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Economie

Coronavirus: Risques de ruptures de stock dans l'industrie

Par Amin RBOUB | Edition N°:5710 Le 03/03/2020 | Partager
Des dispositifs et task force mis en place par Renault et PSA Maroc
Les premiers impacts attendus ce mois-ci
Automobile, agroalimentaire, produits pharmaceutiques, électroménager, appareils électriques... Les plus exposés

Au-delà de l'industrie du voyage, du tourisme, la restauration ou encore l'événementiel (foires et salons) qui enregistrent des annulations massives, l'effet coronavirus a aussi des impacts multiples sur l'industrie. C'est notamment le cas des importations dans l'agro-industrie, l'électroménager ou encore l'industrie automobile.

L’épidémie de coronavirus vient confirmer la place prépondérante prise par la Chine dans le secteur automobile. Pour preuve, la machine industrielle mondiale s'est grippée lorsque l'épidémie de pneumonie virale a conduit la Chine à prolonger la fermeture de ses usines au-delà des congés du Nouvel an.

«L'industrie manufacturière chinoise est cruciale pour les chaînes de production automobiles. Tout ralentissement ou interruption dans la fabrication d'un composant peut provoquer des engorgements et arrêts d'usines dans des pays comme la Corée, le Japon, l'Iran ou la Tanzanie», observent des analystes de Fitch Solutions.

Aujourd'hui, des constructeurs suspendent leurs approvisionnements de composants et de matières premières de Chine, de la Corée du Sud, du Japon... D'autres fabricants ont des difficultés d'approvisionnement compte tenu des arrêts de production d'usines chinoises. Il faut dire que le coronavirus confirme la forte dépendance de l'industrie automobile mondiale à la sous-traitance chinoise.

Et pour cause, la  Chine est l'usine du monde. Elle fait partie intégrante des chaînes manufacturières et pèse le cinquième de la production manufacturière mondiale.  Compte tenu de cette forte dépendance, le groupe Fiat Chrysler pourrait stopper la production de l'une de ses usines européennes faute de composants en provenance de Chine.

Pour le cas de Renault, qui a deux usines au Maroc (Tanger et Casablanca), le constructeur affirme avoir mis en place un dispositif d'anticipation, de suivi et de contrôle des risques d'approvisionnement pour ses usines. Du côté de PSA Maroc, qui dispose d'une usine à Atlantic Free Zone (Kénitra), «une task force a été mise en place pour contourner les approvisionnements en provenance de la Chine».

Selon le management de PSA Maroc, «pour l'instant, aucune rupture n'a été enregistrée sur nos chaînes d'approvisionnement que ce soit au Maroc (Kénitra) ou dans nos sites en Europe». Selon Hakim Abdelmoumen, président de la Fédération de l'automobile à la CGEM, «toutes les multinationales opérationnelles dans le secteur automobile au Maroc ont organisé une campagne auprès des sous-traitants pour identifier les risques potentiels ou réels au niveau de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Aujourd'hui, il n'y a pas encore eu d'impact sur la filière. Les premiers effets seront attendus en ce mois de mars. Nous comptons faire une compilation des remontées d'informations pour évaluer l'impact en ce mois de mars».

Il va sans dire, les premiers effets seront recensés dès ce mois-ci. Pour le président de la Fédération de l'automobile à la CGEM: «En général, les constructeurs ont un plan B, voire C. Tous les fabricants ont un minimum de 3 fournisseurs pour chaque commodité afin d'éviter les risques d'approvisionnement. Lorsqu'un sous-traitant n'est pas en mesure de livrer, l'on fait appel à ses concurrents inscrits sur la check-list des commodités».

A. R.

Agroalimentaire: Wait and see

L’épidémie du coronavirus a-t-elle un impact sur le secteur de l’agro-industrie? Qu’en est-il de la disponibilité sur le marché des produits en provenance de Chine (à leur tête le thé vert)? Y a-t-il un impact sur les prix des denrées alimentaires? «Nous n’avons pas eu de retour dans ce sens de la part de nos membres», répond Hamid Felloun, DG de la Fenagri. Pour le représentant de la Fédération nationale de l’agroalimentaire, l’organisation professionnelle qui regroupe les entreprises de l’industrie agroalimentaire, il est prématuré de se prononcer sur un éventuel impact dans ce  secteur en particulier.  En tout cas, l’opinion publique se pose des questions sur les risques de ruptures ou d’éventuelles contaminations de denrées alimentaires et de produits de première nécessité. D’autant plus que l’on est à quelques semaines du mois de Ramadan, période de pic de consommation et d’approvisionnement.

A.E.

                                                                             

■ Tourisme: Vigilance maximale
Nadia Fettah Alaoui, ministre du Tourisme: «Nous allons nous occuper du secteur du tourisme, mais je pense qu'il n'est pas le seul touché. Il faut garder la tête froide. La bonne nouvelle est que le secteur sait résister à ces crises. Nous allons travailler avec les opérateurs pour gérer au mieux cette phase critique, pour les intérêts des touristes qui nous font confiance, mais aussi nos concitoyens. L'urgence est à la sécurité des populations. Le gouvernement est mobilisé».

■ Fenelec: Jusqu'à 3 mois de retard!
La quasi-totalité des produits électriques importés proviennent soit directement de Chine, soit passent par d'autres pays qui leur incrémentent une valeur ajoutée ou pas. «Aujourd’hui, rien ne sort de Chine. Pour l'heure, à cause du coronavirus, les entreprises marocaines sont prévenues par leurs fournisseurs, parfois de renommée internationale, d’enregistrer dans un premier temps un retard pouvant atteindre 3 mois, sur leurs délais d’approvisionnement habituels», explique Reda Sekkat, président de la Fenelec. Un tel retard peut avoir des impacts considérables, notamment des pertes de l’ordre de 25% du chiffre d’affaires. Les malheurs des uns faisant le bonheur des autres, la crise offre aux fabricants marocains concurrencés par les importations l’opportunité de conquérir des parts de marché qui leur échappaient. Cependant, «ils ne fabriquent pas tous les produits électriques. Si l’épidémie sévit encore plus longtemps, une sérieuse pénurie pourrait avoir lieu sur plusieurs produits, surtout ceux qui touchent le système LED, les lampes d’éclairage et décoratives, projecteurs, panels, rubans…», précise Sekkat.

■ Industrie pharma: Pas d'impact dans l'immédiat
Contactée par L’Economiste, Layla Laassel Sentissi, directrice exécutive de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP), rassure: «A l’heure actuelle, nous n’avons aucun impact de l’épidémie du coronavirus sur l'industrie pharmaceutique, notamment au niveau des importations des matières premières. Notre règlementation est stricte au niveau des stocks de sécurité aussi bien en matières premières qu’en produits finis. Nos membres ont suffisamment de stocks pour pouvoir assurer un approvisionnement normal du marché pendant plusieurs mois, sans ruptures». Mais il faudrait garder à l’esprit que l’industrie pharmaceutique mondiale dépend énormément de la Chine et l’Inde en termes de sourcing. Cette dépendance est estimée entre 60 et 80% des approvisionnements. Là encore, nous constatons l’apport inestimable de disposer d’une industrie locale de princeps et de génériques. Celle-ci est capitale et avait déjà fait ses preuves lors de précédentes crises sanitaires ou encore lors de la guerre du Golfe.

M.Ko

 

 

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