×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Médicaments: Une vraie politique fait toujours défaut

Par Faiçal FAQUIHI | Le 26/06/2020 | Partager
Ce que propose le Conseil de la concurrence au gouvernement
Sécuriser l’approvisionnement et les dispositifs médicaux
L’effet Covid19 sur la carte épidémiologique mondiale
pharmacie-prix-medicaments-_bn_bn.gif
 

La pandémie covid19 ne laisse personne indifférent. Dans son avis sur le marché des médicaments, le Conseil de la concurrence a émis des recommandations «pour réformer» et améliorer «le fonctionnement concurrentiel» du secteur. Première proposition, l’élaboration d’une véritable politique nationale du médicament. Pourtant les réformes législatives ce sont succédées depuis 2011: prix de vente au public, cliniques, autorisation de mise sur le marché des médicaments... (Cf. L’Economiste n°4572 du 21 juillet 2015).

Toujours est-il cette politique doit obéir «aux impératifs de la sécurisation de l’approvisionnement en médicaments et dispositifs médicaux». Le coronavirus confirme la mutation de la carte épidémiologique. Et pas seulement au Maroc. Changements climatiques, déforestations, sécheresse... en sont des causes majeures. Pouvoir d’achat et respect des normes sanitaires Dans ce scénario catastrophe, inutile de confondre urgence et précipitation. Le régulateur évoque une politique sanitaire qui doit être «conforme avec les nouvelles priorités épidémiologiques de la population marocaine». Mais aussi avec «le pouvoir d’achat des citoyens», «les exigences de qualité» et le «respect des normes sanitaires universelles».

Le Conseil de la concurrence est dans son rôle. La loi n°20-13 qui le régit lui donne le droit de plaider une cause lorsque le jeu concurrentiel est en jeu dans le cadre d’une politique publique. C’est le fameux «advocacy». Un des leitmotive de président du régulateur, Abdelali Benamour. Son successeur joue le jeu de la séparation des pouvoirs... évidemment! Driss Guerraoui et les membres du Conseil recommandent au gouvernement El Othmani «de réunir les conditions permettant de bâtir un réel écosystème national du médicament». Mais pas toujours sur le dos des patients-consommateur! «Lire Pourquoi la santé consomme la moitié du budget familial! & Les boulets anticoncurrentiels du marché des médicaments». Et une «industrie pharmaceutique solide» ne signifie pas forcément subvention étatique et exonération fiscale. Le bibronnage a ses limites... financières.

Et c’est valable pour tous les secteurs ayant survécu grâce aux rentes institutionnalisées. Champions nationaux mais pas à n’importe quel prix! Du coup, le régulateur fait sienne dans ses recommandations des termes du genre «un système national d’innovation et de formation approprié». Avec aussi un clin d’œil à «un nouveau modèle économique» sur lequel planche la Commission Benmoussa. Un champion qui «favorise la création de champions nationaux du médicament». Et là aussi attention aux abus! Un champion national doit faire ses preuves comme dans le sport.

Que faire pour aller de l’avant? «Fédérer» tous les acteurs du marché pour réinventer «le cadre institutionnel». Encore des réunions et des concertations à n’en pas en finir! L’idée en tout cas est de rassembler autorités publiques compétentes, régulateurs, organismes gestionnaires, industriels, laboratoires, médecins, pharmaciens, distributeurs de gros et de détail. Mais aussi les associations de consommateurs et les chercheurs... indépendants. Il faut y insister dessus.

Le Conseil plaide pour «le pilotage, les missions et le cadre juridique de l’Agence nationale du médicament». Et ce, «à la lumière des nouvelles données que connait la problématique du médicament». Ne confondons pas cette agence avec l’Agence nationale de l’assurance maladie. Celle à laquelle fait allusion le Conseil devra être appuyée par un Observatoire national des médicaments. La veille sanitaire est le nerf de la guerre. Mais attention à l’inflation institutionnelle. Les données médicales existent chez tous les acteurs du marché. Voir aussi le Haut commissariat au plan. Mais c’est informations sensibles et précieuses sont-elles partagées au nom de l’intérêt général?

Carton rouge pour l’exécutif et la communauté médicale

L’Agence nationale de l’assurance maladie a besoin de plus «d’autonomie de gestion et d’indépendance effective» vis-à-vis de l’exécutif. C’est du moins la recommandation du Conseil de la concurrence. Sa proposition s’appui sur le code de la couverture médicale de base. Autre recommandation pour dépoussiérer la politique publique du médicament. Le gouvernement El Othmani est amené «à redéfinir l’organisation» de ce marché et à «réformer en profondeur» sa législation pour «améliorer la concurrence». Le Conseil insiste sur «la transparence du système de gestion et de régulation» de la filière pharmaceutique. Tout y passe de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament à la gestion transparente des  marchés publics. De même pour les modalités de fixation des prix, la protection des brevets et le contrôle maitrisé des importations et de la qualité. La conjonction de tous ses éléments explique-t-elle la défiance des patients consommateurs vis-à-vis des producteurs de médicaments et leurs prescripteurs? Les conflits d’intérêts dans le monde médical existent «Lire Les boulets anticoncurrentiels du marché des médicaments». De plus, la fiabilité des autorisations de mise sur le marché suscite encore des doutes. Ce qui expliquerait en partie pourquoi les patients-consommateurs  sont plus enclins à acheter des médicaments princeps. Ces derniers dominent le marché comparativement aux génériques dont le taux de pénétration est de 40% «Lire Pourquoi la santé consomme la moitié du budget familial!»

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc