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Hausse du Smig : Le patronat laisse le «choix» à ses adhérents

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Il encourage les secteurs non impactés à l’appliquer
Ceux en difficulté pourraient «reporter» la revalorisation
L’UMT appelle au respect strict de la loi
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C’est un acte jugé «audacieux» de la part de la CGEM. Après un mois de tergiversation sur le report ou non de la hausse du Smig, elle a pris les devants et recommandé une application situationnelle de l'augmentation du Smig. La confédération patronale a adressé un courrier dans ce sens à ses membres. «J’encourage les entreprises des secteurs non impactés par la crise à appliquer la seconde hausse du Smig. Les entreprises opérant dans les secteurs actuellement en difficulté sont, quant à elles, appelées à favoriser le maintien de l’emploi, notamment en reportant l’augmentation», souligne Chakib Alj, président de la CGEM dans un courrier adressé lundi 27 juillet aux adhérents de la CGEM. 
Une recommandation qui a surpris en particulier les organisations syndicales. Surtout que les deux réunions tenues jusque-là n’ont abouti à aucune décision. «L’application de la loi doit s’effectuer de manière stricte. Le ministère du Travail doit agir pour la faire respecter. La CGEM n’est pas le législateur», déclare à L’Economiste Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT.  Il s’interroge sur les critères «qui permettront de définir la notion de difficulté».  

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Selon l'enquête HCP, 89% des entreprises étaient en arrêt début avril. L’hébergement et la restauration  figurent parmi les secteurs les plus touchés par la crise. Viennent ensuite  les industries textile et  cuir ainsi que  les industries métalliques et mécaniques

Deux logiques sont en confrontation. Celle du patronat pour lequel une hausse du Smig, en temps de crise, conduirait à des pertes d’emplois et celle des syndicats qui tiennent à l’amélioration des revenus de tous les salariés sans exception. «La revalorisation du Smig est le résultat d’un accord contraignant pour tout le monde. Nous allons bientôt arrêter la liste des secteurs en difficultés et pour lesquels des mesures de soutien seront mises en place», soutient Mohamed Amekraz, ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle. 
Mais pour le patron des patrons, l’ultime priorité n’est autre que la préservation de l’emploi: «dans les secteurs en difficulté, cette hausse aura une forte incidence sur l’emploi et rendra le secteur informel plus attractif. Or notre responsabilité à tous est de protéger nos salariés en maintenant leurs postes et de réussir la relance souhaitée pour notre économie». 
L'enquête du Haut commissariat au plan  sur les effets du Covid-19 sur l’activité des entreprises a relevé que début avril près de 142.000 entreprises  (57% de l’ensemble des entreprises), ont déclaré avoir arrêté définitivement ou temporairement leurs activités. Sur ce total, plus de 135.000 ont dû suspendre temporairement leurs activités tandis que 6.300 ont cessé leurs activités de manière définitive. Et seuls 350.000 salariés ont rejoint leurs postes  sur les 950.000 qui étaient en arrêt temporaire d'activité. 
Décidée dans le cadre du dialogue social, l’augmentation du Smig prévue dans l’accord du 25 avril 2019 devait intervenir en deux temps: la première est entrée en vigueur en juillet 2019 et la seconde doit s’appliquer ce mois de juillet. «En l’absence d’un accord tripartite entre le gouvernement, les syndicats et la CGEM, il est puéril de reporter cette revalorisation», déclare à L’Economiste un juriste. Pour lui, les entreprises pourraient s’exposer à des redressements de la part des inspecteurs du travail et même se retrouver face à des contentieux sociaux. o

Khadija MASMOUDI

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