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Carburants: Pourquoi les prix ne bougent pas

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5774 Le 03/06/2020 | Partager
Rebbah interpellé sur l’impact de la chute des cours sur les tarifs à la pompe
Sans les taxes, le prix de vente est estimé à 3 DH/litre
La capacité de stockage renforcée
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Aziz Rebbah a rappelé que «la consommation nationale en hydrocarbures a enregistré une croissance annuelle de 3% durant la dernière décennie, pour s’établir à 11,31 millions de tonnes durant l’année précédente. La facture des importations des carburants a atteint 65 milliards de DH en 2018, avant de s’établir à 61 milliards de DH en 2019, notamment à cause de la chute des cours mondiaux» (Ph. Bziouat)

Au moment où les cours des produits pétroliers ont connu de grandes baisses durant les derniers mois, l’impact sur le prix à la pompe reste insignifiant. Aziz Rebbah, ministre de l’Energie et des Mines, a été interpellé sur ce sujet, lundi dernier à la Commission des infrastructures à la Chambre des représentants.

Rebbah a mis l’accent sur les particularités du modèle d’approvisionnement. Il a précisé que «les produits importés par le Maroc sont indexés sur le Brent de Rotterdam, qui est plus cher de 25 à 30%, par rapport au prix moyen du baril». Interpellé par les membres de la Commission sur l’impact sur les prix à la pompe, le ministre a souligné que le tarif de consommation englobe plusieurs composantes, outre le cours du baril brut.

Il s’agit notamment du coût du raffinage, du transport, ainsi que les taxes, qui constituent une part importante du prix final. Concrètement, sans prendre en compte les taxes perçues, le tarif de vente du pétrole est près de 3 DH par litre, a noté le ministre.

Lors de son intervention devant les membres de la Commission des infrastructures, Rebbah a insisté sur le contexte particulier, lié au confinement dans plusieurs pays, ayant conduit à une baisse de la demande de plus de 30 millions de barils par jour. «La crise du Covid-19 a créé un déséquilibre entre l’offre et la demande par rapport aux années précédentes. Cette situation s’est traduite par une hausse du stock mondial, ayant dépassé les capacités de stockage», a-t-il souligné.

Au niveau national, le ministre a mis l’accent sur la diversification des sources d’approvisionnement. Etats-Unis, Europe, Russie, Moyen-Orient, Inde… Ce processus se poursuit à travers la recherche de nouveaux points d’import, est-il indiqué. Surtout que «la consommation nationale en hydrocarbures a enregistré une croissance annuelle de 3% durant la dernière décennie, pour s’établir à 11,31 millions de tonnes durant l’année précédente», selon Rebbah.

La facture des importations des carburants a atteint 65 milliards de DH en 2018, avant de s’établir à 61 milliards de DH en 2019, notamment à cause de la chute des cours mondiaux. Concernant la répartition du marché national, il a rappelé que 22 opérateurs sont présents dans le secteur des produits pétroliers liquides, dont 12 importateurs. S’y ajoutent 14 sociétés d’importation des gaz liquéfiés, 38 centres d’embouteillage, 15 sociétés de distribution.

Au-delà de l’évolution des importations, plusieurs membres de la Commission des infrastructures ont interpellé le ministre sur les capacités de stockage, «permettant de mieux profiter des baisses enregistrées au niveau des cours mondiaux de pétrole».

Rebbah a rappelé que le Maroc dispose d’infrastructures permettant de stocker plus de 2,09 millions de m³, dont 91% sont connectés aux ports. Entre 2017 et 2019, la capacité de stockage a été renforcée de 206.000 m³. De nouveaux projets sont au programme pour la période 2017-2022, afin de mobiliser une capacité de 992.000 m³ supplémentaires.

Quid de Samir?

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Le ministre était attendu de pied ferme par les groupes parlementaires. Plusieurs membres de la Commission des infra-structures ont insisté sur le rôle que devait jouer Samir, notamment dans le contexte de chute des prix des produits pétroliers durant le contexte particulier de la crise du Covid-19. Pour certains d’entre eux, «la mobilisation des capacités de stockage de cette entreprise aurait permis au Maroc de mieux tirer profit de cette conjoncture». Pour Aziz Rebbah, «le Maroc a certes besoin du secteur du raffinage, mais ce dossier est actuellement devant la justice». Le ministre a rappelé que le gouvernement a eu le feu vert du tribunal pour l’exploitation des sites de stockage du groupe. «Cette société dispose d’une importante capacité qu’il fallait exploiter afin de sécuriser l’approvisionnement du pays et profiter de la détente des prix à l’international», a-t-il expliqué. Actuellement, «quatre sites de Samir sont opérationnels, notamment dans le domaine de la distribution et du stockage», a-t-il précisé.

Chiffres clés

  • 30% est le taux de baisse de la demande mondiale en produits pétroliers depuis le début du confinement
  • 11,31 millions de tonnes est le niveau de consommation nationale des produits pétroliers en 2019
  • 2,09 millions de m³ est la capacité nationale de stockage
  • 992.000 m³ supplémentaires sont programmés à l’horizon 2022
  • 50 à 70% est le niveau de baisse des ventes des stations de carburants depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire.

M.A.M.

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