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MRE: Les couacs de l’opération de rapatriement

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5803 Le 14/07/2020 | Partager
Ras-le-bol face à la flambée des prix du retour
Plusieurs contraintes liées aux exigences de validité des tests
Certaines représentations diplomatiques tentent de remédier aux dysfonctionnements

Cri de détresse des MRE et Marocains bloqués à l’étranger. Les couacs de l’opération spéciale de rapatriement, après la réouverture partielle des frontières a transformé le retour au Maroc en véritable parcours de combattant. Les témoignages de plusieurs MRE, approchés par L’Economiste, pointent directement la responsabilité du gouvernement. «Après plus de 4 mois d’attente, nous avons été surpris par ces décisions incompréhensibles», selon un MRE basé aux Pays-Bas.

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Avec la suppression des ports espagnols du programme exceptionnel du retour des MRE cette année, beaucoup d’entre eux se retrouvent dans des situations intenables, notamment avec la flambée des prix de la traversée et de l’éloignement des deux ports programmés. Résultat: plusieurs d’entre eux, dont certains ayant déjà acquis des billets il y a quelques mois, désormais non valides suite aux changements liés à la crise de la Covid-19, ont décidé de reporter, voire d’annuler le retour au Maroc cette année (Ph. Bziouat)

L’un des premiers problèmes déplorés par plusieurs témoignages: la flambée des prix, que ce soit pour le retour par voie maritime ou aérienne. «Les tarifs ont été multipliés par 2 voire par 3 pour certains vols», déplore un MRE basé en France. D’après les tarifs consultés par L’Economiste, le prix d’un billet Paris Casablanca pour le 15 juillet, à partir de l’aéroport Charles De Gaulle, est de 1.307 euros, pour la même date.

Plusieurs MRE ont également critiqué la décision de limiter cette opération aux deux Compagnies aériennes, la RAM et Air Arabia. Pour le ministère des Affaires étrangères, cela est dû à la situation exceptionnelle liée à la crise de la Covid-19.

«Les compensations entre compagnies aériennes sont rendues impossibles par des considérations juridiques et pratiques. En conséquence, seuls sont valides les billets acquis auprès de la RAM et Air Arabia», selon les explications du ministère. La flambée des prix a également concerné les billets des navires ferrys à partir des ports de Gênes et de Sète. Selon certains MRE, il faut compter jusqu’à 3.000 euros pour l’aller-retour.

Or, «c’est l’équivalent du budget moyen dépensé par une famille MRE pendant les vacances au Maroc», déplore-t-il. Traditionnellement, «la traversée coûtait 500 euros aller-retour entre Almeria et Nador», rappelle-t-il. Cette année, seuls les deux ports de Sète et de Gênes sont programmés pour cette opération exceptionnelle.

Autre problème pointé par cette catégorie: la difficulté de réaliser les tests selon les exigences imposées par le gouvernement marocain. La RAM a publié un communiqué, le week-end dernier, précisant que «les passagers doivent impérativement remplir les conditions mises en place par le gouvernement». Il s’agit notamment de tests PCR et sérologiques datant de moins de 48h.

Or, plusieurs MRE ont mis en avant la difficulté d’obtenir des RDV prenant en compte la date de leurs billets. Certaines ambassades du Maroc dans des pays européens ont pris le relais, en coordonnant l’organisation des tests exigés avant l’embarquement. C’est le cas notamment au Portugal où la représentation du Maroc «a pris contact avec un laboratoire, présent dans plusieurs villes, pour la mise en place d’un dispositif fluide d’accueil et de traitement». Les personnes concernées sont appelées à entrer en contact avec les services des représentations diplomatiques, en communiquant les coordonnées du vol à destination du Maroc, afin de pouvoir fixer un rendez-vous avec une date permettant de respecter le délai de validité des tests». La situation est plus compliquée pour les personnes souhaitant rentrer en voiture. Surtout ceux dont le point de départ est un pays autre que celui des deux ports programmés.

Pour un MRE basé aux Pays-Bas, «il faut compter 3 jours pour obtenir un rendez-vous pour les tests, puis 48h pour avoir les résultats. S’y ajoutent 48h supplémentaires de route pour arriver au port de départ». Pour cette catégorie, le ministère des Affaires étrangères précise «les personnes qui comptent revenir au Maroc en voiture, via les ports de Sète et de Gênes, et dont la validité du test est inférieure au délai du trajet routier, un test PCR supplémentaire sera effectué à bord du bateau».

Le même problème se pose pour les Marocains bloqués dans certains pays d’Afrique subsaharienne, où il n’y a aucune possibilité de réaliser les tests. Pour cette catégorie, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que «des contacts sont en cours avec les autorités de ces pays pour trouver, le plus rapidement possible, des solutions appropriées».

                                                                             

Effets d’annonce

Au-delà de la gestion à court terme des problèmes liés au retour des MRE, les difficultés rencontrées par cette catégorie pour regagner le pays cette année risquent d’impacter les prochaines saisons de vacances. Selon plusieurs témoignages, les MRE sont remontés contre la gestion du gouvernement du dossier du retour. La flambée des prix risque de pousser plusieurs MRE, notamment de la 3e génération, à opter pour d’autres destinations, notamment «l’Espagne, la Turquie ou la Grèce, notamment pour la qualité des prestations touristiques dans ces pays». Face aux cris de détresse des MRE, le chef du gouvernement et la ministre déléguée en charge de ce dossier n’ont apporté aucune solution, lors de la dernière réunion de la Commission ministérielle pour les affaires des Marocains résidant à l’étranger, tenue vendredi dernier. Les deux responsables se sont contentés d’effets d’annonce, notamment de la création d’un Comité spécialisé pour la mise en place de mesures et de procédures d’accompagnement des MRE à leur retour, en plus d’un espace numérique et d’une plateforme spéciale pour mobiliser et accompagner les investisseurs et les compétences marocaines dans le monde.

M.A.M.

 

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