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Economie

Fonds Covid-19: Plus de 1,3 milliard de DH vient des fonctionnaires

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5745 Le 21/04/2020 | Partager
C’est l’équivalent des salaires de trois jours, retenus à la source
Le personnel médical du public rejette la formule
Revirement de la CDT pour refuser les ponctions obligatoires

La décision du chef de gouvernement de procéder à des retenues à la source sur les salaires des fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales et des employés des établissements publics, continue de faire des vagues. Après la CDT, cette circulaire fait de nouveaux mécontents.

C’est le cas du personnel de la santé qui a fini par monter au créneau par un communiqué. Il est à rappeler que les décisions relatives à la gestion de la lutte contre la pandémie ont été jusqu’ici prises de manière unanime. Même si le chef du gouvernement a précisé dans la circulaire que cette décision vient en réponse à la mobilisation et à la volonté d’adhérer à la dynamique solidaire. En fait, le revirement de la CDT renseigne sur le climat entre l’exécutif et les syndicats.

■ Refus catégorique de l’Association marocaine des sciences infirmières et techniques sanitaires

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Ce collectif associatif, qui regroupe les infirmiers, les sages-femmes et les techniciens de Santé exerçant dans le public et le privé, affiche son refus du système de retenues à la source. Selon lui, lors de la création du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie, à l’initiative royale, il n’a, à aucun moment, été question de ponctions obligatoires sur les salaires des fonctionnaires. L’un des responsables de cette Association évoque «la double peine du personnel médical. Car, non seulement il prend des risques en étant sur les premières lignes du front du combat contre la pandémie, mais il fait l’objet de retenues sur salaires». C’est pour cette raison que leur Association demande l’annulation immédiate de cette décision, qui aura «des répercussions négatives sur cette profession, alors que pour faire face au virus, il est nécessaire d’avoir un système immunitaire fort et un moral blindé». Par ailleurs, ce responsable fait valoir l’initiative d’autres pays ou organismes qui ont prévu des primes de risques pour leur personnel. C’est le cas de la France, qui, pour motiver moralement et financièrement le corps médical, a décidé de lui accorder une prime de 1.500 euros, soit près de 16.500 DH.

■ La volte-face de la CDT

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Elle a été le premier syndicat à rompre le consensus qui a caractérisé les décisions des pouvoirs publics pour combattre au quotidien la pandémie qui fait des ravages au sein de la société. En effet, la centrale fondée par Mohamed Noubir El Amaoui, présente dans la fonction publique, est montée au créneau en adressant un courrier au chef du gouvernement au lendemain de la publication de la circulaire. Elle a exprimé son étonnement d’une telle décision, prise de manière unilatérale, lit-on dans le courrier adressé au chef du gouvernement. Elle précise que les syndicats n’ont pas été consultés ni ont participé, de près ou de loin, dans le choix de la solution des retenues à la source. C’est pour ces raisons que la CDT refuse ces ponctions.
Pourtant, au lendemain de la création du Fonds spécial, l’UMT, l’UGTM, l’UNMT, la CDT et la FDT ont publié un communiqué commun pour exprimer leur adhésion en toute responsabilité à l’effort national pour affronter la pandémie. Ils saluent le sentiment de solidarité des différentes composantes de la société. Les cinq centrales avaient marqué en gras dans le communiqué «l’adhésion de la classe ouvrière marocaine dans l’administration, les collectivités territoriales et les établissements publics et leurs contributions dans l’effort solidaire de trois jours du salaire net, retenus à la source durant trois mois». L’UNMT, dirigée par Abdelilah Halouti, a déjà rappelé sa position en marge de la réunion du ministre du Travail et de l’insertion sociale avec les centrales syndicales les plus représentatives. A cette occasion, le secrétaire adjoint s’est interrogé sur le sort des fonctionnaires qui ont déjà contribué au Fonds de manière volontaire. Il a rappelé que leur syndicat avait publié un communiqué le 16 mars dernier invitant ses militants et les citoyens de participer rapidement à cet effort national visant la lutte contre la pandémie.

■ Parade
Pour mettre fin à toute polémique relative à la double contribution des fonctionnaires, évoquée par des syndicalistes, Mohamed Benchaâboun a trouvé la parade. En effet, le ministre de l’Economie et des Finances a informé la Trésorerie générale du Royaume, qui gère ce dossier, de la nécessité de prendre en compte les montants des cotisations volontaires avant de procéder aux retenues à la source.

Ponctions, mode d’emploi

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Pour argumenter sa circulaire, le chef du gouvernement s’est appuyé sur l’article 40 de la Constitution. Celui-ci stipule que  tous supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges que requièrent le développement du pays et celles résultant des calamités et des catastrophes naturelles».
Dans le détail, il s’agit de ponctions d’une journée de travail par mois, pendant trois mois, en avril, mai et juin. Cela concerne une population civile non négligeable. Ainsi, près de 565.000 travaillent dans l’administration, plus de 200.000 dans les établissements publics et 150.000 dans les collectivités territoriales. Dans la fonction publique, le salaire mensuel moyen est de 8.000 DH, a souligné dernièrement un haut fonctionnaire. Ainsi, au niveau de l’administration, les estimations tablent sur des retenues à la source autour de 700 millions de DH. A ce montant, il faudra ajouter près de 600 millions de DH en provenance des établissements publics et des collectivités territoriales. C’est donc une enveloppe de 1,3 milliard de DH qui devra tomber dans les caisses du Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, souligne une source proche du dossier.

Mohamed CHAOUI

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