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Economie

Bank Al-Maghrib va plus loin dans son soutien à l’économie

Par Franck FAGNON | Edition N°:5785 Le 18/06/2020 | Partager
Elle espère une transmission rapide de la baisse du taux directeur aux taux débiteurs
Les exigences en fonds propres assouplies pour renforcer l’offre de crédit
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Pour soutenir le scénario de croissance en V, la banque centrale dirigée par Abdellatif Jouahri lâche de nouvelles munitions. Les mesures du Comité de veille économique et la loi de finances rectificative viendront renforcer le plan d’attaque pour la relance de l’économie (Ph. Bziouat)

A l’issue de la réunion de juin, la banque centrale n’est pas plus op­timiste que d’autres institutions sur l’évolution de l’activité. Le PIB de­vrait se contracter de 5,2% selon ses nouvelles prévisions mais rebondirait de 4,2% dès 2021. Pour soutenir ce scénario de croissance en V, elle lâche de nouvelles munitions. Les mesures du Comité de veille économique et la loi de finances rectificative viendront renforcer le plan d’attaque pour la relance de l’économie.

Pour sa part, Bank Al-Maghrib a abaissé le taux directeur de 0,5 point pour le ramener à 1,5%. Elle aura réduit le taux mère de 0,75 point en l’espace de trois mois. Elle s’attend à ce que la transmission aux taux débiteurs soit plus rapide qu’auparavant.

«Nous veillerons, plus que par le passé, à la transmission de ses décisions à l’économie réelle et ferons le point régulièrement à ce sujet avec les patrons des banques», indique-t-elle. La conséquence directe de la baisse du taux directeur est que tous les crédits Damane Relance seront plafonnés à 3,5% hors taxes contre 4% avant le conseil de Bank Al-Maghrib. Ces prêts serviront à financer le besoin en fonds de roule­ment des entreprises. Au moins 50% du montant du crédit doit être affecté au règlement des fournisseurs.
Lors du conseil de mardi dernier, Bank Al-Maghrib a aussi ramené le taux de la réserve obligatoire de 2% à 0%, libérant 10 milliards de DH de liquidités qui serviront à financer les entreprises et les ménages. Cette mesure vient s’ajouter à un arsenal déployé depuis mars et qui triple les possibilités de refinancement des banques auprès de la banque cen­trale.

Par ailleurs, l’assouplissement des règles prudentielles permet de les libérer de certaines contraintes afin qu’elles puissent continuer à finan­cer pleinement l’économie. Les exi­gences pour le ratio de fonds propres de catégorie 1 (composés des fonds propres de base et des fonds propres additionnels) sont temporairement fixées à 8,5% contre 9% précédem­ment.

Le ratio de solvabilité glo­bal, lui, passe de 12% à 11,5%. Les banques ont aussi la possibilité d’uti­liser jusqu’à fin juin les coussins de li­quidité constitués sous forme d’actifs liquides de haute qualité en dessous du ratio minimum de LCR (100%). Ces derniers mois, les banques ont traité des centaines de milliers de de­mandes de report d’échéances pour permettre aux entreprises et ménages de traverser la crise.

A fin mai, elles ont approuvé 491.500 demandes de reports d’échéances de crédit. La banque centrale les autorise à ne pas provisionner ces crédits dans les comptes arrêtés à fin juin 2020. Qua­siment à l’arrêt, les associations de microcrédit vont bénéficier du sou­tien de la banque centrale en matière de refinancement tout comme les banques participatives.

Les règles de classification et provisionnement des créances en souffrance seront également assouplies pour les asso­ciations de microcrédit. Bank Al-Maghrib procèdera à une évaluation des mesures prises depuis mars et les impacts sur les bilans des banques et le financement de l’économie. La banque centrale décidera ensuite de la prorogation ou non des mesures.

Le fardeau du cash

Les aides accordées par l’Etat aux ménages et aux entreprises ont entraîné une sortie importante de cash du système. Au passage, leur distribution a nécessité une mobi­lisation sans précédent notamment pour toucher les populations des régions excentrées. Au total 5,4 millions de ménages ont bénéficié des indemnités. La circulation fidu­ciaire a atteint 305 milliards de DH à fin mai, en hausse de 38,5 mil­liards de DH en cinq mois contre 18 milliards de DH sur l’ensemble de l’année 2019. La hausse du cash en circulation contribue à l’assè­chement des liquidités bancaires. Ce qui contraint les banques à ac­croître les emprunts auprès de la banque centrale notamment pour financer leurs activités. Les injec­tions de liquidité sont passées de 67 milliards de DH en mars à plus de 107 milliards de DH en juin. Ceci n’est pas neutre sur le coût du cré­dit et a en partie justifié la décision de la banque centrale de baisser le taux directeur. Cette crise a mis en évidence la nécessité d’accélérer la mise en place de l’écosystème du paiement mobile. «Tout est prêt sur le plan technique», a insisté le wali de Bank Al-Maghrib. En revanche, il faudra des incitations pour accé­lérer l’usage de ce moyen de paie­ment. L’un des challenges est de convaincre les commerçants à adopter le paiement mobile. «Nous avons la promesse que des incita­tions seront mises en place pour fa­voriser l’essor du paiement mobile dans la prochaine loi de finances», relève le gouverneur. Environ 1 mil­lion de wallets sont opérationnels actuellement.

F.Fa

 

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