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Economie

Les bureaux de change au bord du précipice

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5790 Le 25/06/2020 | Partager
Un modèle économique remis en cause par la crise sanitaire
L’Office des changes appelé à l’aide par la profession

Dans l’industrie touristique, il est une activité qui attire peu de lumières: les bureaux de change manuel. Pourtant, les cambistes indépendants jouent un rôle important dans la collecte des devises, mais beaucoup d’entre eux pourraient ne pas survivre à trois mois d’inactivité, voire plus, car les frontières restent fermées jusqu’à nouvel ordre. Les 1.000 points de vente canalisent, en effet, chaque année 50 milliards de DH en devises, soit 80% des billets de banque captés par le Royaume ou 20% des réserves en devises.

Alors que les hôtels et les restaurants déconfinent, les pouvoirs publics ont estimé que l’ouverture des bureaux de change n’était pas justifiée en l’absence de touristes venant de l’étranger. Leurs gérants ne survivent que grâce à l’allocation forfaitaire de 2.000 DH versée par la CNSS.

C’est le sort fatal d’une activité, structurée sur le plan réglementaire en 2007 autour d’un objet unique: le change manuel des billets de banque au profit des touristes et des MRE. Aucune autre activité n’est permise. Et c’est là son talon d’Achille.

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Avant la flexibilité, les bureaux de change pouvait dégager un taux de marge brute moyen de près de 0,60%. Depuis la mise en œuvre de la flexibilité, les banques ont la liberté d’appliquer aux bureaux de change des cours inférieurs de 1,38% au cours «Rachat aux intermédiaires». Ce qui a ramené la marge brute à 0,20%

«En plus d’être obligés de s’en tenir à un objet unique, nous subissons une rude concurrence de la part des banques et des sous-délégataires que sont les hôtels et maisons d’hôtes classés, les agences de voyages dans les ports et autres sociétés de location de voitures. Des opérateurs qui, outre le change, exercent d’autres activités», indique Abdesalam Yamllahi, président de la Fédération nationale des associations régionales des bureaux de change.

Les bureaux de change ne sont habilités ni à recevoir ou à effectuer de virements, ni à servir des dirhams aux touristes et MRE via une carte de paiement internationale.

En fait, les contraintes qui se greffent à leur activité sont nombreuses. «Les banques sont à la fois nos fournisseurs et nos clients exclusifs pour la cession de devises. La profession se plaint du fait que «la marge réalisée sur la cession des devises varie entre 2,97% par rapport au cours moyen des billets BAM et 1,38% contre une marge de 0,2% au profit des bureaux de change dont c’est une activité unique». En plus de la concurrence des banques, les bureaux de change sont bousculés par les intermédiaires qui opèrent dans l’informel.

Par ailleurs, les rapports banques-bureaux de change sont jugés asymétriques. Les premières ont la possibilité de conserver sans limite les devises collectées pour les revendre à leur convenance. En revanche, les bureaux de change doivent céder dans les 24 h leurs excédents au-delà de 500.000 DH aux banques.

La Fédération nationale des bureaux de change rappelle également le refus de certains établissements bancaires d’ouvrir des comptes à ses membres, en plus du rejet déguisé de leur acheter des devises en pratiquant un tarif anormalement bas. Tant qu’il n’existe pas de marché pour la cession des billets de banque en devises, le prix de cession de nos excédents devrait être aligné sur le cours centre billets de banque étrangers de Bank Al-Maghrib, estime la Fédération.

Elle propose la création d’un marché entre bureaux de change pour écouler les excédents en devises collectées. A l’image des autres intervenants de la chaîne de l’industrie touristique, les cambistes indépendants sont convaincus que la reprise n’est pas demain.

Une nouvelle en tout cas vient illuminer l’horizon, avec la réunion prévue très prochainement avec la direction générale de l’Office des changes. La profession dit apprécier l’écoute du management de l’Office des changes qui se montrerait «réceptif à ses doléances». Reste à voir lesquelles pourront être rapidement mises en application.

Hassan EL ARIF

 

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