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Economie

El Othmani malmené par les députés

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5781 Le 12/06/2020 | Partager
Le chef du gouvernement critiqué par son propre groupe parlementaire
L’opposition pointe les défaillances de l’approche du gouvernement
La note de cadrage du projet de loi de finances rectificative fin prête
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Interpellé sur l’opération Marhaba, Saâdeddine El Othamni a botté en touche. Le chef du gouvernement s’est contenté de dire que des discussions sont menées actuellement avec les Etats concernés. La réouverture des frontières dépendra de l’évolution de la situation au niveau international, a-t-il affirmé (Ph. Bziouat)

L’intervention de Saâdeddine El Othmani à la Chambre des représentants sur la stratégie d’assouplissement du confinement a suscité une levée de boucliers des députés, majorité et opposition confondues. Le chef du gouvernement a été malmené par les membres des groupes parlementaires.

Il a été critiqué sur «l’absence de mesures concrètes, avec un agenda clair de mise en œuvre, pour accompagner les citoyens et les entreprises pour dépasser les effets négatifs de cette crise sanitaire». El Othmani a été attaqué même par les députés de son propre parti.

Pour Abdallah Bouanou, «si les 2 premières prolongations de l’état d’urgence sanitaire ont été acceptées par les citoyens, cette 3e phase pose une série de problématiques, notamment en l’absence de transparence et d’une programmation claire». Au niveau de la gestion de crise, le député PJD, président de la Commission des finances, a déploré «la marginalisation des collectivités territoriales dans la composition des comités de vigilance économique au niveau local».

Même son de cloche du côté de l’opposition. Abdellatif Ouahbi, SG du PAM, a critiqué l’approche du chef du gouvernement «ayant accordé de grands pouvoirs à certains ministres et aux walis et gouverneurs, tout en délaissant ses attributions constitutionnelles, en tant qu’autorité de coordination entre les pouvoirs».

Pour El Othmani, «les walis et les gouverneurs sont des représentants de l’Etat, qui exercent les attributions qui leur ont été accordés par le décret sur l’état d’urgence sanitaire». Ouahbi a également pointé «la tergiversation du gouvernement et son incapacité à prendre des décisions et à les appliquer».

Idem pour Omar Hejira, député de l’Istiqlal, qui a pointé «les déclarations divergentes des ministres». Pour lui, «le gouvernement a opté pour les fuites et les rumeurs en tant que mode de communication». Un constat rejeté par le chef du gouvernement. «Seules les déclarations officielles nous engagent», a-t-il dit.

Aujourd’hui, «cette crise sanitaire, dont les effets négatifs ont touché les citoyens et les entreprises, a mis à nu la faiblesse des choix politiques et économiques du gouvernement», selon le patron du PAM. Celui-ci a annoncé, dans son intervention lors de la séance mensuelle des questions des politiques publiques, «le retrait du soutien accordé au gouvernement depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, à cause de l’échec des décisions prises jusque-là, ayant impacté négativement toutes les catégories sociales».

Ouahbi a également appelé à la mise en place de 2 missions exploratoires parlementaires. La 1re devra déterminer les responsabilités politiques dans le dossier des Marocains bloqués à l’étranger depuis plusieurs mois. La 2e devra se pencher sur l’examen des marchés publics passés durant cette période, particulièrement dans le secteur de la Santé.

Les groupes parlementaires de l’opposition ont également interpellé le chef du gouvernement sur les prévisions de relance économique, notamment en termes d’indicateurs macroéconomiques, qui seront pris en compte dans le projet de loi de finances rectificative.

«Il est nécessaire que le gouvernement présente des mesures concrètes, avec un plan d’action clair», a insisté Hejira. Sur ce point, le chef du gouvernement a annoncé que la note de cadrage du projet de loi de finances rectificative est prête.

«Mais je ne peux pas annoncer les détails avant qu’il ne soit soumis au Conseil des ministres», a expliqué El Othmani. Celui-ci a néanmoins mis l’accent sur le plan de relance économique, qui s’étale sur un an et demi, articulé autour d’une série d’orientation.

Il s’agit notamment du renforcement de l’investissement public, le soutien des entreprises impactées par cette crise, notamment dans les secteurs les plus touchés comme le tourisme, redynamiser le programme Intelaka au profit des jeunes entrepreneurs, la mise en place d’un fonds public d’investissement pour accompagner les efforts de relance économique...

Quid des prochaines étapes?

Après la 1re phase d’assouplissement des mesures de confinement, une 2e étape sera lancée, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique. Elle permettra «d’alléger davantage ces mesures, dans les 2 zones, notamment avec l’autorisation de la reprise de nouvelles activités économiques, sociales et culturelles, en plus de la possibilité de déplacement entre les régions». C’est durant cette phase que les activités du tourisme interne pourront être opérationnelles. Pour l’instant, aucune date n’a été encore fixée. Une 3e étape est également au programme, au cours de laquelle les rassemblements publics et les autres manifestations grand public pourront être autorisés. Cette phase sera aussi marquée par la réouverture des frontières et la reprise du tourisme international, en fonction de la situation de la pandémie au niveau mondial.

M.A.M.

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