2010, convention cadre et solennelle du tourisme, avait défini les entreprises touristiques. Il s’agit des établissements d’hébergement classés, des voyagistes, des agences de location, des restaurateurs et des aménageurs touristiques.

Les pouvoirs publics et signataires du contrat-programme ont vu les choses autrement. Ainsi, pour les restaurateurs, c’est le ministère des Finances qui aurait écarté cette filière dans la mesure où ces restaurants ont repris leur activité il y a quelques semaines. Sauf que chez les restaurateurs, il y a plusieurs catégories et parmi elles, les 800 restaurants touristiques classés et répertoriés par le ministère du Tourisme et dont les clients sont à 90% des touristes internationaux.

La Confédération nationale du tourisme (CNT) ne baisse pas les bras et continue de négocier avec la tutelle  pour trouver une solution à cette catégorie, espère Faouzi Zemrani, vice-président de la CNT. Rappelons que les restaurateurs peuvent tout de même bénéficier des crédits particuliers élaborés pour le tourisme, le Damane Relance et le Damane TPE.

Autre filière exclue du contrat-programme pour le tourisme, les loueurs de voitures, qui techniquement dépendent du ministère du Transport (voir encadré).  La feuille de route du sauvetage du tourisme n’a pas non plus prévu d’aide directe pour la filière d’animation qui est très importante pour le développement d’une destination. Ainsi, les promoteurs des musées, des parcs sportifs devraient s’adresser à leur ministère de tutelle. Cette exclusion a surpris plus d’un à Marrakech. Daniel Penet, patron de Ciel d’Afrique, société de montgolfière à Marrakech, indique que son activité - qui dépend du ministère du Tourisme - ainsi que de 4 autres sociétés concurrentes emploie plus de 100 personnes.

«C’est peut-être une question de représentativité. Les instances qui ont négocié ce contrat  se sont focalisés sur les hôteliers», regrette Penet. Optimistes, certains professionnels espèrent un rattrapage pour les filières écartées. «Il faut penser en urgence à imaginer des avenants au contrat-programme pour les métiers qui sont incontournables dans la chaîne de valeur touristique», recommande Othmane Chérif Alami, opérateur touristique et président du CRT de Casablanca.

«La CNT a réussi à décrocher un contrat-programme solide qui, grâce à un engagement financier de l’Etat, soulage les professionnels. Mais il ne faut surtout pas louper son déploiement en créant rapidement un comité de suivi et de pilotage au niveau du privé pour défendre le secteur», insiste-t-il.

Contradiction

Curieux!  Les agences de location ont été écartées du contrat-programme alors que les transporteurs touristiques sont soutenus. Les deux filières dépendent du ministère du Transport et sont pourtant des acteurs essentiels pour le tourisme. Les loueurs de voiture travaillent essentiellement avec le touriste et les MRE et à chaque fois que les arrivées chutent, le chiffre d’affaires de la location de voiture aussi. «Les touristes et les MRE constituent près de 80% de la clientèle du secteur», indique un loueur de Marrakech. Il faut dire aussi que l’activité est en surcapacité. Le nombre de sociétés de location de voiture a dépassé les 6.000 agences. Ce qui est anormal pour un marché comme le Maroc et traduit la facilité avec laquelle le ministère du Transport accorde les décisions d’exercer (agréments).

Badra BERRISSOULE

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