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Economie

Intelcia: Comment préserver l’activité en pleine crise

Par Amin RBOUB | Edition N°:5737 Le 09/04/2020 | Partager
Plus de 7.000 salariés déployés au télétravail
Dès la crise Covid, le groupe a demandé à ses clients de baisser les commandes
L’entreprise compte 16.000 salariés et déploie sa toile dans une dizaine de pays
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«L’impact de la crise est bien là. Nous avons tourné à 85% de nos capacités en mars. Pour avril et juin, les pertes seront de l’ordre de 40%. Sur l’année, le manque à gagner devrait être autour d’un mois de chiffre d’affaires», estime Karim Bernoussi, PDG et fondateur (Ph. Intelcia)

En plein confinement sanitaire, le top management d’Intelcia a re­levé le défi de tenir une visiocon­férence pour expliquer aux médias les enjeux et les différentes mesures prises pour préserver les emplois, les salaires et les clients dans un secteur fortement exposé, celui de l’offshoring et de la relation client.

En fait, Intelcia a ressenti la crise Covid-19 bien avant la majorité des entreprises marocaines (début mars dernier), puisqu’elle dispose de deux sites en France (à Dreux) avec un effectif de 2.000 salariés. Pour en atténuer l’impact, Intelcia a pris des résolutions qui ont pour enjeux de préserver deux actifs prioritaires: les salariés et les clients.

«A partir de là, nous avons demandé à nos clients de baisser leurs commandes pour nous concentrer sur l’essen­tiel afin de garantir les conditions de sécurité sanitaire requises dans nos différents sites et ce, partout dans le monde», explique Karim Bernoussi, fondateur et PDG du groupe.

Pour rappel, Intelcia opère dans une dizaine de pays avec des effectifs de l’ordre de 16.000 col­laborateurs, répartis entre le Maroc (8.000 personnes, soit 50%), la France (2.000), le Portugal (2.000), l’Afrique subsaharienne (Came­roun, Sénégal, Côte d’Ivoire), l’océan Indien (Madagascar, île Maurice : 2.000 personnes) et ré­cemment les Etats-Unis et l’Amé­rique latine (Colombie notamment) avec un objectif de 3.000 salariés en 24 mois… Pour préserver ces acquis et maintenir l’activité dans un contexte aussi difficile et péril­leux, le management a procédé à des redéploiements des effectifs.

Au total, 50% des salariés colla­borent à distance, à travers le télé­travail, soit plus de 7.000 collbo­rateurs. «Nous comptons dépasser les 8.000 postes en télétravail dans quelques jours», annonce Ber­noussi. Au Maroc, 4.500 salariés sur 8.000 sont en mode télétravail depuis trois semaines déjà, précise le management. L’enjeu étant de préserver les ressources pour pou­voir repartir sur de bonnes bases dès le déconfinement avec l’intégralité des clients et des salariés.

«Le té­létravail, c’est aussi un moyen de contourner le confinement avec des indicateurs de productivité et de performance. Nous avons mis en place un dispositif de contrôle avec une sorte de WhatsApp interne afin de mesurer et contrôler la qua­lité des prestations des salariés en télétravail. Nous avons aussi mis en place des outils pour mesurer le nombre d’heures travaillées et le temps de connectivité des colla­borateurs à distance».

Une Hotline téléphonique a été déployée par la Direction des systèmes d’informa­tions et le support technique avec des applications digitales pour que les téléconseillers communiquent à distance et paramètrent au fur et à mesure les prestations. Par ail­leurs, une cellule de crise se réunit tous les jours pendant une heure et demie pour diffuser les décisions prises dans un esprit de cohérence vis-à-vis de l’ensemble des sala­riés d’Intelcia dans tous les sites d’implantation, régions et pays.

Aujourd’hui, en dépit du contexte difficile et imprévisible, l’entreprise continue de recruter. Les recrute­ments sont opérés en ligne avec des formations à distance. S’il y a des recrutements qui s’opèrent, c’est parce que le groupe se prépare déjà à l’après-Covid. «Mais la reprise sera aussi difficile que la crise. Lorsque l’activité économique va reprendre, cela va être compliqué car tout le monde voudra rattra­per le manque à gagner en même temps», prévient Bernoussi.

L’impact, un mois de chiffre d’affaires en 2020!

Bien évidemment, l’impact de la crise Covid est déjà là chez Intel­cia. Le management parle d’une activité qui a tourné à 85% de son plein potentiel (100%) en mars. Pour les mois d’avril et juin, la baisse sera plus importante, aux alentours de 40%. Le groupe devra tourner autour de 60% d’activité d’ici fin juin. «L’impact est très important. En juin, c’est sûr, l’on ne pourra pas repartir à 100% de l’activité. Sur l’année 2020, le manque à gagner sera de l’ordre d’un mois de chiffre d’affaires, soit 20 à 25 millions d'euros, estime le management. Mais l’entreprise a-t-elle une trésorerie suffisante pour tenir le plus long temps possible, en cas de rallongement du confinement? «Nous pouvons tenir jusqu’à 6 mois sans problème», soutient le PDG.

                                                                      

Cap sur les Etats-Unis!

S’IL y a un événement majeur qui a marqué l’activité du groupe Intelcia lors du 1er trimestre 2020, c’est bien l’implantation en cours aux Etats-Unis et dans des zones offshore en Jamaïque et en Colom­bie. L’enjeu est de pouvoir offrir un ancrage en Amérique via un ser­vice Nearshore pour les donneurs d’ordre aux USA, voire au-delà en Amérique latine.

En dépit de la conjoncture dif­ficile, d’autres projets de dévelop­pement sont maintenus en 2020. L’objectif est de pousser le plus loin possible la diversification lin­guistique, des métiers et activités ainsi que l’implémentation d’une nouvelle génération de solutions. Le groupe a l’ambition de devenir un acteur global de référence mon­diale.

Intelcia se renforce aussi à tra­vers ses sites au Portugal avec l’intégration de 2.000 personnes pour fournir des services à Por­tugal Telecom. L’objectif d’Intel­cia est d’être référencé parmi le top 3 des acteurs au Portugal. Le 3e challenge du groupe marocain en 2020 consiste à diversifier les métiers avec la création d’un pôle IT Solutions de 200 salariés. Une entité porteuse de valeur ajoutée. La réflexion est aussi menée sur un projet de croissance externe, dont le deal est en cours. Rien ne filtre encore sur ce projet-là.

Amin RBOUB

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