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Dossier Spécial

Coup d’accélérateur pour le e-learning

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5803 Le 14/07/2020 | Partager
Les écoles tirent des enseignements positifs de cette révolution pédagogique
Mais pas question de se défaire du présentiel
Une stratégie nationale de cours à distance en préparation

A quelque chose malheur est bon. La crise du coronavirus a eu quelques conséquences positives, notamment sur les grandes avancées en e-learning. Adobe Connect, Microsoft Teams, Zoom, solutions collaboratives, plateformes LMS (learning management systems)… les écoles ont du s’approprier dans l’urgence de nouveaux outils pédagogiques afin d’assurer la continuité des cours. Elles n’ont pas lésiné sur les moyens pour mettre en place des alternatives au présentiel suite aux mesures de confinement.

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Des écoles désertées certes, mais la continuité des cours n’a pas été laissée de côté. Les établissements d’enseignement supérieur ont déployé tous les moyens à leur disposition pour que les étudiants puissent finir leur année scolaire à distance. Une nouvelle pédagogie qui a connu un franc succès et a même réussi à baisser le taux d’absentéisme (Ph. L’Economiste)

Contours d’un nouveau modèle

En quelques mois, les contours d’un nouveau modèle pédagogique ont été dessinés. Toutefois, du travail reste à faire pour pouvoir présenter une offre complète. «Cette crise a pu démontrer l’agilité et la capacité d’adaptation de tout l’écosystème de l’enseignement, toutefois, elle a mis l’accent sur les retards et lacunes que nous avons dans le domaine du e-learning», souligne Hassan Sayegh, DG du groupe HEM.

«Cette expérience a été positive, mais elle aurait été meilleure, si une partie des cours avaient pu être dispensés en présentiel. Cela aurait permis aux étudiants d’affiner leurs connaissances via des travaux pratiques avec l’accompagnement nécessaire», indique pour sa part Kamal Daissaoui, président de l’EMSI. Selon lui, seul le mix entre ces deux méthodes peut donner d’excellents résultats.

Pour certaines écoles, des cours en ligne étaient déjà disponibles. «Nous avions depuis quelques années décliné une série de cours en distanciel. Cette expérience n’a été que positive et a permis aux étudiants de développer leur autonomie», souligne Thami Ghorfi, président de l’Esca business school.

«Nous étions déjà rompus à cette méthodologie et la crise sanitaire a surtout permis à un certain nombre de nos étudiants de se familiariser avec la formation en ligne», indique Mourad El Mahjoubi, DG de l’Emlyon business school Africa. En effet, l’école a opéré sa transformation digitale, il y a déjà cinq ans, en mettant en place des plateformes pour accompagner l’innovation pédagogique. Parmi elles, la plateforme MOOC (Massive Open Online Course), qui a vu le jour au campus de Casablanca.

Son objectif,  répondre aux enjeux de la formation certifiante à travers un contenu 100% en ligne, fortement ancré dans les problématiques économiques et managériales du continent africain. A l’instar de ses consœurs, Toulouse Business School (TBS)  dispose elle aussi d’un système de e-learning qui fonctionne. «Dans notre approche pédagogique, l’étudiant  est obligé d’avoir des cours en ligne et du blended learning», souligne Mohamed Derrabi, directeur du campus casablancais de TBS.

«Forts de l’expérience acquise durant cette crise, que ce soit au niveau du ministère et des établissements publics et privés, nous espérons que le régulateur nous permettra d’introduire davantage l’enseignement à distance dans nos cursus», déclare le patron de l’EMSI. En effet, actuellement la loi ne permet pas de livrer des diplômes dispensés en enseignement à distance. Toutefois, la tutelle y travaille sérieusement et le ministre de l’Enseignement supérieur y accorde une attention particulière. «Le Maroc a beaucoup à gagner notamment en Afrique francophone et au niveau de la formation continue», souligne Daissaoui. 

Pour les écoles d’ingénierie telles que l’Emsi et l’IGA, la contrainte a été de déployer les séances de travaux pratiques à distance. «Nous avons pu nous adapter en passant par des logiciels de simulation et par des projets de réalisation où nos étudiants ont pu appliquer les notions acquises durant cette période», indique Mohammed Zaoudi, DG de l’IGA.

L’école a aussi mis en place des cours de soutien optionnels durant les mois de juillet et août pour les étudiants qui le souhaitent. «Certains travaux dirigés nécessitent la présence physique des étudiants au sein de nos laboratoires. Pour combler ces retards, des séances sont programmées de début à mi-septembre pour que les étudiants soient prêts pour leurs examens», assure, pour sa part, Daissaoui. Toutefois, même avec une expérience hâtive réussie, les patrons d’écoles s’accordent à dire que les cours à distance ne peuvent, pour l’heure, remplacer le présentiel.

«Le e-learning est un complément un support pour, entre autres, pallier certaines contraintes comme celle que nous venons de vivre. Il faut encore innover pour que ce modèle soit une logique de fonctionnement orienté et voulu afin de tirer profit de tous ses avantages», indique Hassan Sayegh. Passer au blended learning nécessite du temps et de la réflexion. «Nous comptons adopter dans le futur le blended learning mais avant cela il faut développer tous les outils pédagogiques qui nous permettront d’être plus agiles», ajoute-t-il.

A l’avenir, l’EMSI compte utiliser des Moocs déjà disponibles auprès des universités partenaires. L’IGA elle souhaite passer au blended learning et s’y prépare en attendant les textes de loi qui lui permettront de le déployer. «Nous sommes prêts à accueillir tous les étudiants du monde. Nous avons mis en place trois scénarios et nous serons préparés dans tous les cas de figures», tient à préciser Derrabi.

Même son de cloche auprès de Thami Ghorfi. «Nous manquons de visibilité pour cette prochaine rentrée. Nous avons donc élaboré plusieurs plans que nous déclinerons selon l’évolution de la situation épidémiologique au pays et selon les décisions des autorités», explique le patron de l’Esca. Ainsi, les établissements d’enseignement supérieur assurent être prêts et mieux outillés pour la prochaine rentrée.

Etudiants & enseignants ont fait preuve d’adaptabilité

Des digital natives, les étudiants n’ont pas eu de mal à s’adapter à cette nouvelle méthode d’enseignement. Ultra connectés, ils trouvent même beaucoup d’avantages à toutes les formes de digital learning. «Les étudiants sont à l’aise avec les nouvelles technologies, mais le fait de migrer vers le distanciel les a un peu déboussolés au départ.
Toutefois, après un petit moment de flottement ou d’égarement, ils se sont rapidement adaptés», indique Hassan Sayegh, DG du groupe HEM.  Même son de cloche auprès de l’Emlyon. «Ce que nous avons retenu de cette expérience, c’est la capacité d’adaptation très rapide de nos étudiants et professeurs», souligne Mourad El Mahjoubi, DG de l’école. L’établissement a mis en place une plateforme «Solid’R» afin de venir en aide aux élèves durant cette période. «Nos réponses se sont déclinées sous plusieurs formes: solutions matérielles et techniques, soutien financier mais également cellule d’écoute», précise-t-il.  Pas de couacs du côté des écoles d’ingénierie, car enseignants et étudiants sont amenés à manipuler les nouvelles technologies.

Tilila EL GHOUARI

 

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