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Economie

Ménages: La thésaurisation s’accentue avec la crise sanitaire

Par Franck FAGNON | Edition N°:5758 Le 11/05/2020 | Partager
La circulation fiduciaire atteint 267 milliards de DH en hausse de 13 milliards en un mois
Le compte sur carnet met fin à dix ans de hausse

En temps d’incertitude, le réflexe de nombreuses personnes consiste à rapatrier un peu d’argent liquide chez elles. Le contexte actuel de la crise, doublé d’une incertitude due aux conséquences du Covid-19, n’y échappe pas.

Entre février et mars, mois durant lequel l’état d’ur­gence sanitaire et le confinement ont été décrétés, la circulation fiduciaire a augmenté de 13 milliards de DH pour s’établir à 267 milliards de DH. C’est six fois le montant relevé sur la même période en 2019. Depuis le début de l’année, 16 milliards de DH supplémentaires ont été sortis du sys­tème financier.

Ce qui est paradoxal puisque le billet de banque est un vecteur de propagation du virus. D’où les appels incessants de privilégier des moyens de paiement autre que le cash afin de prévenir le risque. Cette crise sani­taire aurait pu dynamiser le paiement mobile, surtout pour le paiement auprès des commerçants.

Hélas, l’écosystème est toujours en cours de construction et les divergences d’intérêts ralentissent le processus. «Une fois que les nuages se seront dissipés, c’est-à-dire les inquiétudes liées à la croissance et l’emploi, la circulation fiduciaire devrait bais­ser et le cash sorti du circuit devrait retourner dans le circuit monétaire. Il faut aussi espérer le maintien des amnisties pour accélérer ce mouve­ment», analyse Marouane Hatim, économiste chercheur.

La particularité de la crise actuelle est qu’elle s’accompagne d’une chute, voire une perte de revenus pour de très nombreux ménages. Ce qui se ressent sur leurs placements. Après un mois de janvier très dyna­mique marqué par une hausse de 54% des placements en assurance-vie, le mouvement s’est totalement inversé les deux mois suivants (-22% en février et -17% en mars).

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Les placements dans le compte sur carnet marque le pas en mars après dix ans de hausse continue. L’encours a baissé de 1,2%. Les autres produits classiques ne se comportent pas mieux. Après un mois de janvier euphorique, la collecte d’assurance-vie a dévissé les deux mois suivants. Parallèlement, les rachats sont en hausse

Parallè­lement, les demandes de rachat re­partent à la hausse, ce qui témoigne des besoins en trésorerie. Globale­ment, le 1er trimestre s’achève sur une hausse de 2,8% de la collecte à 5,4 milliards de DH. Malgré le com­portement de l’assurance-vie ces der­niers mois, elle devrait moins souffrir de la conjoncture que d’autres pro­duits d’épargne relèvent des profes­sionnels. Elle continue à offrir des rendements intéressants et surtout, demeure un outil important d’organi­sation patrimoniale.

Très dynamique ces dernières années, ce placement pourrait connaître un nouvel élan à la sortie de la crise. «Cette crise iné­dite va induire un changement du comportement des ménages et faire évoluer le modèle de consomma­tion. L’épargne prendra une place plus importante dans les arbitrages à l’avenir», prévoit Marouane Hatim.

Si les placements dans les pro­duits d’épargne sont en chute libre, les versements dans les contrats en unités de compte, eux, flambent avec une croissance de 149% en février et 78% en mars. Ces produits, plus ris­qués, restent minoritaires et ne sont commercialisés que par une poignée de compagnies. Néanmoins, ce goût pour le risque de certains épargnants se voit aussi à travers les opérations en Bourse.

En plein bain de sang en mars (le Masi a cédé 21%), les inves­tisseurs personnes physiques y ont investi 544 millions de DH, soit un volume d’achats 20% supérieur à ce­lui de tout le premier trimestre 2019. Certes les particuliers étaient ven­deurs nets le trimestre écoulé mais ils ont été plus actifs (1,1 milliard de DH d’achats et 1,2 milliard de DH de cessions) comparés aux trois pre­miers mois de 2019 (455 millions à l’achat et 401 millions de DH à la vente).

Certains épargnants ont choisi de saisir l’opportunité de se positionner sur des valeurs vedettes du marché à des prix quasiment sol­dés. Malgré les incertitudes autour de la crise et leurs conséquences sur les sociétés cotées, certains devraient en­trevoir plus rapidement que d’autres le bout du tunnel et créer davantage de la valeur pour les actionnaires.

Avec 166 milliards de DH d’en­cours à fin mars 2020, le compte sur carnet demeure le premier produit de placement des ménages. Il a résisté à la baisse du taux de rémunération mais flanche une première fois en dix ans en mars (en rythme mensuel) en raison de la conjoncture. L’en­cours a baissé de 1,2% par rapport à février.

Ce n’était plus arrivé depuis mai 2010. A l’époque, il avait même stagné (-0,05% à 74,3 milliards de DH). Le contexte n’est pas non plus très favorable aux autres produits bancaires. Après trois mois, l’en­cours des dépôts à terme et bons de caisse affiche une baisse de 2,6%.

F.Fa

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