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Economie

Tourisme interne: Les professionnels en ordre de bataille

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5760 Le 13/05/2020 | Partager
Suppression et exonération d’impôts et taxes parmi les doléances
Promotion, transports, animation adaptée… au menu

Le tourisme souffre énormément de la crise Covid-19 et sera le dernier à redémarrer. C’est la conviction des présidents des Conseils régionaux du tourisme (CRT) qui ont participé, mercredi dernier, à une visioconférence avec la ministre de tutelle. Pour eux, la pandémie a, certes, douloureusement affecté le tourisme mais c’est aussi une opportunité pour rebondir et redonner de la vigueur à un secteur qui n’a jamais bénéficié de programme de développement ou de mesures fiscales.

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Les professionnels préconisent le renforcement du secteur par la création d’un Institut public de langues étrangères et le développement des TO marocains pour concurrencer les plateformes online étrangères. Leur action doit désormais porter sur le tourisme interne (Ph YSA)

«Cette crise est l’occasion de nous unir autour d’un ensemble de mesures concrètes à même de préparer la reprise», souligne Aziz Lebbar, président du CRT de Fès. Ce dernier a remis une proposition pour la relance du secteur, que Nadia Fettah Alaoui, ministre du Tourisme, a souligné, avec malice, «avoir bel et bien reçu par voie électronique, mais aussi en main propre au Parlement devant les caméras». Répondant aux interrogations des uns et des autres, la ministre a remis un point d’ordre en précisant qu’il ne s’agissait pas pour l’heure de traiter les problèmes historiques du secteur, mais de prioriser les demandes pour acter la relance.

La seule solution concrète et pérenne, pour l’heure, est de tout miser sur le marché national et d’en faire une véritable priorité à l’avenir. A l’international, la reprise se fera timidement après la fin de la pandémie. D’ici là, les touristes auront changé leurs habitudes de consommation et la sécurité sanitaire serait améliorée. En attendant, Marrakech, dont le plus gros du chiffre d’affaires reposait sur les touristes étrangers, devra s’adapter aux nouvelles règles.

Ainsi, l’activité sera principalement orientée vers le tourisme interne qu’il ne faudra jamais «considérer comme une soupape». Partout, dans les différentes destinations, les opérateurs devraient revoir leurs offres en les adaptant au marché interne. Pour rebondir assez rapidement, des packages «all inclusive» seraient conçus en faveur des touristes nationaux. Les professionnels proposent, pour l’heure, l’élaboration d’un programme sous le slogan «Consommer marocain».

«C’est l’occasion de proposer aux Marocains de découvrir les différents territoires touristiques grâce à des packages qui prennent en considération la baisse du pouvoir d’achat», suggère Lebbar. Cette proposition est valable pour les destinations balnéaires comme pour l’arrière pays. Du nord, en passant par le centre, l’oriental et le sud, la reprise du tourisme est tributaire des transports publics (aérien, ferroviaire et terrestre).

Pour l’aérien, un effort de RAM est vivement sollicité. La compagnie nationale devrait proposer une tarification avantageuse. Laquelle sera actée avec l’appui de l’ONMT, les Conseils régionaux, les CRT et les collectivités territoriales. Outre la RAM, tous les transporteurs publics doivent appliquer des tarifs intéressants pour la clientèle marocaine particulièrement pendant les mois de septembre, octobre, novembre et décembre et proposer la découverte du Maroc sous ses multiples facettes.

«Pour réussir ce pari, il faut assurer d’excellentes prestations en faveur des clients marocains en termes d’accueil, d’hygiène, de qualité de service et de nourriture», estime le groupement des CRT. En matière d’animation, un programme adapté devrait être conçu avec l’appui des différents acteurs (opérateurs, Office, et ministères du Tourisme et de la Culture).

A ce titre, les professionnels appellent à la création d’un fonds spécial dédié à la relance du tourisme interne. Devraient contribuer à cette cagnotte, les ministères du Tourisme et des Finances, l’ONMT, les Conseils régionaux, les collectivités locales, et les villes touristiques. Ce fonds devrait accompagner la promotion des territoires touristiques, à travers une campagne publicitaire tous azimuts (TV, médias,…) qui mettra en valeur les potentialités naturelles et culturelles dont regorgent les différentes régions.

L’essentiel est de renflouer l’économie touristique dans ce contexte de perturbations mondiales, et où le tourisme interne est placé en priorité. A noter que cette ambition n’aurait pas de sens sans le soutien des banques et des entreprises. «Les premières doivent proposer des crédits vacances à leur clientèle à des taux très bas afin d’encourager les vacances d’été», souhaitent les professionnels.

Pour ce qui est des entreprises privées et publiques, elles doivent offrir à leurs employés des «Travels  chèques» pour propulser l’économie et surmonter la crise Covid. A noter enfin que les professionnels du tourisme souhaitent vivement la création d’un comité de veille dédié à leur secteur. Ce comité devrait chapeauter la relance du tourisme interne.

Suppression des taxes

Face à la crise Covid-19, les professionnels du tourisme réclament des mesures fiscales et financières urgentes. A commencer par la suppression de toutes les charges du secteur touristique en général y compris celles de la restauration, ainsi que les différentes taxes communales et les loyers à payer pendant cette période de pandémie et de fermeture des sociétés pour au moins une durée de 12 mois. Dans la lettre qu’ils avaient adressée à la tutelle, ils demandent aussi l’exonération des taxes locales et des charges sociales et patronales CNSS, d’IR en plus de l’exonération de l’IS. Par ailleurs, les CRT souhaitent l’annulation du paiement de la taxe TPT pour une durée de 12 mois, la réduction de la taxe de débit de boisson à 4% au lieu de 6% ainsi que le report des échéances bancaires non échues et l’annulation des agios y afférents.

                                                                      

Crise inédite

DE mémoire de crise, jamais le tourisme n’aura autant plongé aussi brutalement qu’aujourd’hui, comparativement à d’autres événements graves au cours de ces dernières décennies (attentats du 11 septembre 2001 à New York, 16 mai 2003 à Casablanca, 28 avril 2011 à Marrakech…etc).

En effet, l’activité hôtelière a perdu 650.000 touristes durant la deuxième quinzaine du mois de mars. Et l’on s’attend au pire en matière de chiffres, d’avril à septembre au moins, parce qu’il y a «zéro client» et aucune visibilité par rapport à la réouverture des frontières. Certaines unités hôtelières ne «chôment» pas, logeant le personnel médical ou les patients Covid en convalescence.

Des opérations de solidarité, nullement lucratives. Leurs propriétaires supportent les coûts d’exploitation, salaires et charges fixes (les factures de gaz, électricité, eau). A noter que près de 15.000 chambres d’hôtels sont mises à la disposition de l’Etat. Cet effort, très louable, devrait être pris en considération par le gouvernement pour décréter des aides et alléger la «pression fiscale avec une multitude de taxes locales et nationales».

Youness SAAD ALAMI

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