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Economie

Aéronautique : Les écosystèmes secoués par la crise

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5817 Le 05/08/2020 | Partager
Réduction du taux d’occupation, reports et annulations de commandes, ajustement des effectifs…
L’industrie marocaine affiche entre 40 et 50% de baisse de charge

 

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L’industrie aéronautique marocaine affiche globalement entre 40 et 50% de baisse de charge suite à l’effondrement de la demande d’avions neufs et aux annulations de commandes (Ph. Airbus)

Dire que l’arrêt brutal de l’activité des compagnies aériennes impacte directement la chaîne de valeur de l’industrie aéronautique marocaine est un euphémisme. Après une phase d’adaptation aux mesures de sécurité sanitaire, les donneurs d’ordre et leurs sous-traitants font face à une vague d’annulations et de reports de commandes. Le secteur subit chaque semaine des reports de commandes à horizon 2021-2022. 
La crise pousse les opérateurs à ajuster leurs effectifs en fonction de la charge. Mais selon Karim Cheikh, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas): «Il est prématuré de donner un chiffrage précis quant aux ajustements des effectifs cadres et non cadres». L’industrie aéronautique marocaine affiche globalement entre 40 et 50% de baisse de charge suite à l’effondrement de la demande d’avions neufs et aux annulations de commandes. 
Opérant dans une configuration de supply chain mondialisée, plusieurs acteurs majeurs de l’aéronautique au Maroc subissent directement ou indirectement les perturbations causées par la pandémie de Covid-19. A titre d’exemple, les constructeurs Airbus et Boeing ont été contraints à une baisse des cadences de production. «Avec la fermeture du ciel, l’écosystème MRO (Maintenance, Repair, Overhaul) a été le premier à être touché, que ce soit pour les vols techniques, les aéroports, les fournisseurs de pièces de rechanges ou encore les organismes de maintenance. L’impact a été limité grâce au soutien du ministère de l’Industrie, qui a permis d’accueillir des avions pour la maintenance», souligne Karim Cheikh. L’écosystème d’ingénierie, qui compte des petites et moyennes structures, a également été fragilisé par l’arrêt des programmes d’ingénierie des donneurs d’ordre internationaux. L’intensité de la crise économique s’est traduite par une révision des carnets de commandes des avionneurs, auxquels les industriels doivent s’adapter. Ce qui engendre une réduction temporaire du taux d’occupation de la capacité installée au Maroc. Le Gimas a, pour rappel, annoncé en mai dernier que les perturbations pourraient réduire le taux d’occupation de la capacité installée de 30 voire 50% pour le MRO et l’ingénierie.
Selon le président du Gimas, le Maroc a montré pendant cette crise sanitaire une agilité et une résilience exemplaires. La plateforme aéronautique locale fait partie des rares à être restée en activité pendant la crise. 

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Aujourd’hui encore, les industriels se battent au quotidien pour maintenir un maximum d’emploi et d’activité: «C’est parce que nous croyons en notre agilité et en notre résilience que nous ne sommes ni pessimistes ni inquiets. Mais nous restons lucides. Aujourd’hui, nous nous focalisons sur deux principaux volets: comment maintenir notre capital humain et les emplois et comment accompagner nos industriels afin qu’ils puissent faire face à cette crise qui semble durer malheureusement». Pour Karim Cheikh, l’enjeu est de sauver la base aéronautique marocaine et anticiper les actions à mener en parallèle en vue de profiter des opportunités business de la crise mondiale.

Reconfiguration de la chaîne de valeur

A l’ère du coronavirus, la chaîne de valeur aéronautique mondiale connaît une rupture et un changement de paradigme impliquant la reconfiguration d’un modèle mondialisé à un modèle qui deviendra régional. Pour le président du Gimas, la redistribution des cartes présente une réelle opportunité pour le Maroc et lui permettra de se positionner comme partenaire des plateformes européenne et américaine. «Nous irons chercher les opportunités là où elles seront. Ceci nous permettra de reprendre rapidement et de sortir gagnant de cette crise», soutient Karim Cheikh. Pour absorber les effets de la crise, les équipes du ministère de l’Industrie, l’Amdie, Maroc PME et le Gimas restent mobilisés, en ayant comme objectifs principaux la sauvegarde du volet social et économique, mais aussi de mettre à profit la redistribution des cartes en vue d’aller à la conquête de nouveaux marchés.

Modeste KOUAME

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