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Infrastructure hospitalière, dépistage, protocole thérapeutique…: Le détail dans la région Casablanca-Settat

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5745 Le 21/04/2020 | Partager
1000 lits, 300 dédiés à la réanimation et 700 supplémentaires à l’Ofec
80% de cas bénins, 5% de cas graves… Une étude diagnostic pour identifier les besoins
Les anti-inflammatoires intègrent le protocole thérapeutique
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«Il faut sensibiliser encore plus le Marocain pour qu’il prenne conscience que ce virus est très viral et peut engendrer de gros dégâts. Les cas continueront à augmenter s’il n’y a pas de mesures coercitives et radicales tel que le confinement strict», insiste Nabila Rmili, directrice de la direction régionale de la Santé de la région Casablanca Settat (Ph. Jarfi)

- L’Economiste: Quel est l’état actuel de la propagation du virus dans la région de Casablanca-Settat?

- Nabila Rmili: La région enregistre le plus grand nombre de cas atteint du coronavirus. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 600 cas, ce qui représente près de 30% des cas positifs dans le pays. Les enfants ne sont que peu atteints (3%). Ce n’est pas très surprenant puisque c’est la région la plus peuplée du Maroc et a une forte densité démographique. De plus, le confinement a fait apparaître des foyers de contaminations au sein des familles. Ces foyers représentent un avantage, puisque les cas contacts (personnes ayant fréquenté, sans protection, un cas contaminé) ont été isolées dans un endroit limité dans l’espace, ce qui nous permet de les recenser et de les tester facilement.

- Les hôpitaux et infrastructures disponibles dans la région sont-ils préparés à une éventuelle augmentation des nombres de cas?
- Nous avons réalisé une étude statistique qui révèle que 80% des cas sont sans complications (bénins à modérés). Le reste nécessitera des soins, et 5% d’entre eux devraient intégrer le service de réanimation. Selon cette même étude, nous avons pu identifier nos besoins. Ainsi, nous aurons besoin de 300 lits de réanimation.
Aujourd’hui, nous avons une capacité de 8.000 lits, dont la moitié au sein du secteur public. Parmi ces 4.000 lits, nous en avons consacré 1.000 aux patients atteints du Covid-19 et le reste est destiné aux autres pathologies et urgences médicales. Cette capacité litière est suffisante au vu du nombre de cas positifs recensés dans la région. Toutefois, ces chiffres ne sont pas figés et nous pouvons augmenter notre capacité, à tout moment, en cas de besoin. C’est d’ailleurs pour cela qu’un hôpital de campagne avec une capacité de 700 lits a été mis en place sur le site de l’OFEC (Office des foires et expositions de Casablanca).  
Je tiens aussi à préciser que tous nos malades sont soignés dans les meilleures conditions. Tous les services qui accueillent les patients ont été restaurés. Ils disposent pour la plupart d’eau chaude, de télévision, de mini-réfrigérateurs et même de wifi. Nous sommes conscients que le confinement n’est pas chose facile et nous essayons de leur apporter un certain confort.

- Le Maroc, à l’instar de plusieurs pays, a opté pour la Chloroquine dans le protocole thérapeutique. Ce traitement donne-t-il les résultats escomptés?
- Son efficacité a été confirmée. Les patients ayant été traités à la chloroquine et l’azithromycine vont très bien. Ce qu’il faut savoir de ce médicament est qu’il ne tue pas le virus mais baisse la charge virale. Ce qui permet au corps de constituer de l’immunité à même d’éliminer le virus. Les études menées ont démontré que la chloroquine pénètre les alvéoles pulmonaires, empêchant le virus de se multiplier et d’engendrer des dégâts pulmonaires. Nous avons également constaté que ce n’est pas le virus qui tue les patients, mais plutôt l’inflammation.

- Ces nouveaux constats vous ont-ils poussé à réadapter le protocole thérapeutique?
- Oui, en effet. Les anti-inflammatoires, fortement déconseillés au départ, sont aujourd’hui utilisés. Plusieurs malades dans la région de Casablanca/Settat sont aujourd’hui traités avec de la cortisone pour lutter contre l’inflammation si besoin. Les diagnostics établis démontrent que l’état de santé du patient s’améliore avec ce traitement.

- Le nombre de décès enregistré est proportionnellement important par rapport au nombre de guérisons et de cas positifs recensés. Cette situation devrait-elle alarmer?
- Ce chiffre peut paraître inquiétant, en effet. Toutefois, il faut savoir que le dénominateur, à savoir le nombre de cas dépistés, reste relatif. Il y a d’autres personnes malades qui n’ont toujours pas été ni déclarées ni dépistées, comme il y a des personnes asymptomatiques qui ne se doutent même pas de leur contamination. De ce fait, ce chiffre n’est pas représentatif. Il faut aussi prendre en considération que 99% des personnes décédées, étaient en âge avancé et/ou avaient des pathologies chroniques lourdes.

- A ce jour, combien de laboratoires sont habilités à effectuer les tests de dépistage?
- Au départ, il y avait l’institut Pasteur, l’Hôpital militaire de Rabat, et l’INH qui procédaient au dépistage. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation du ministère de la santé, nous avons pu acquérir plus de technique de PCR et habiliter 7 CHU à effectuer les tests. A Casablanca, en plus de l’institut Pasteur, trois centres sont habilités nous permettant ainsi d’effectuer plus de prélèvements. Nous sommes à 200 tests par jour et nous dépistons même les cas contacts. Le fait d’effectuer un nombre élevé de test est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle la région de Casablanca/Settat est celle qui enregistre le plus de cas positifs.

- Avez-vous la capacité d’effectuer plus de tests et d’aller vers un dépistage de masse?
- La technique PCR que nous utilisons actuellement nécessite 5 heures de travail. Elle est lente mais très fiable. De plus, les CHU viennent de s’ajouter à la liste des centres habilités et ont eu besoin de temps d’adaptation avec ces tests. Maintenant, je présume qu’ils sont capables d’augmenter la cadence. Nous pouvons aller jusqu’à 400 tests/jour à raison de 100 tests par laboratoire. Pour ce qui est du dépistage de masse, nous attendons de recevoir les tests rapides «antigéniques», ce qui nous permettra de mener à bien cette nouvelle procédure.

- Les laboratoires privés disent être prêts à contribuer. Envisagez-vous de les inclure?
- Les tests que nous effectuons sont tous codifiés et permettent un suivi au niveau de la tutelle. Aujourd’hui, si l’on veut intégrer les laboratoires privés, il leur faudra d’abord une homologation. Il faudrait aussi que l’on soit sûr qu’ils utilisent la technique PCR qui, elle, nécessite la présence de deux virologues en même temps. Pour le moment, tant que nous sommes à l’aise au niveau des prélèvements, nous allons continuer ainsi. Si une décision doit être prise c’est au niveau de la tutelle.

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                        

Carte sanitaire

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Des chiffres à prendre avec du recul. Si le nombre de cas semble élevé, c’est que la région de Casablanca-Settat est celle qui procède au plus grand nombre de dépistages (Ph. Jarfi)

■ Hôpitaux: 21 structures hospitalières sur 23 accueillent les patients Covid

■ Capacité litière: 8.000 lits, dont la moitié au sein du secteur public et 1.000 consacrés aux patients Covid

■ Lits de réanimation: 300 avec possibilité d’augmenter la capacité

■ Effectifs du personnel soignant: 7.000 dont les 2/3 sont mobilisés pour les patients atteints du Covid-19

■ Staff multidisciplinaire obligatoire: Pneumologue, infectiologue, réanimateur, gastrologue, hématologue et médecin interniste. L’ensemble de ces spécialistes doivent obligatoirement et chaque jour être présents. Toutes les structures qui accueillent les patients disposent de ce staff. Quand une structure privée ne dispose pas de l’un de ces spécialistes, elle lui est mise à disposition.

■ Participation de structures privées: Polyclinique Ziraoui (140 lits), Clinique Anoual (30 lits), Clinique Vinci (30 lits) et Clinique Yasmine. Ces cliniques privées reçoivent déjà des cas positifs. 

■ Hôpital de campagne: Sur le site de l’OFEC (700 lits).

 

 

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