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Economie

Exécution de la loi de finances: Les derniers chiffres

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5811 Le 24/07/2020 | Partager
Benchaâboun dresse le bilan devant les deux Commissions des finances
BAM a rattrapé les problèmes de liquidités des banques
Amélioration des conditions de financement

En assistant à la réunion pour la présentation par Mohamed Benchaâboun de l’exécution de la loi de finances pour les 6 premiers mois et les prévisions d’ici la fin de l’année, Habib El Malki et Hakim Benchamach ont voulu lui donner un caractère solennel. Après les deux Commissions des finances réunies, chaque commission devra programmer une rencontre avec le ministre pour organiser le débat. En attendant, les points phares de son exposé sont les suivants:

■ Trois chocs simultanés: Le ministre ne pouvait pas ignorer le contexte international, avec une crise exceptionnelle cette année, qui n’avait pas de semblable au cours du siècle passé. Celle-ci va provoquer une récession de l’économie mondiale, sans comparaison avec celle de 2008. C’est ainsi que l’économie mondiale subira trois chocs dont le premier, externe, est en relation avec nos partenaires européens. Localement, elle aura un impact sur les secteurs et les activités orientés vers l’extérieur. Le deuxième choc est interne. Il résulte des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire qui ont abouti à l’arrêt provisoire des activités orientées vers le marché intérieur. Le 3e choc est de moindre intensité. Il est dû à la succession de deux années successives de sécheresse.

■ Récession de l’économie marocaine: Il est attendu que l’économie marocaine enregistre une récession pour la première fois depuis la fin des années 90. Dans le même temps, les équilibres macroéconomiques seront profondément impactés, particulièrement avec la hausse du déficit budgétaire et celui du compte courant de la balance des paiements.

■ Les conditions de financement améliorées: En dépit du contexte difficile, les crédits bancaires ont augmenté de 19,7 milliards de DH au cours des 5 premiers mois de cette année, sans prendre en compte les prêts à caractère financier, a indiqué Mohamed Benchaâboun. Selon lui, l’amélioration des conditions de financement s’explique également par la stabilité des taux d’intérêt à des niveaux bas, en dépit du déficit des trésoreries. En outre, il est attendu que les banques assouplissent les conditions de financement de l’économie, suite à la baisse du coût du refinancement auprès de Bank Al-Maghrib. Ce qui aura un impact positif sur l’accès des PME au financement et par conséquent, sur l’accélération de la dynamique économique, la promotion des investissements et la création des postes d’emploi, a-t-il noté.  

■ Déficit des liquidités des banques, rattrapé par BAM: Des tensions ont émergé au niveau des liquidités bancaires au début de la pandémie. Des retraits des dépôts bancaires inhabituels ont été enregistrés au point que le déficit en liquidités auprès des banques  avait atteint 93 milliards de DH en moyenne au cours du 2e trimestre de 2020. Ce qui a poussé Bank Al-Maghrib (BAM) à augmenter son intervention pour atteindre 97, 4 milliards de DH contre 72,6 milliards de DH au premier trimestre. Ainsi, pour soutenir la liquidité, BAM a renforcé le refinancement des banques en mars dernier.

■ Les réserves en devises en hausse: L’accord signé mercredi dernier avec l’Allemagne qui a mis à la disposition du Maroc 701,3 millions d’euros, sous forme de prêts et de dons, n’a certainement pas été pris en compte dans le bilan présenté par le ministre devant les Commissions des finances des deux Chambres du Parlement. A fin juin dernier, le marché de change est resté équilibré et sans intervention de la part de Bank Al-Maghrib depuis mars 2018. Le stock des réserves en devises auprès de la banque centrale a enregistré une augmentation de 39 milliards de DH en comparaison avec décembre 2019. Cela résulte de l’accélération de la mobilisation des financements extérieurs et le recours à la ligne de précaution et de liquidité du FMI avec un montant global qui a dépassé 40 milliards de DH. Les banques ont également conservé leurs réserves de changes à un niveau respectable dans la limite de 16 milliards de DH à la fin de mai dernier. Au niveau global, les réserves en devises, de l’ordre de 292 milliards de DH, peuvent assurer la couverture de 7 mois et 13 jours d’importation des biens.

■ La balance de paiements impactée: Le compte courant de la balance de paiements devra connaître une détérioration de 3,9% par rapport au niveau enregistré en 2019, pour s’établir à près de 8% du PIB, a souligné le ministre des Finances. Cela est lié principalement au recul des secteurs orientés vers l’étranger, particulièrement les exportations des métiers mondiaux, les ressources touristiques et les transferts des MRE.

■ Les transferts des MRE ont reculé de seulement 11,4%: En dépit de la pandémie, les investissements directs étrangers (IDE) ont enregistré un développement appréciable, avec des ressources qui ont baissé de 21,2% à fin juin comparativement avec la même période de l’année dernière. Tandis que le net des IDE a enregistré une baisse ne dépassant pas 516 millions de DH ou 5,7%. Par ailleurs, les recettes touristiques ont baissé de 28,9% à fin juin, soit 23,8 milliards de DH contre 33,5 durant la même période de 2019. Quant aux transferts des MRE, ils ont reculé de 11,4% pour s’établir à 27,4 milliards de DH contre 30,9 milliards en 2019.

Les métiers mondiaux n’ont pas échappé à la crise

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A cette occasion, le ministre a abordé les métiers mondiaux du Maroc avec des baisses des exportations. En effet, la construction automobile a reculé de 40,3% à fin juin pour s’établir à 25,1 milliards de DH contre 42 milliards durant la même période de 2019. Même tendance baissière pour l’aéronautique qui s’est replié de 30,4%. Ces secteurs ont été impactés par la fermeture de l’économie mondiale. Le textile et cuir a reculé de 35,8%. De leur côté, l'agriculture et les industries alimentaires ont tiré leur épingle du jeu puisque la baisse n’a été que de 7,2% pour s’établir à 32,1 milliards de DH contre 34,6 milliards de DH en 2019.

Prévisions macroéconomiques pour 2020

  • Taux de croissance: -5% contre +3,7% (soit -8,7 points)
  • Déficit du compte courant: -8% du PIB contre -3,2% (soit -4,7 points)
  • Déficit budgétaire (sans privatisation): -7,5% du PIB contre -3,5% (soit -4 points)
  • Endettement du Trésor: 75,5% du PIB contre 64,8% (soit +10,7 points)

                                                                             

Les recettes fiscales en baisse

Les résultats d’exécution de la loi de finances à fin juin font apparaître un recul des recettes fiscales au cours de la première partie de l’année (-9,2 milliards de DH ou -8,5%). Mais la cadence de cette baisse a diminué au cours du mois de juin avec la reprise progressive de l’activité économique, à l’exception de l’IS qui s’est stabilisé au niveau de 2019. La TVA a reculé de 3,1 milliards de DH, avec une baisse ralentie en juin (-639 millions de DH) comparativement à avril (-1,3 milliard de DH) et à mai (-1,6 milliard de DH). Il en est de même pour la TIC avec moins de 2 milliards de DH et une amélioration au cours des mois suivants (+48 millions de DH). Les droits d’enregistrement et de timbre ont reculé de -2,1 milliards de DH mais le rythme de la baisse s’est ralenti en juin (-699 millions de DH) comparé à mai (-850 millions de DH). L’IR s’est replié de 1,5 milliard de DH, avec une amélioration durant juin (+384 millions de DH).  De même, les recettes non fiscales ont baissé de 2,7 milliards de DH, résultant de l’absence de privatisation, et le recul des recettes en provenance des établissements publics à hauteur de 3,5 milliards de DH. Les autres recettes non fiscales se sont améliorées de 4,2 milliards de DH. En gros, les recettes ont enregistré un repli de 12,7 milliards de DH (-10,5%) en comparaison avec 2019.

M.C.

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