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Coronavirus - Tourisme: Des produits spécifiques et durables pour la relance

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5727 Le 26/03/2020 | Partager
Concevoir et développer des territoires pérennes et viables, en priorité
Se rapprocher des régions administratives et leur donner du lest… aussi

Zéro client dans les hôtels du Royaume depuis bientôt 15 jours. Et ce n’est que le début d’une crise qui est d’une ampleur «inédite». Certes, le confinement total que nous vivons, pour la première fois dans notre ère, s’impose. Cet exercice individuel à retombée collective (en matière de santé)… aura des effets néfastes sur l’activité économique en général et le tourisme en particulier.

Les professionnels du secteur ont déjà tiré la sonnette d’alarme et attendent l’appui de l’Etat, face à un tsunami sanitaire (et économique) qui aujourd’hui menace sérieusement la plupart des pays du monde. Pour endiguer cette crise, les propositions et réflexions fusent. La dernière en date est celle relative au repositionnement du produit en vue d’une relance à court et moyen terme.

«Evidemment, une fois la pandémie surmontée, nous devons d’abord miser sur la clientèle nationale pour sauver les emplois», estime Aziz Lebbar, président du CRT de Fès. Ce dernier, à la tête d’une dizaine d’unités hôtelières notamment à Fès, Essaouira, Casablanca et Marrakech, compte à lui seul une masse salariale mensuelle de 13 millions de DH (dont 3 millions de DH pour ses salariés à Fès).

Comme lui, des centaines d’opérateurs et des milliers d’emplois sont menacés par la crise du Covid-19. Pour y remédier, il faut revoir nos produits touristiques. Car, selon Hafid Ouchchak, vice-président de la Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme (Fijet), «mettre l’accent seulement sur l’existant, à savoir le balnéaire, la culture et la nature qui restent des thèmes classiques, ne donne pas lieu à des produits plus spécifiques et plus affinés».

De l’avis de cet ancien cadre du ministère du Tourisme, «la présentation de l’offre touristique au niveau de chaque territoire ressemble tout simplement à une monographie descriptive et physique découlant d’une observation à l’œil nu des espaces concernés, et donc ne ressort pas d’études socioéconomiques approfondies et préalables au découpage territorial et ne définissant pas les projets touristiques différenciés à même d’assurer l’élaboration de cette offre touristique ambitionnée du balnéaire, de la nature ou de la culture…».

Actuellement, les territoires touristiques n’ont pas d’existence juridique et par voie de conséquence ne peuvent avoir de compétences ou de prérogatives nécessaires pour pouvoir gérer les affaires du tourisme au niveau local. «Dans cette situation, les délégués en charge de ces territoires ne peuvent que faire acte de présence “sans effet” dans leur territoire respectif ou au sein de réunions tenues à ce niveau», explique Ouchchak.

Aussi, leurs actions restent tributaires des directives qui leur seront données par l’Administration centrale et des moyens mis à leur disposition. Il en est de même pour ce qui est des autres institutions et organisations de l’échelon local, provincial et régional.

Les prérogatives de ces entités se trouvent encadrées et définies par la loi et donc ne peuvent prendre en considération valablement les territoires touristiques dans leur programmation de développement. Et qu’en est-il des agences de développement touristique (ADT) qui devaient être créées et dotées de moyens humains et financiers depuis 2011? A ce jour, aucune de ces agences n’a vu le jour.

«Il faut rapidement activer des outils d’intervention, pouvant décider des actions à mettre en œuvre ou au moins contribuer à la conduite et à la supervision des programmes de développement des territoires concernés», suggère Ouchchak.

Et d’ajouter: «Les territoires touristiques devraient être repensés en termes de régions administratives. Par conséquent, une instance représentative à haut niveau (chambre professionnelle du tourisme par exemple) serait d’un grand apport. «Elle serait une meilleure façon de rendre service à ces territoires touristiques dans le cas où ils pourraient être exploités pour le bien du secteur du tourisme, immédiatement après l’éradication de la pandémie du Covid-19», conclut le SG du CRT de Fès.

Reconnaître la régionalisation touristique

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«Le ministère du Tourisme doit revoir sa copie. La promotion des territoires touristiques doit correspondre au découpage administratif en place pour relancer le tourisme à travers les régions administratives et des moyens conséquents», estime Hafid Ouchchak, SG du Conseil régional du tourisme (CRT de Fès), et vice-président de la Fijet (Ph. YSA)

La région touristique est jusqu’à présent sans compétences suffisantes, sans ressources et sans outils d’intervention autonomes. «Pour surmonter la crise du secteur, les territoires touristiques ont besoin, au minimum, d’être reconnus officiellement et de disposer de moyens d’action et de ressources propres», estime Hafid Ouchchak, ancien délégué du tourisme dans différentes régions. Pour lui, «le département du Tourisme doit se rapprocher des présidents des régions administratives en place pour envisager toute coopération possible, mobiliser les moyens financiers et les transferts de compétences en la matière et espérer la relance du tourisme à travers les régions administratives». Ce qui devrait permettre à la Région d’être un levier de développement d’un territoire conçu pour être pérenne et viable.

 

Y.S.A.

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