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Economie

Le télé-recrutement pour contourner la crise?

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5730 Le 31/03/2020 | Partager
La majorité des cabinets en télétravail pour essayer de se maintenir
Les grands groupes reportent leur intégration au mois de mai
La plupart des PME gèlent les recrutements
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«Toutes les entreprises de notre secteur, composé uniquement de TPE, connaîtront des difficultés financières durant le reste de l’année», déplore Abdelaziz Bennis, président de l’Association marocaine du conseil en recrutement (AMCR) et DG d’IBB Executive Search (Ph. A.B.)

Le président de l’Association ma­rocaine du conseil en recrutement (AMCR), Abdelaziz Bennis, tente de garder le moral dans ce contexte de crise, mais avoue que le secteur, à l’ins­tar de tous les autres, craint fortement l’avenir. Les annulations en série et les pertes d’emplois massives prévues par l’OIT, dues aux conséquences écono­miques que cette crise entraînera au ni­veau national et international, laissent planer le doute quant à la reprise de l’activité. Entretien.

- L’Economiste: Les répercussions de la crise sanitaire sont inéluctables pour plusieurs secteurs. Qu’en est-il des cabinets de recrutement?
- Abdelaziz Bennis:
Alors que le 1er trimestre 2020 renouait avec une impor­tante croissance des recrutements et que les perspectives étaient prometteuses, la crise inédite liée au coronavirus a bru­talement stoppé cet élan. Les cabinets de recrutement sont immanquablement impactés sur le plan économique car le secteur accuse une forte baisse d’acti­vité. Sur le plan sanitaire, notre métier est exposé en raison du grand nombre de contacts quotidiens que nous avons avec des candidats et des clients en pro­venance de l’étranger ou basés au Maroc. De ce fait, par mesure de précaution, une majorité de cabinets a choisi d’opérer en télétravail une semaine avant le confine­ment général décrété par les autorités. A ce sujet, les quelques entreprises qui ont maintenu leurs recrutements se sont vues obligées de réaliser leurs entretiens et de recruter à distance en vue de préparer la reprise. C’est un succès pour elles et pour les cabinets. Ce mode d’embauche n’est pas nouveau puisqu’il est couram­ment utilisé par les multinationales qui recherchent des candidats à travers le monde entier. Le télé-recrutement est une opportunité pour réduire les coûts et les délais de recrutement.

- Les employeurs ont-ils annulé des recherches ou offres d’emploi?
- Il faut distinguer deux types de mis­sions de recrutement: celles qui ont été réalisées en fin d’année dernière ou en tout début d’année pour un démarrage des nouvelles recrues prévu en mars/avril et celles dont la recherche de pro­fils était en cours lorsque le confinement général a été décrété. Dans le 1er cas, la grande majorité des grands groupes ont reporté leur intégration au mois de mai tandis qu’un nombre minoritaire d’entreprises ont intégré les nouveaux collaborateurs en format télétravail dès leurs premiers jours. Par manque de visi­bilité, certaines PME ont préféré annuler les missions de recrutement.

- Et pour les recherches de profils en cours...
- La majorité des entreprises sou­haitent temporiser les choses jusqu’à la reprise. Nous nous attendons à ce que les entreprises maintiennent les recru­tements de profils clés ou à forte ex­pertise, mais craignons de nombreuses annulations à cause des conséquences économiques que cette crise entraînera au niveau national et international.

- Selon vous, quels sont les métiers menacés par cette crise?
- Nous estimons que cette crise sani­taire se traduira malheureusement par une crise économique impliquant des menaces sur l’emploi. L’Organisation mondiale du travail (OIT) estime que 25 millions d’emplois sont menacés si aucune mesure de lutte n’est déployée. Au Maroc, plusieurs secteurs dépendant des flux humains ou matériels au ni­veau international et générant beaucoup d’emplois seront durement impactés par la crise. A titre d’exemple, le tourisme emploie 532.000 personnes, le transport (500.000), le BTP (1.000.000), l’auto­mobile et l’aéronautique (170.000), le textile (160.000). Le secteur de l’agri­culture impactée de surcroît par la sé­cheresse emploie quelque 4 millions de personnes.

- Et qui sont ceux qui tireront leur épingle du jeu?
- L’activité qui connaîtra probable­ment un développement considérable est celle du digital. Le confinement que nous vivons offre l’opportunité d’ap­prendre le télétravail, de développer des plateformes de e-commerce, de déma­térialiser davantage l’offre de service public. Cette crise ancre ainsi le digital dans les habitudes quotidiennes et repré­sente une spectaculaire caisse de réson­nance pour tous les acteurs du secteur. D’autres secteurs pourraient tirer leur épingle du jeu tels que l’agroalimen­taire et la grande distribution en raison d’une hausse de la consommation, ou l’IT puisque la plupart des entreprises se sont mises au télétravail et ont ainsi be­soin d’outils adéquats, de sécuriser leur dispositif, etc. Les services financiers ou encore l’énergie pourraient, pour leur part, se maintenir.

«Les mesures du comité de veille économique sont rassurantes»

«Toutes les entreprises de notre secteur, composé uniquement de TPE, connaîtront des difficultés financières durant le reste de l’année. De manière générale, nous estimons que cette crise est très bien gérée. C’est rassurant pour nous. Les mesures économiques prises pour le sauvetage de l’économie permettront à notre secteur d’amortir le choc et de diminuer les dégâts. Notre secteur étant un acteur dans le développement et la promotion de l’emploi, nous restons solidaires avec les autorités qui oeuvrent dans ce sens. Nous allons contribuer, de manière plus active et créative, à proposer des solutions pour le développement de l’emploi à court et long terme».

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

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