×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Ecoles privées: Faillites imminentes!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5782 Le 15/06/2020 | Partager
Les petits établissements commencent à annoncer leur décision de fermer boutique
La majorité n’a pas pu bénéficier de Damane Oxygène
Salaires incertains pour des milliers d’enseignants!

C’est l’impasse. La majorité écrasante des parents d’élèves des écoles privées, près de 90%, selon la Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés (FMEFP), ne s’acquittent  toujours pas des frais de scolarité des mois d’avril, mai et juin.

ecole-privee-082.jpg

L’enseignement privé compte près de 5.800 écoles (primaire-secondaire) employant quelque 136.000 personnes, un chiffre en augmentation d’environ 45% par rapport à 2011. 

Des écoles de plusieurs villes commencent déjà à annoncer leur intention de mettre la clé sous la porte, surtout parmi les petites et moyennes, représentant plus de 70% de l’offre globale. «Elles auront encore à assurer les salaires de leur personnel pour juillet et août. Comment peuvent-elles y arriver sans être payées? Beaucoup ne pourront pas tenir», relève Moulay Saïd Messaoudi, président de FMEFP.

«Si nous ne rémunérons par nos profs, nous ne pourrons pas les retenir. Les élèves risquent donc de ne pas retrouver leurs enseignants, ni leur école à la rentrée. Ils devront chercher une place dans d’autres établissements», s’inquiète Messaoudi. 

Pour l’instant, aucune école n’a encore officiellement notifié sa décision de fermer ses portes auprès des Académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref). Cette procédure légale permet aux académies de trouver des solutions pour replacer les élèves qui se retrouveraient en dehors de leur établissement. Si la situation se complique davantage, elles seront bientôt nombreuses à remplir cette procédure.

Contrairement à ce qui a été précédemment relayé, les salariés de l’enseignement privé n’ont pas bénéficié de l’indemnité du fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19. «Notre secteur est le seul à ne pas avoir reçu de soutien durant cette période de crise, or, nous assurons un service public», regrette le président de la fédération. «Nous employons plus de 135.000 personnes uniquement dans l’enseignement primaire et secondaire. Nous ne pouvons les laisser sans revenus, ce sont aussi des Marocains et ont le droit de bénéficier du soutien de l’Etat», ajoute-t-il.

Les écoles en difficulté n’ont pas pu, non plus, toutes profiter des prêts Damane Oxygène permettant de soulager la trésorerie des entreprises, en raison des «conditions contraignantes imposées par les banques, auxquelles les petites écoles n’ont pas pu répondre».    
L’objectif des parents est d’obtenir une réduction allant à 50% des frais de scolarité. Ayant été obligés de participer à l’enseignement à distance, d’assumer des frais supplémentaires pour le e-learning, et estimant que les écoles n’ont pas assuré la totalité de la masse horaire des cours, ils réclament une ristourne d’au moins la moitié du tarif, qu’ils soient en difficulté ou pas. Et c’est justement là le point de discorde.

Les établissements, eux, ont accepté de faire des concessions, mais au cas par cas, en privilégiant les familles en difficulté. Les représentants du secteur proposent d’exonérer les ménages ayant perdu toute source de revenu durant la crise, une catégorie estimée au tiers par les opérateurs (ce qui correspond aux statistiques du HCP).

Cela représente donc une baisse de chiffre d’affaires d’au moins le tiers. Ils prévoient, également, un tarif réduit (de 25 à 50%) pour ceux ayant subi une ponction sur leurs revenus. Ceux là aussi, représenteraient un tiers des parents. Uniquement sur ces deux catégories, les opérateurs privés risquent de céder jusqu’à la moitié de leur chiffre d’affaires. Le troisième groupe de parents, censé n’avoir pas été impacté par la crise, devrait régler la totalité des frais, selon les représentants des écoles.

ecoles-privees-082.jpg

La masse salariale des établissements privés (enseignants, administratifs, conducteurs, agents de sécurité, femmes de ménage...) représente entre 70 et 80% des charges supportées. Sans frais de scolarité, difficile de continuer à rémunérer le personnel. Les économies réalisées sur les autres postes de coût durant le confinement (électricité, eau, consommables…) restent minimes (Ph. Bziouat)

Toutefois, même parmi ce dernier, beaucoup refusent ce deal et réclament également des rabais. C’est le cas des parents d’un groupe scolaire à Casablanca revendiquant une exonération des familles en difficulté et une réduction de 50% pour toutes les autres. L’offre de l’école d’une remise de 25% a été tout bonnement rejetée. 

«Le problème est que même ces réductions ne seront pas prises en compte par le fisc. Pour les prouver, les parents devront nous signer des déclarations sur l’honneur attestant qu’ils en ont profité», précise Moulay Saïd Messaoudi.

Cette situation inédite est mal vécue par toutes les parties. La suite risque d’être dure pour tout le monde, et encore plus pour les élèves déjà désorientés par les récents évènements.

Les académies assurent la médiation

Ces derniers jours, des réunions rassemblant représentants des parents et des écoles privées ont été organisées dans toutes les académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref), afin de trouver des terrains d’entente. Elles ont toutes abouti à des communiqués communs.
Dans le Souss-Massa, par exemple, les opérateurs privés se sont engagés à assurer la continuité pédagogique, à n’exclure aucun élève de l’enseignement à distance sous aucun prétexte, à déduire les frais de transport et de restauration, à offrir des exonérations, totales ou partielles, ainsi que des rééchelonnements de paiement, et enfin, à ouvrir la porte du dialogue avec les parents pour régler tous les différends ou malentendus. 

Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc