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Reprise post-Covid: Des patrons témoignent

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5768 Le 26/05/2020 | Partager
Le secteur du tourisme aura le «plus lent redémarrage»
Certaines banques ne jouent pas le jeu, et mettent en péril la survie des entreprises
Réorganiser les chaînes de production pour protéger les ressources humaines

La crise sanitaire, le confinement ainsi que les mesures de protection  déployées par le gouvernement ont pris de court le monde de l’entreprise et de l’industrie. Si le secteur textile a trouvé un nouveau relais de croissance à travers la fabrication de masques, l’immobilier, l’automobile ou le tourisme tirent la langue.

A ce propos, quelques patrons d’entreprises, opérant dans des secteurs différents, ont partagé leurs appréhensions et perspectives d’avenir lors du Webinaire organisé, récemment, par «l’Université citoyenne».

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«Le tourisme se caractérise par un manque de visibilité très important. Les scénarios les plus raisonnables, sur lesquels nous ne sommes pas unanimes, tablent sur un début de reprise au printemps 2021», annonce Jalil Benabbés-Taarji, administrateur et DG du groupe Tikida.

En effet, le secteur est à l’arrêt total à cause du confinement. La Confédération nationale du tourisme (CNT) estime le manque à gagner des recettes touristiques en devises pour la période 2020-2022 à 138 milliards de DH. «Nous pouvons imaginer un déconfinement début juin mais l’ouverture des frontières ne se fera pas avant septembre, peut-être même bien au-delà.

Or, le tourisme interne constitue à peine 30% de l’activité touristique globale du Maroc et nous pouvons espérer monter à 40% ou plus avec la fermeture des frontières», souligne Benabbés-Taarji. Compte tenu des mesures prises dans ce contexte, la CNT table sur une reprise, timide et graduelle, à partir d’avril 2021. «Nous aurons certainement le redémarrage le plus lent comparé aux autres secteurs actuellement en arrêt», déplore Benabbés-Taarji.

Pour les industriels, les conséquences de la crise sont aussi très graves. Des entreprises sont à l’arrêt, mettant des employés au chômage technique, et celles qui continuent de travailler supportent de bien grosses charges. Comme en témoigne Karim Tazi, patron de Richbond. «La principale filiale de notre groupe supporte une charge de 16 millions de DH par mois de salaires. Nous faisons le nécessaire pour que tous les revenus soient maintenus malgré cette situation inédite», souligne-t-il.

Pour ce faire, le groupe, à l’instar de toutes les entreprises au Maroc, a mis en place des mesures lui permettant de compenser, tels qu’avancer les congés, accorder des prêts aux salariés ou maintenir les salaires même s’il n’y avait pas de travail.

«En prenant une telle décision, nous appréhendons un choc financier dû à la perte du chiffre d’affaires», confie-t-il. Selon lui, les entreprises ont vitalement besoin de bénéficier de toutes les mesures mises en place par les autorités. «Certaines banques ne jouent pas le jeu, alors que la vie d’un bon nombre d’entreprises en dépend. Il y a lieu de s’inquiéter», regrette Tazi.

Pour Mutandis, les répercussions se font plus sentir au niveau de l’approvisionnement et des matières premières, mais aussi au niveau de la production. En effet, les chaînes de production doivent se réorganiser, afin de protéger les ressources humaines et d’appliquer les gestes barrières et la distanciation sociale.

«La main-d’œuvre doit être sur le site. Il y a ainsi la problématique liée au transport du personnel qui se pose. Nous devons doubler la capacité de transport pour assurer la sécurité de tous», relève Omar Rharbaoui, DG stratégie et développement du groupe.

«Etre prêts à reconstruire»

Le Covid-19 a chamboulé l’ordre économique mondial et remis en questions les stratégies initiées par les entreprises. «Il est certain que le moyen terme sera extrêmement dur pour le Maroc, et qu’une partie de notre avenir ne va pas dépendre de nous, mais du robinet financier à l’échelon international. Il y aura aussi beaucoup de faillites d’entreprises et les gens doivent s’y attendre. Ce qui signifie qu’il faudra être prêts à reconstruire», souligne Karim Tazi.

T.E.G.

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