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Entreprises

L’événementiel au bord du dépôt de bilan

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5818 Le 06/08/2020 | Partager
Arrêt d’activité, chiffre d’affaires en chute libre, manque de nomenclature…
Plus de 190.000 emplois directs et indirects seraient menacés

Agences et prestataires de l’industrie de l’événementiel n’arrivent plus à se maintenir et veulent baisser le rideau. «Les agences conseil en événementiel, organisateurs délégués d’événements, prestataires techniques, loueurs de salles, traiteurs, freelances, subissent lourdement la crise. Les autres, comme les hôtels, loueurs de voitures, transporteurs, artisans ont vu leur chiffre d’affaires sur le créneau chuter jusqu’à 90%», soutient d’emblée Aziz Bouslamti, président du Groupement professionnel des prestataires de l'événementiel au Maroc (GPPEM). Il affirme que les préoccupations des opérateurs durant les mois de mars, avril et mai, étaient de payer les fournisseurs et honorer les salaires de leurs employés. Or, depuis juin, leur trésorerie ne le permet plus. D’où l’urgence de trouver aujourd’hui des solutions pour maintenir le maximum de salariés et éviter des faillites. Rappelons que les premières annulations d’événement remontent à fin février. «A l’opposé des rencontres avec différentes autorités, restées sans suite, nous espérons recevoir un signal fort qui nous permettrait d’entrevoir une lueur d’espoir», déclare Bouslamti. Tant que les rassemblements de plus de 20 personnes seront interdits, le secteur sera à l’arrêt et la reprise normale des activités ne saurait être envisageable. Selon le dirigeant, l'activité connaît des licenciements depuis mai. Des dépôts de bilan sont annoncés.
Pour la relance, les opérateurs souhaitent voir le secteur bénéficier de mesures spécifiques, mais aussi d’accompagnement pour permettre aux plus fragiles de limiter les dégâts. Cependant, l’industrie souffre d’un manque de nomenclature claire et d’une classification, sans lesquels les opérateurs sont difficilement identifiables pour bénéficier d’aides adéquats. La consultation du registre de commerce des opérateurs du secteur mentionne souvent «Agence de publicité», alors que l’écosystème regroupe 5 secteurs, plus de 30 métiers. Ceux-ci vont de l’agence conseil à la production de tissus, de moquettes ou de structures en aluminium. Le GPPEM a adressé au chef du gouvernement une demande pour la création d’une nomenclature, mais il faudra attendre plusieurs mois pour sa finalisation. L’enjeu est de mieux structurer et classifier les opérateurs. Par ailleurs, si nous prenons l’exemple de pays dont l’industrie de l’événementiel est similaire à celle du Maroc, le secteur est affilié au ministère de l’Industrie, car il a fallu structurer tout un écosystème qui permet d’organiser des événements de tous genres: institutionnels, promotionnels, commerciaux, sportifs, culturels…
En attendant la reprise des activités, le GPPEM travaille depuis début mars sur un ensemble de livrable pour le secteur. D’abord une fiche métier de l’écosystème. Ensuite un plan de relance, qui a été pris en considération par la CGEM. Enfin, un guide de relance qui a été remis à ses adhérents, aux autorités et institutions. Le bureau du GPPEM a aussi travaillé sur une proposition de protocole sanitaire dédié à l’événementiel, en collaboration avec Bureau Veritas, le ministère de l’Industrie et Imanor. «Nous comptons le présenter incessamment au ministère de l’Intérieur, afin qu’il le finalise et ainsi permettre la reprise des activités, comme ce fut le cas pour l’industrie, le commerce et l’hôtellerie», annonce la direction du GPPEM.

Le secteur en chiffres

Les opérateurs de l’écosystème, majoritairement des PME et des TPE, vivent grâce aux événements qui se déroulent tout au long de l’année. L’industrie de l’événementiel a développé en 25 ans un écosystème qui regroupe 5 secteurs, plus de 30 métiers exercés par plus de 5.000 opérateurs, générant plus de 190.000 emplois directs et indirects. Représentant majeur de l’écosystème, le GPPEM revendique environ 75% du chiffre d’affaires du secteur. Selon la fiche métier de l’organisation, l’industrie participe à hauteur de 5% au PIB, avec un chiffre d’affaires estimé à 38 milliards de DH, dont 11,4 milliards d’apports en devises.

Modeste KOUAME

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