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Société

Les députés au chevet des prisons

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5802 Le 13/07/2020 | Partager
Le rapport d’une mission parlementaire présenté en Commission
Surpeuplement, manque de ressources humaines,… les points faibles du système
La rationalisation de la détention provisoire est impérative

Mohamed Salah Tamek ne se laisse pas marcher sur les pieds. Que ce soit la Cour des comptes ou aujourd’hui la mission d’information parlementaire de la Chambre des représentants sur la situation de trois prisons, il veut mettre les points sur les «i».

En effet, le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAPR) s’en est pris aux députés pour deux manquements. Le premier est d’avoir organisé la fuite du contenu pour la presse avant la tenue de la réunion de la Commission de la Justice et la législation de la Chambre des représentants qui s’est penché sur le rapport de la mission.

Le 2e reproche est de n’avoir pas tenu leurs engagements selon un deal passé qui devait lui permettre de prendre connaissance des recommandations avant leur publication.

Qu’importe, le délégué général a confirmé qu’il allait prendre en compte les recommandations contenues dans le rapport de la mission d’information. Sur le surpeuplement des prisons, il a fourni quelques indications. Ainsi, à fin février, ils étaient 87.492 prisonniers, un niveau jamais atteint. Après la grâce royale, ce nombre est tombé à 78.300.

Aujourd’hui, ils sont 81.500. Car, «après la levée du confinement sanitaire, le crime a commencé à se propager». Il a précisé que le nombre des bénéficiaires de la grâce royale est déterminé par la Commission en charge de la question. Au cours de son exposé, Mohamed Salah Tamek a également effectué le bilan de toute la stratégie de lutte contre la pandémie en milieu carcéral.

■ Construction de 17 nouvelles prisons ces 5 dernières années

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La mission d’information, présidée par Omar Abbassi de l’Istiqlal, a effectué des visites dans trois établissements pénitentiaires: la prison centrale Moul Barki de Safi, la prison locale de Toutlal à Meknès et celle de Ain Sebaâ, plus connue sous le nom sobriquet de Oukacha de Casablanca. Les députés membres de cette mission ont eu des entretiens avec des détenus et des fonctionnaires. La principale remarque porte sur la surpopulation carcérale. Pourtant, au cours de ces 5 dernières années, le Maroc a entrepris la construction de 17 nouvelles prisons et en a fermé autant, particulièrement les vieilles bâtisses dégradées et gagnées par une urbanisation galopante. Et cela, en dépit de la hausse de 20% du nombre de détenus.

■ La détention provisoire montrée du doigt

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Pour le délégué général, il ne fait aucun doute que la détention provisoire est à l’origine du surpeuplement dans les prisons. La solution réside dans la rationalisation de cette formule et dans l’application des peines alternatives. Pour lui, il est impératif de «revoir le système. Lorsqu'une personne est détenue pour 600 DH et doit passer trois nuits dans une prison, son coût est compris entre 3 et 4.000 DH. Cela avec tous les risques de basculer dans la criminalité». Des députés ont appelé à la nécessité d’adopter le projet de réforme du code pénal, bloqué au Parlement depuis 2016. Il comporte des dispositions pour l’application des peines alternatives. Surpeuplée, Oukacha abrite le plus grand nombre de détenus dans le cadre de la détention provisoire.

■ Reprise des visites familiales le 13 juillet

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Après les derniers développements de la situation épidémiologique dans les différentes régions, il a été décidé de ne pas reprendre les visites familiales le 1er juillet comme programmée. Cela a été reporté au 13 juillet dans tous les établissements pénitentiaires, à l’exception de Safi et de Tanger. Sur ces deux villes, c’est le confinement sanitaire qui sera appliqué.

■ 8 lits pour 12 détenus
Dans la prison de Toutlal de Meknès, la mission a constaté que les espaces dédiés à la détente étaient limités. Ainsi, 500 prisonniers disposent d’à peine 150 mètres carrés pour la promenade. Le surpeuplement dans les dortoirs est également la règle. En effet, dans chaque salle, 8 lits en ciment accueillent en fait 12 prisonniers. La mission a constaté que les bénéficiaires des programmes de formation professionnelle ne dépassent pas 350 détenus sur 1.980. En outre, elle a constaté que l’administration commence à servir le dîner à partir de 15h30 pour des raisons de sécurité et un déficit en ressources humaines. De même, l’unité médicale de la prison n’est pas en mesure de satisfaire les besoins des prisonniers en matière de soins.

■ Satisfaction de la restauration externalisée
En ce qui concerne la substitution du panier par les repas dans les prisons, une étude sur 9 prisons a confirmé la satisfaction de 90% de la population carcérale. Et cela, sur les plans de la qualité et de la quantité. Surtout que la restauration est soumise à l’autorisation du ministère de la Santé. Il est à signaler que Mohamed Salah Tamek avait externalisé la restauration au sein des établissements pénitentiaires. Ce qui a mis fin au système de panier que les familles apportaient aux détenus, en y glissant parfois des produits illicites.

Bac, formation  professionnelle...

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Sur la prison de Ain Sebaâ des femmes, le rapport  a noté l’adhésion de la plupart des prisonnières aux programmes de la formation professionnelle. Toutefois, il a attiré l’attention sur l’incapacité de l’établissement à satisfaire les besoins en matière de lutte contre l’analphabétisme et la poursuite des études en raison de l’insuffisance des ressources humaines, y compris l’absence d’un psychologue. Reste que pour cette année, 856 prisonniers ont été candidats pour passer le baccalauréat. Ils étaient répartis sur 46 centres d’examens, plus exactement 107 salles ordinaires et une salle de sports couverte.

Mohamed CHAOUI

 

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