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Economie

Le Covid-19 accélère la refonte du système de santé

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5746 Le 22/04/2020 | Partager
Le budget, les ressources humaines, le décloisonnement public-privé,…
L’autosuffisance en médicaments, en masques,… est déterminante
A peine 5% des capacités de réanimation utilisés

«Le système de santé après le Covid-19 ne sera pas identique à celui d’avant la pandémie!». La phrase de Khalid Ait Taleb a claqué comme une rafale dans l’hémicycle de la Chambre des représentants où il répondait aux questions orales. Le ministre est convaincu de l’urgence de la réforme du système dont il avait déjà commencé à dessiner les contours avant la propagation de la pandémie.

«Aujourd’hui, le coronavirus a renforcé la volonté de changement au niveau notamment du budget qui doit augmenter et des ressources humaines. Le statut de la fonction publique qui régit le secteur doit être modifié», s’est-il exclamé devant les députés. Les ressources humaines sont au centre d’intérêt de SM le Roi et du gouvernement. C’est le premier pilier pour affronter la pandémie.

Idem pour la méthodologie de travail. «Nous sommes arrivés à la conviction que les frontières entre les secteurs public et privé doivent sauter pour laisser la place à une seule santé pour tout le monde», souligne le ministre. Pour lui, il ne sera plus possible de continuer à travailler avec des cloisons.

La situation impose d’avancer la main dans la main. C’est le modèle à suivre, avec le partenariat public-privé qui permettra la réanimation d’autres domaines comme notamment la recherche scientifique. En dépit de la faiblesse du budget de ce dernier secteur, il n’est exploité qu’à hauteur de 30%. Ce qui fait dire au ministre que le problème ne réside pas uniquement dans le budget mais dans le modèle et la méthodologie de la recherche scientifique.

C’est pour cela qu’il est impératif de le rationnaliser. Le ministre de la Santé est convaincu que la recherche scientifique peut répondre à des attentes dans le domaine. Si elle était multicentrique, aujourd’hui, les pays veulent réaliser des acquis chez eux, en précisant que la lecture de la mondialisation ne sortira pas indemne de l’épreuve de la pandémie.

                                                                          

■ Autosuffisance en médicaments

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Le ministre a également abordé l’autosuffisance en matière d’industrie pharmaceutique, tout en rappelant que le Maroc encourageait l’industrie locale. C’est pourquoi aujourd’hui, les stocks en Chloroquine et en Azithromycine sont suffisants pour soigner les malades, y compris ceux qui ont besoin des antipaludéens de synthèse. Outre les cas de Covid-19, ce médicament est prescrit aussi pour soigner la malaria, la polyarthrite rhumatoïde,… Ces malades peuvent consommer jusqu’à 15.000 boîtes par mois. Ils n’ont pas à s’inquiéter, les stocks sont suffisants, assure le ministre. Sur le plan de l’export, chaque pays assure la consommation des citoyens en stocks suffisants avant de songer à exporter. Par conséquent, tout ce qui touche le Covid-19, l’Etat a procédé à la réquisition des médicaments et des équipements. Pour le reste, une règle est de mise : «si nous avons l’autosuffisance, l’accord pour l’exportation sera donné. Dans le cas contraire, les marocains sont prioritaires», a affirmé le ministre.

                                                                          

■ Le casse-tête des masques

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Le monde entier connaît une crise de disponibilité de ce produit. Au Maroc, le déficit enregistré au début de la pandémie a été rattrapé par des entreprises marocaines et citoyennes. Elles ont pu rapidement reconvertir leurs activités au point de produire 5,4 millions de masques par jour. Mais pour approvisionner le marché, une certaine progressivité était nécessaire. Aujourd’hui, l’offre suffisante et les masques sont vendus dans les pharmacies et dans d’autres points de vente, précise le ministre. Cependant, sur le terrain, beaucoup de marocains n’arrivent toujours pas à en trouver et cela depuis de nombreux jours. Défaillance de la logistique? Production encore insuffisante? Les questions restent toujours posées. Or, le port du masque est devenu obligatoire dans les lieux publics depuis le 11 avril dernier.

                                                                          

■ Appui du comité scientifique

La mise en place du comité scientifique a été une bonne décision. Ses réunions se concluaient par des recommandations qui orientaient le ministère de manière scientifique sur les mesures à prendre en matière de diagnostic, de laboratoire et de radiologie. Idem pour le traitement thérapeutique des cas confirmés Covid-19 et la préparation, par anticipation, de certains établissements hospitaliers. Le Maroc avait fait une répartition de ses capacités d’accueil et équipé plusieurs hôpitaux et réservé des ailes spécialisées dans le Covid-19. Toutes ces initiatives ont été possibles grâce également aux 2 milliards de DH du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie et consacrés à la mise à niveau des infrastructures et des équipements sanitaires.Cela avec l’adhésion de tout le monde, public et privé aussi la médecine militaire.

                                                                          

■ Montée en charge du dépistage

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Le ministère de la Santé a commencé par habiliter trois laboratoires pour procéder aux analyses du Covid-19. Deux sont civils, l’Institut Pasteur de Casablanca, l’Institut national d’hygiène à Rabat. Le troisième est le laboratoire de l’hôpital militaire de Rabat. Depuis près d’une semaine, le département a opéré une extension au niveau des provinces et des régions. Ainsi, les CHU procèdent aux analyses de dépistage. Ce qui explique l’augmentation du nombre des cas infectés.

 

                                                                          

 

■ Bilan d’étape

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Cette séance des questions orales a été également une occasion pour le ministre de faire un bilan d’étape dans le domaine de la lutte contre la pandémie. Dans l’ensemble des personnes contaminées, 81% sont des cas simples, qui ne présentent pas de symptômes critiques. A peine 4% arrivent dans une situation avancée. Ces taux sont mondialement acceptés. 89 malades sont pris en charge au niveau de la réanimation. Une occasion pour s’arrêter sur les efforts entrepris par le Maroc pour mettre en place une meilleure capacité d’accueil dans les services d’animation. Aujourd’hui, ces derniers ne fonctionnent qu’à 5%. Ce qui montre que les cas critiques baissent  substantiellement, indique le ministre. Un indice qui montre le degré de contention de la maladie, poursuit-il, avant de préciser que «les mesures prises par anticipation, conformément aux instructions royales, ont éludé le pire. Elles nous ont fait éviter près de 6.000 décès, selon certaines études», a affirmé le ministre.

                                                                          

■ Capacité d’accueil renforcée

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Pour la  prise en charge des cas affectés par la pandémie, l’Etat a mis en place 1.640 lits de réanimation. Selon le ministre, cette capacité d’accueil s’avère suffisante, en plus des hôtels, des centres d’estivage dans 38 villes pour recevoir les personnes atteintes par le Covid-19 dans un état stable. Il s’agit d’alléger la pression sur les hôpitaux. A cela s’ajoutent les espaces équipés pour accueillir les personnes affectées comme les deux hôpitaux militaires situés à Benslimane et à Nouaceur, en plus d’une structure provisoire de la Foire de Casablanca. En outre, des cliniques privées et celle de la CNSS ont mis leurs structures à la disposition du ministère de la Santé pour accueillir des malades.

                                                                          

■ Les enseignements tirés

Khalid Ait Taleb a tiré des leçons de la stratégie marocaine de lutte contre la pandémie Covid-19. La première a trait à la source de décision. L’adhésion effective et personnelle de SM le Roi dans la conduite de cette lutte a été décisive dans la réalisation de résultats concrets. L’anticipation s’est concrétisée à travers les mesures lancées par le Souverain avant la première contamination et les choix décisifs après ce cas. De l’avis général, la stratégie adoptée a été en avance par rapport aux grandes nations, ce qui a forcé une admiration internationale. Ensuite, la crédibilité des relations de communication. En effet, les autorités étaient en contact régulier avec la population pour le suivi de la pandémie. Enfin, la mobilisation générale rappelle les grands rendez-vous avec l’histoire comme notamment la Marche verte.

Mohamed CHAOUI

 

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