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Covid-19: Le budget contaminé deux mois après

Par Franck FAGNON | Edition N°:5783 Le 16/06/2020 | Partager
Le déficit se creuse à 25,5 milliards de DH à fin mai
Le Fonds de gestion de la pandémie atténue le choc
La relance de l’économie nécessitera d’importantes ressources

La transition entre avril et mai aura été brutale pour le Trésor qui encaisse les premières secousses liées au Covid-19. Le déficit budgétaire s’est creusé de 20,6 milliards de DH sur le seul mois de mai, à 25,5 milliards de DH selon un premier bilan que vient de publier le ministère des Finances. Mais dans le contexte actuel, surveiller le solde du budget de l’Etat n’est pas une priorité.

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Les mesures exceptionnelles liées à la gestion de la crise engendrée par le Covid-19 creuseront significativement le déficit budgétaire, sachant que de l’autre côté le PIB devrait baisser

Un peu partout, y compris  en Allemagne où l’équilibre des finances publiques est un dogme national, les préoccupations des équilibres budgétaires et l’endettement ont été balayées par l’urgence sociale et la préservation de l’emploi. Mais également, par les plans de relance de l’après Covid-19. 

La solidarité des entreprises et des Marocains à travers leur contribution au Fonds de gestion de la pandémie permet d’atténuer le choc de l’arrêt de l’activité économique sur le budget général de l’Etat. Sur les 33 milliards de DH (23 milliards de DH de dons + 10 milliards de DH de ressources budgétaires), 14,9 milliards ont été engagés. Hors Fonds de gestion du Covid-19, le déficit budgétaire s’établit à 43,6 milliards de DH.

Jamais autant d’argent public n’aura été mobilisé pour sauvegarder les entreprises et les emplois. Le redémarrage de l’économie va nécessiter la mobilisation d’importantes ressources. Après Damane Oxygène, l’Etat va aussi garantir les crédits destinés à la relance des activités des entreprises.

Les premières mesures du Comité de veille économique et le confinement ont réduit les recettes ordinaires de 10% à 84,8 milliards de DH à fin mai. La baisse de la consommation et des importations ont entraîné une baisse de 10% des recettes de TVA, première ressource du Trésor. Le manque de visibilité des entreprises et les arbitrages des ménages pèseront encore un moment sur le rendement de cet impôt.

L’autre taxe dont le rendement a été touché est l’IR. Les rentrées de cet impôt sont impactées par l’affaissement de l’assiette et le report d’échéances concédé par le gouvernement aux entreprises en difficulté. Au total, près d’un million de salariés ont été mis en arrêt temporaire ou total de travail. Cela signifie moins de rentrées de l’IR retenu sur les salaires. A fin mai, les recettes de l’impôt sur le revenu sont en recul de 9,6%.

Malgré les mesures de soutien, les défaillances d’entreprises progresseraient quand même à deux chiffres et pourraient accélérer les destructions d’emplois. De son côté, l’IS a rapporté 4,1% de recettes en moins (16 milliards de DH) par rapport à la même période de l’année dernière. Le règlement de cette année était assis sur les résultats de 2019, son rendement ne devrait pas trop souffrir.  La taxe intérieure de consommation a, elle, décroché de 17%.

Le gouvernement dispose d’un certain nombre de leviers pour augmenter ses recettes pour le reste de l’année avec notamment les privatisations (3 milliards de DH budgétisés). En outre, il compte aussi mobiliser 12 milliards de DH issus des nouveaux mécanismes de financement.

En face, les dépenses exceptionnelles engendrées par la crise vont significativement gonfler la facture. A fin mai, les dépenses ordinaires affichent une hausse de 10,6% à 102 milliards de DH. L’investissement, lui, s’est inscrit en baisse de 11% en raison de la limitation des autorisations d’engagements en anticipation de la loi de finances rectificative, explique le ministère des Finances.

F.Fa

 

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