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Fès-Meknès/Entrepreneuriat : Les autorités mobilisées pour la relance «d’Intilaka»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5788 Le 23/06/2020 | Partager
En stand-by depuis avril, le programme vient d’être relancé
83 millions de DH de crédits octroyés à 694 jeunes au niveau régional
Une enveloppe de 8 milliards de DH sera étalée sur 3 ans

Un bilan d’étape du programme intégré d’appui et de financement de l’entreprenariat (PIAFE) «Intilaka» pour la région Fès-Meknès vient d’être présenté par les autorités. Il en ressort l’octroi de 83 millions de DH de crédits à plus de 694 bénéficiaires à la date du 12 juin 2020.

Ces porteurs de projets prévoient des investissements de l’ordre 142 millions de DH et 1.555 emplois à créer dans le cadre du PIAFE. «Ce qui positionne notre région en 4e place en nombre de bénéficiaires dudit programme (12%), derrière Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, er Tanger-Tétouan-Al Hoceima», indique Yassine Tazi, directeur général du CRI.

Au niveau national, les banques ont accordé 817 millions de DH de crédits à 5.733 bénéficiaires en 4 mois dans le cadre d’Intilaka. Les projets financés prévoient un investissement global de l’ordre de 1,244 milliard de DH ainsi que la création de 12.640 emplois.

Par secteur, le commerce arrive en tête des financements avec 35%. L’agriculture et les services viennent ensuite avec respectivement 16% et 13%. A noter que la moyenne des crédits par emprunteur s’établit à 150.400 DH à fin avril, au lieu de 131.200 DH deux mois plus tôt. Signalons qu’Intilaka ne finance pas les projets immobiliers. Décryptage.

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Des représentations permanentes du CRI dans les différentes provinces de la région Fès-Meknès sont vivement recommandées pour la réussite du programme Intelaka. «Ces antennes assureraient un accompagnement approprié aux porteurs de projets», a-t-il été expliqué lors d’une réunion à la wilaya (Ph. YSA)

■ Autorités, Anapec, banques… créer une synergie
Le comité régional d’accompagnement et de suivi du programme intégré d’appui et de financement de l’entreprenariat «Intilaka» veut créer une synergie en faveur des porteurs de projets. C’est l’ambition du wali Essaid Zniber, qui insiste sur la simplification du dispositif d’accompagnement mis en place et des procédures d’accès au financement. Identifier les partenaires pour favoriser l’incubation des projets et coordonner le suivi et l’accompagnement entrepreneurial de la région, ne sont pas en reste. «Le programme «Intilaka» vise à contribuer à l’amélioration du climat des affaires, à travers l’accompagnement et le suivi des porteurs de projets», rappelle le responsable territorial, appelant l’ensemble des membres du comité à la mobilisation, dans le but de mettre en place les moyens nécessaires à la réussite de cet important chantier stratégique lancé par le Roi. Partenaire dans ce programme, l’Anapec a accompagné 125 projets dont 105 ont été déposés à la banque. «Nous avons créé 10 espaces entrepreneuriaux au niveau régional en plus d’un dispositif mobile dédié», explique le responsable de l’Agence. Celui-ci recommande «la création d’un écosystème régional avec un plan d’action identifié, outre l’adoption d’un seul business plan simplifié au niveau des banques». Attijariwafa bank rappelle qu’elle est déjà mobilisée pour ce programme depuis avril dernier. «Mais, mesures de confinement obligent, celui-ci a été mis en stand-by et relancé depuis début avril, mais nous l’avons relancé début juin. AWB lui consacre l’accueil, l’écoute, la prise en charge et l’accompagnement appropriés», rassure le banquier.
 
■ La CGEM promet d’assurer la 1re commande
«La CGEM fera de son mieux pour jouer son rôle, rassembler les efforts de tous et réussir le programme. Il faut que nos interventions se fassent dans les différentes provinces et préfectures de la région. Celle-ci compte 5 universités avec des viviers de jeunes cadres spécialisés dans différents domaines», souligne Mohamed Rkhami Berrada, président de la CGEM Fès-Taza.
De son côté, Aziz Fertahi, président de  Meknès-Ifrane, a réitéré la promesse du président national, Chakib Alj, de «contribuer activement» dans la première commande des jeunes auto-entrepreneurs. Selon lui, «cette contribution établira une relation de confiance entre universités, jeunes entrepreneurs et patronat». Dans l’optique d’alléger les «premières charges d’exploitation» du jeune entrepreneur bénéficiaire du programme «Intilaka», la CGEM promet de payer ses commandes à la livraison et sans aucun délai. Il s’agit ainsi d’un ordre d’achat plafonné à 50.000 DH, avec 30% d’acompte et un paiement cash. En matière d’accès au foncier, Fertahi a proposé de concevoir d’une offre locative pour des petits terrains (en zone rurale) et «assurer un suivi rigoureux afin d’éviter les spéculations retardées dans le temps». Sur un autre registre, le président de la CGEM Meknès-Ifrane a demandé la prorogation des études d’environnement qualifiées d’obstacle à l’investissement. «Il faut revoir les textes qui régissent ces études qui bloquent les projets parfois à cause d’une appréciation démesurée», argue Fertahi. Celui-ci défend une augmentation du Smig «impérative pour motiver les gens à travailler». S’agissant de la CNSS, Fertahi plaide pour «des lois sévères quitte à aller au correctionnel s’il le faut». Enfin, en matière de commande publique, la caution provisoire est souvent considérée comme un frein pour l’entreprise. Son annulation encouragerait la participation à la réalisation des marchés publics.  

■ Taza, El Hajeb et Ifrane… l’esprit managérial gouverne
Compétence, rigueur, et pragmatisme. C’est ce qui préside désormais aux destinées des provinces de la région Fès-Meknès. A Taza, le gouverneur Mustapha El Maaza s’approprie le langage entrepreneurial pour «réussir et ne pas perdre espoir». Pour lui, l’implication des banques, l’amélioration de la qualité des encadrants et experts, et l’appui du monde rural sont impératifs pour la bonne marche d’Intilaka. Ce programme a déjà financé 15 millions de DH au profit de 63 jeunes de la petite bourgade. Même son de cloche auprès de Zine El Abidine Al Azhar, gouverneur d’El Hajeb, pour qui «pour qu’une idée prenne son chemin, il faut la répéter à l’infini». Ce dernier préconise la révision des démarches pour favoriser la création d’entreprise et encourager la valorisation des matières premières, particulièrement dans l’agriculture. Pour y parvenir, il faut concevoir des zones d’activités économiques et transformer les finalités du programme Intilaka en actions tangibles et réalisables. «Il faut démystifier les initiatives pour réduire les disparités territoriales et développer une banque de projets et des niches», encourage Al Azhar.
Du même avis, Abdelhak Hamdaoui, Abdelhamid El Mazid et Saleh Daha, respectivement les gouverneurs de Boulemane, Ifrane et Taounate, insistent sur «la participation des jeunes, la proximité du CRI et des services de l’Etat» dans la promotion de l’entreprenariat». «Il est de notre devoir d’encourager la compétitivité et l’employabilité et assurer un accompagnement a posteriori pour éviter la mortalité de l’entreprise et la pérenniser», conclut Saleh Daha.

Des taux d’intérêt attractifs

Pour ce programme intégré d’appui et de financement des entreprises, un budget de  8 milliards de DH sera étalé sur les trois prochaines années. Il prévoit une batterie de mesures importantes au profit des segments cibles, principalement le plafonnement des taux de sortie à 2%, ramené à 1,75% pour le monde rural, l’abandon de toute forme de garantie à l’exception de celles liées au projet. La simplification des procédures de traitement des demandes de financement, ainsi que l’octroi d’un taux préférentiel de 0,1% pour les primes d’assurances «décès/invalidité totale-emprunteur» en font partie.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

 

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