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Economie

7 salariés sur 10 ont basculé au télétravail

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5764 Le 19/05/2020 | Partager
Une enquête du cabinet LMS ORH
83% des répondants sont satisfaits de cette expérience
9 personnes sur 10 se considèrent plus efficaces

A quelque chose malheur est bon. La pertinence du proverbe s’est encore vérifiée encore une fois à la faveur de la pandémie du coronavirus. Devant les contraintes de la distanciation physique pour éviter la propagation du virus, des milliers de sociétés et, pas seulement, puisque l’administration publique s’y est mise aussi, se sont résolu à opter pour le télétravail. En quelques jours, la pratique est devenue une réalité quotidienne. Il y a encore quelques mois, qui pouvait imaginer que ce fût possible?

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Le télétravail présente des avantages majeurs tels qu’une meilleure efficacité et efficience (gain de temps et d’argent) ainsi qu’une plus grande flexibilité. Ce mode de travail a aussi des inconvénients tels que la disparition de la frontière entre le temps professionnel et personnel, le sentiment de détachement

La thématique du télétravail a fait l’objet d’une enquête réalisée par LMS ORH entre le 7 et le 17 avril auprès de 1.000 répondants. Il en ressort que «la quasi-totalité des répondants affirment que leurs entreprises n’avaient jamais envisagé le télétravail comme principal mode de collaboration. Aujourd’hui, cette pratique est plus subie que choisie».

C’est une alternative pour continuer de générer des revenus, assurer la continuité des entreprises, et maintenir les emplois. Parmi les freins au télétravail, les répondants citent surtout l’absence du télétravail dans la culture de l’entreprise (79% des cas). Mais cela s’explique aussi par la nature de la fonction qui nécessite parfois une présence physique (9%), la nature du secteur d’activité qui ne se prête pas toujours au travail à distance (9%) ou l’indisponibilité des outils techniques (3%).

7 répondants sur 10 sont en télétravail de manière continue contre 2 sur 10 qui le pratiquent partiellement. Chose inconcevable avant le confinement. Toutefois, le travail à distance était pratiqué de manière partielle par 40% des répondants. La majorité était des managers.

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Le passage d’un travail présentiel au télétravail induit forcément une adaptation aux nouvelles contraintes, dont la discipline reste un point cardinal. Le principe étant d’accomplir sa fonction avec le même niveau de rendement qu’au «bureau». Comment les collaborateurs perçoivent le passage au travail à distance? «60% des répondants ont vu leur charge de travail augmenter».

23% déclarent avoir constaté une hausse substantielle de leur charge de travail, contre 40% qui disent n’avoir pas noté d’augmentation palpable. Ce changement n’est pas spécifique ni au statut ni au nombre d’enfants suivant leurs cours en ligne.

L’une des principales conséquences induites par le télétravail porte assurément sur la gestion du temps. Ce qui se traduit par plus d’anticipation sur le travail. D’autant que certains collaborateurs capitalisent sur le temps du trajet et pour certains sur la pause déjeuner.

Il a été relevé dans certaines entreprises que le confinement s’est traduit par l’adoption d’un système de rotation du personnel sur les lieux de travail ou sa réduction sur décision administrative dans les unités industrielles caractérisées par une forte densité humaine. Par conséquent, les collègues se voient moins souvent. Mais cela ne signifie pas forcément que le contact soit rompu.

Selon l’enquête LMS, «8 sondés sur 10 déclarent entretenir des échanges réguliers avec l’ensemble de leurs collègues». Et pour les besoins du travail, 44% des répondants tiennent au moins une réunion virtuelle par jour grâce aux outils technologiques.

Contraintes professionnelles vs personnelles

L’enquête LMS révèle que la frontière entre temps personnel et temps professionnel est devenu moins étanche. A titre anecdotique, de nombreuses vidéos, parfois cocasses, «d’accidents» familiaux ont circulé sur la toile. «60% des répondants déplorent un impact conséquent du télétravail sur leur temps personnel». Plus de 8 sur 10 ont au moins un enfant. Ce qui laisse deviner les contraintes professionnelles devant être alliées avec celles de garder et de superviser les cours des enfants. Seules 2 personnes sur 10 confient ne pas avoir constaté de différence. 

                                                                                  

Des avantages, mais pas seulement

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Pour réussir la pérennisation du télétravail, il faut d’abord sécuriser les besoins matériels et techniques. Le plus gros challenge étant d’instaurer une culture managériale autour du résultat et de définir le cap et les repères de ce nouveau mode de travail

Plus de deux mois après l’adoption du télétravail, quel bilan peut-on en tirer? Les personnes interrogées dans le cadre de l’enquête de LMS déclarent que les avantages majeurs du télétravail se déclinent à travers «une meilleure efficacité et efficience (gain de temps et d’argent) ainsi qu’une flexibilité offerte par cette organisation. Des avantages qui se sont traduits par «un impact direct sur la qualité de vie au travail».

Après le passage au télétravail, les personnes qui se rendent en voiture à leur travail économisent les frais de nourriture, de carburant, et évitent surtout le stress de la circulation. Cependant, le télétravail induit une «évaporation de la frontière spatiale entre le bureau et la maison et la frontière temporelle, avec l’intersection, voire la confusion entre le temps de travail et le temps personnel». Ce qui n’est pas sans avoir un impact sur l’équilibre recherché sur les répondants.

Certains répondants font également état d’un «sentiment de détachement qui pourrait s’installer suite à la perte du contact avec les collègues». Pourtant, le contact pour les besoins du travail continue via visioconférence. Un DRH fait même état d’une ponctualité aux réunions rarement constatée en temps normal. Les répondants attirent l’attention sur «le risque de dilution de la culture d’entreprise et des us et coutumes du bureau». N’empêche que 83% des répondants sont satisfaits de leur expérience de télétravail.

D’ailleurs, 3 personnes sur 4 pensent adopter le télétravail après le déconfinement en raison des multiples avantages que procure ce mode de travail. Pour réussir le passage au télétravail sur le long terme, il faut d’abord «sécuriser les besoins matériels et techniques. Mais le défi reste l’intégration de ce mode de travail dans la culture managériale de l’entreprise autour de la notion de résultat. Ce qui passe notamment par la mobilisation des collaborateurs et le sens de la responsabilité de ces derniers.

Il est incontestable qu’après la crise du coronavirus, beaucoup de choses ne seront plus comme avant. En effet, les contraintes imposées par le confinement ne manqueront pas d’impacter profondément l’organisation des entreprises et leur façon de travailler.

La pandémie a poussé les dirigeants, managers et autres responsables politiques à prendre des décisions, avec peu de visibilité, qu’ils n’auraient jamais pu prendre en temps normal avec autant de promptitude. Parmi ces décisions, l’orientation vers le télétravail pour assurer la continuité du service. Plusieurs défis se présentent maintenant et concernent les aspects culturel, managérial, organisationnel et humain.

Hassan EL ARIF

 

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