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Régions

Oriental/Pommes de terre: Une saison exceptionnelle… mais menacée

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5774 Le 03/06/2020 | Partager
35 T/ha contre 20T/ha au niveau national, vendues entre 2,20 et 3 DH/kg au marché de gros
Difficultés à écouler la production, et autant de mal à la stocker
Les producteurs redoutent l’effondrement des prix

Avec le record de pommes de terre enregistré dans l’Oriental, les agriculteurs devraient normalement se frotter les mains. Toutefois, en dépit d’un tonnage exceptionnel produit par hectare, (35 /ha cette saison, alors que la moyenne nationale n’est que de 20 T/ha), les producteurs sont confrontés à plusieurs menaces.

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L’évolution des quantités produites nécessite le renforcement des dépôts de stockage et la réalisation d’une unité agroalimentaire pour fructifier la production (Ph. AK)

D’abord une demande timide de la part des régions limitrophes, obligeant les agriculteurs à la conservation au froid avec des charges supplémentaires. Et aussi, tous les problèmes liés au stockage en temps d’épidémie pour éviter tout risque de contamination. Des menaces potentielles pour la première culture maraîchère de l’Oriental, réputée pour sa qualité et sa diversité: Spunta, Désirée, Mondiale, Fabula, Bellini, ou Rodéo. 

Cherchant à éviter tout risque d’effondrement des prix, les producteurs de pommes de terre visent ainsi les marchés locaux mais aussi et surtout nationaux. «Ils préfèrent, le plus souvent, la vente de la production sur pied à des intermédiaires qui la présentent soit immédiatement au marché si les prix sont satisfaisants soit après stockage au frigo pendant 4 à 6 mois. Le stockage traditionnel sous abri est de plus en plus prohibé suite aux risques sanitaires qu’il peut entraîner pour le consommateur», précise Hamid Chebabi, directeur régional de l’ONCA dans l’Oriental.

De son côté, la capacité actuelle de stockage dans les entrepôts frigorifiques est passée de 50.000 tonnes en 2008 à 164.000 tonnes actuellement.  La quantité stockée au froid représente 30 à 50 % de la production. «Le reste de la production est écoulé sur le marché local avec le risque d’engorgement et effondrement des prix», explique Hafid Gasmi, propriétaire d’un entrepôt frigorifique.  

Pour rappel, la superficie moyenne cultivée annuellement oscille entre 3.500 à 4.500 ha. Elle varie selon la demande et les conditions pluviométriques. Idem pour la production qui varie selon les saisons et peut atteindre 150.000 tonnes, en plus des 10.000 tonnes cultivées en automne.

En général, le rendement est variable selon le type d’irrigation, les facteurs de production (engrais et produits phytosanitaires) et les types de semences utilisées. La semence certifiée est, elle, assurée par des sociétés et revendeurs agréés, notamment la Sonacos.

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De leur côté, les parcelles réservées à cette culture couvrent des zones réputées pour la richesse de leurs sols : la plaine de Triffa, dans le périmètre irrigué de la Moulouya, la zone de Labsara dans la préfecture d’Oujda Angad et autres parcelles dans la zone de petite et moyenne hydraulique.

Sur le plan socioéconomique, la culture de la pomme de terre joue un rôle d’une importance capitale. Elle assure 500.000 journées de travail par an et dégage un revenu brut annuel de plus de 300 millions de DH. En matière de commercialisation, le prix de vente sur pied est fixé selon la variété, l’estimation du rendement, la qualité de la production et surtout la qualité de semence utilisée par l’agriculteur. Le prix de vente actuel est satisfaisant, pour l’heure. Il oscille entre 2,20 et 3 DH/kg au marché de gros.

La Direction régionale du conseil agricole de l’Oriental s’active, elle aussi, de son côté. Elle appuie les producteurs en conseils pratiques. Des séances de sensibilisation et de formation sont menées avec la mise en place d’écoles de champs thématiques pour la conversion en irrigation localisée, la mécanisation de la plantation et de la récolte, l’utilisation des semences sélectionnées précoces et la lutte contre les maladies cryptogamiques.

Des contacts sont également en cours avec des investisseurs pour les encourager à s’installer dans la région et la réalisation d’unités agro-industrielles pour la transformation de la pomme de terre, au niveau de l’Agropole de Berkane.

Désorganisation

Malgré une production satisfaisante et de qualité, la filière est confrontée à des contraintes se rapportant à l’utilisation d’une semence non certifiée, issue des productions de printemps, en culture d’automne. Par ailleurs, la fluctuation des circuits de commercialisation occasionne des prix décourageants pour les producteurs. Une situation aggravée par l’insuffisance de la capacité de stockage par le froid pour contrôler les approvisionnements du marché. Et, ironie du sort, cette première culture de la région n’est pas considérée comme prioritaire en cas de pénurie d’eau au niveau des barrages ou en période de sécheresse. Le coût de la main d’œuvre est élevé au printemps et surtout en période de récolte. Il varie au cours de l’actuelle campagne entre 140 DH/jour pour les femmes et 180 DH/jour pour les hommes. S’ajoute, la faible organisation des producteurs aussi bien à l’amont qu’à l’aval de la filière.

Ali KHARROUBI

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