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Economie

Contrat-programme-Tourisme: Les aides arrivent!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5819 Le 07/08/2020 | Partager
Des crédits spéciaux, Damane Relance pour l’hôtellerie, les transporteurs et les voyagistes
Un soutien aux salaires de 2.000 DH jusqu’à fin décembre
Les détails du contrat-programme tourisme signé entre l’Etat et les professionnels

 

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Trois ministres au chevet du tourisme, Mohamed Amekraz (à dr.), Mohamed Benchaâboun (au centre), Nadia Fettah Alaoui, respectivement ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, des Finances et du Tourisme ont conclu hier un contrat-programme avec le secteur du tourisme représenté par Abdellatif Kabbaj (à g.), président de la Confédération nationale du tourisme (Ph Ministère du tourisme)

Après plusieurs dates annoncées et puis reportées, le contrat-programme (CP) pour le tourisme vient d’être enfin acté. Il a fallu plus d’un mois et demi et plusieurs allers et retours entre le ministère du Tourisme et les professionnels pour que cette feuille de route soit finalement paraphée en présence des ministres des Finances, du Tourisme, du Travail et de l’Insertion professionnelle, la Confédération nationale du tourisme (CNT) et le GPBM hier jeudi 6 août afin de soutenir le secteur du tourisme. Ce retard pour la signature inquiète certains professionnels qui craignent le même scénario pour la mise en œuvre du dispositif. Dans tous les cas, le ministère des Finances a promis des mesures immédiates (Voir notre édition n°5817 du 5 août 2020). 
Très impacté par les conséquences de la crise sanitaire, le tourisme figure parmi les secteurs les plus fragilisés et sera le dernier à reprendre, estiment des professionnels. Les projections du FMI, publiées dans un récent rapport, le confirment: le Maroc figure parmi les pays les plus impactés sur le plan touristique et les pertes sèches liées à la crise tourneraient à moins de 4% du PIB. «Les impacts sur le tourisme pourraient persister dans une certaine mesure en 2021 et au-delà», souligne aussi le FMI. D’où ce contrat-programme pour aider les professionnels à redémarrer la machine pour le reste de l’année conçu autour de 3 axes: le maintien des emplois et la préservation du tissu économique, la stimulation de la demande et la transformation structurelle du secteur. «Le secteur a été anéanti et nous apprécions l’accompagnement de l’Etat. Maintenant, nous avons besoin surtout de date d’ouverture d’aérien pour recommencer à travailler», souligne Abdellatif Kabbaj, président de la CNT.

Amnistie sur la TPT

Sur le plan fiscal, le contrat-programme prévoit plusieurs dispositifs qui feront l’objet d’une convention parallèle. Ces dispositifs comprennent entre autres une amnistie sur la Taxe de promotion touristique pour 2020 et les années précédentes ainsi que la refonte, simplification et amélioration du dispositif fiscal global lié au secteur du tourisme en concertation avec les parties concernées avec une entrée en vigueur à partir de 2021. Le secteur du tourisme s’engage de son côté au maintien d’un niveau supérieur ou égal à 80% des emplois stables par rapport à la déclaration CNSS du mois de février 2020 et revenir à un niveau supérieur ou égal à 60% des intérimaires au plus tard au 31 décembre 2020. Il s’engage également à télédéclarer les nuitées réalisées conformément à la réglementation en vigueur et la transparence sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Le dispositif d’aide de l’Etat qui comprend 21 mesures est censé répondre à la préservation du tissu économique et de l’emploi, l’accélération de la phase de démarrage du secteur. Dans le détail, le contrat-programme comprend plusieurs parties. La plus attendue concerne le financement.  Le contrat-programme va déployer des mécanismes de financement des entreprises touristiques solvables avant la crise. Ainsi, il est prévu un moratoire jusqu’au 31 décembre sur les crédits et le leasing pour les entreprises et les salariés. Le CP comprend également des crédits au secteur garantis par l’Etat, un Damane Relance pour les PME/TPE dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions de DH et Damane Relance hôtellerie, un crédit spécial hôtellerie à un taux d’intérêt de 3,5%. Dans cette partie, il est également prévu une indemnité forfaitaire de 2.000 DH pour chaque salarié du secteur (hôteliers, transporteur touristique et voyagiste) sous condition du maintien de 80% des salariés. 
L’employeur, lui, va garantir le reste du salaire et s’engage sur l’accès à la couverture sociale pour l’ensemble des employés. Les guides vont aussi bénéficier d’une aide de 2.000 DH à condition qu’ils se conforment à la législation en vigueur. Cette disposition est très bien accueillie par les professionnels qui souhaitent le maintien de ce soutien jusqu’à fin 2021, vu le retard pour la mise en place de ce contrat-programme et le manque de visibilité sur le plan aérien. «Chaque jour de retard rend la reprise plus difficile», note Faouzi Zemrani, vice-président de la CNT. 
Pour Othman Cherif Alami, opérateur et président du CRT de Casablanca, c’est un bon début, mais attention aux modalités de déploiement, alerte-t-il. Les professionnels ont été échaudés par plusieurs programmes qui n’ont pas abouti comme le Renovotel. «Mais la plus importante des mesures et qui a son poids dans la relance du tourisme, est une date pour la réouverture de l’aérien», insiste Cherif Alami. Autre recommandation des opérateurs, le report officiel et écrit de la revalorisation du Smig pour le tourisme. «Ce report est légitime pour un secteur comme le tourisme qui est au plus bas et aura du mal à reprendre avant avril 2021».

L’aérien, la grande interrogation

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Les opérateurs demandent de la visibilité sur l’ouverture des frontières. «Tant que n’avons pas de visibilité à ce niveau, le secteur va rester sinistré,  insiste un opérateur de Marrakech. «Nous sommes en train de rater l’année 2021 et tous les concurrents ont pris de l’avance en s’engageant sur des ouvertures de frontières en fin juin ou début de juillet. Résultat des courses, les TO et les avions vont programmer ces destinations au détriment du Maroc». La particularité de cette crise est justement la partie aérienne et la fermeture des frontières. De ce fait, et même lorsque le ciel sera rouvert, les mécanismes seront beaucoup plus lents et les compagnies aériennes reprendront leurs vols d’une manière progressive. «Le tourisme est basé sur deux éléments: la capacité d’hébergement et l’aérien. Sans ce dernier, nous ne pourrons pas parler de relance», insiste Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme.

 

Badra BERRISSOULE

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